Cigéo : le stockage géologique profond - Sfen
DÉCHETS RADIOACTIFS

Cigéo : le stockage géologique profond Chapitre 7

Cigéo : le stockage géologique profond
Publié le 2 juin 2026 Mis à jour le 3 juin 2026

90 % des déchets radioactifs français disposent déjà d’une solution de stockage définitive. Pour les 10 % restants, une solution pérenne est à l’étude et concerne majoritairement les déchets de moyenne et haute activité à vie longue, dont certains conservent une radioactivité significative pendant environ 100 000 ans.

La solution de leur stockage en formation géologique profonde a été retenue par le Parlement en 2006. Il permet de renforcer l’isolement de ces déchets de l’Homme et de l’environnement, tout en limitant les charges pour les générations futures. En France, c’est l’objet du projet de Centre industriel de stockage géologique – Cigéo – développé par l’Andra. D’autres pays, comme la Suède, la Finlande, la Suisse ou encore le Canada, s’engagent également vers ce mode de confinement.

L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) est chargée d’étudier le stockage profond des déchets les plus radioactifs produits en France. Les déchets concernés sont ceux de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MA-VL). Ils proviennent principalement de l’industrie électronucléaire et des activités de recherche associées ainsi que, dans une moindre mesure, des activités liées à la défense nationale. Ils se caractérisent par une forte radioactivité et une durée de vie qui peut aller jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’années. L’objectif d’un stockage profond est donc de les isoler de l’Homme et de protéger l’environnement, jusqu’à ce que leur impact soit largement inférieur à celui de la radioactivité naturelle.

10 %
En France, sur tous les déchets nucléaires produits chaque année, 10 % seulement concernent les déchets de moyenne et haute activité à vie longue, soit 200 grammes par an par habitant
Un laboratoire pour les études scientifiques et techniques

Depuis les années 1990, des études sont menées à la limite des départements de la Meuse et de la Haute-Marne, là où se trouve une couche d’argile du Callovo-Oxfordien (vieille de 160 millions d’années) dont les propriétés permettraient d’isoler durablement les déchets les plus radioactifs, tant qu’ils présentent un risque. Afin d’étudier cette argile et les conditions du futur site de stockage Cigéo, l’Andra a créé en 2000 un Laboratoire souterrain à 500 mètres de profondeur, à proximité du futur site de stockage Cigéo.

Photographie au sein du laboratoire souterrain de l’Andra, Source : Andra
Le principe de Cigéo ?

Une fois les déchets radioactifs stockés dans des galeries dédiées, à 500 mètres de profondeur, au sein de cette couche d’argile, le stockage est refermé et scellé. L’argile sert ainsi de barrière naturelle à long terme qui limite et retarde la dispersion dans l’environnement des substances radioactives contenues dans les déchets.

Un stockage réversible

À Cigéo, les déchets seront acheminés en profondeur et stockés pendant une durée d’exploitation de plus de 100 ans. Les ouvrages nécessaires seraient ainsi construits progressivement, au fur et à mesure de l’arrivée des colis. Notamment grâce à cette construction progressive, le stockage est conçu de manière à être réversible pendant toute sa durée de fonctionnement. Les prochaines générations pourront ainsi prendre part aux décisions concernant le devenir du stockage : elles auront la possibilité de poursuivre comme prévu au départ, de le faire évoluer ou encore de revenir en arrière.

Enfin, une fois tous les déchets stockés, le centre est prévu pour être fermé et scellé. C’est cela qui permet d’assurer la protection de l’Homme et de l’environnement sur le très long terme, sans nécessiter d’actions humaines. Néanmoins, après sa fermeture, le stockage sera surveillé pendant plusieurs centaines d’années afin de suivre son bon fonctionnement et l’environnement alentour. ■