Impact sur la biodiversité - Sfen
LE NUCLÉAIRE ET L'ENVIRONNEMENT

Impact sur la biodiversité Chapitre 8

Impact sur la biodiversité
Publié le 2 juin 2026 Mis à jour le 3 juin 2026

Le rapport de 2019 de l’IPBES (Intergovernmental science policy platform for biodiversity and ecosystem services)1, qui est une synthèse scientifique sur l’état de la biodiversité dans le monde, estimait qu’environ 1 million d’espèces animales et végétales (en moyenne 25% des espèces de chaque groupe d’animaux et végétaux évalués sur l’étude) risque de disparaître au cours des prochaines décennies. Parmi les principales causes, on retrouve d’abord la dégradation ou la perte des habitats (extension agricole, déforestation, urbanisation, pollutions), et aussi le changement climatique, lequel a un effet accélérateur sur d’autres facteurs (acidification des océans…).

Du fait de la faible emprise au sol des installations nucléaires, l’exploitation d’un parc dans la durée, puis son renouvellement, permettent à la fois d’éviter l’immobilisation de nouveaux terrains, mais aussi de contribuer à préserver la biodiversité.

Densité énergétique de l’uranium

Freiner l’artificialisation des territoires est un facteur clé pour limiter l’érosion de la biodiversité. Les centrales nucléaires permettent de limiter le besoin d’artificialisation des sols, car une de leurs caractéristiques est de pouvoir fournir une quantité importante d’énergie sur une petite surface de terrain.

Ceci est rendu possible d’abord parce que le combustible nucléaire est très compact et très énergétiquement dense : « un habitant moyen d’un pays développé consommera environ 6,4 millions de kWh d’énergie (et pas seulement d’électricité) au cours de sa vie. Cela équivaut à l’énergie stockée dans un morceau d’uranium de 780 grammes, de la taille d’une balle de golf » 2. Soixante-quinze experts scientifiques de la conservation de la biodiversité ont pris position et ont soutenu le « Rôle clé de l’énergie nucléaire dans la conservation de la biodiversité mondiale »2.

Dans un réacteur à eau pressurisée (REP), technologie utilisée dans les centrales nucléaires françaises et en majorité dans le monde, la densité énergétique de l’uranium, c’est-à-dire l’énergie qu’il contient par unité de volume (kWh/m3), est près de 35 000 fois supérieure à celle du charbon.

Le tableau suivant montre les ordres de grandeur des densités énergétiques des différentes sources d’énergie :

30 000
La densité énergétique de l’uranium est près de 35 000 fois supérieure à celle du charbon
Priorité à la préservation de la biodiversité sur et autour des installations nucléaires 

Au-delà de la compacité du combustible, l’énergie nucléaire se distingue aussi par la relative faible taille des installations. À titre d’exemple, la centrale du Blayais, au bord de la Gironde a produit, en 2025, 23 TWh (soient plus de 50% des besoins annuels en électricité de la région Nouvelle-Aquitaine) sur une surface de seulement 230 hectares (en moyenne entre 150 et 200 hectares pour une centrale nucléaire). Implantée au cœur d’un grand marais de 6 000 hectares, elle a permis la création d’une réserve ornithologique de 70 hectares, qui accueille aujourd’hui environ 150 espèces d’oiseaux migrateurs.

Comparaison avec les autres sources d’énergies

La comparaison entre les sources de production d’électricité est complexe, pour des raisons méthodologiques : faut-il par exemple pour l’éolien prendre la surface complète d’un champ éolien ou juste la surface d’implantation éolienne par éolienne et les zones d’accès ? Pour l’hydroélectricité et le cas des barrages, la surface est très dépendante des caractéristiques du site de chaque ouvrage.

On trouve ci-dessous à titre indicatif des chiffres comparatifs publiés par le think tank Breakthrough institute (BTI)3 :

D’après l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ce sont les centrales nucléaires, suivies par le gaz et l’éolien, qui produisent le plus d’électricité par mètre carré de terrain occupé (m2/MWh)4. ■

Notes et références

1 Le rapport de l’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques, 2019. ; 2 Key role for nuclear energy in global diversity conservation, B. Brooke C. Bradshaw, 2014. ; 3 Nuclear has one of the smallest footprint, 2013. ; 4 The Climate, Land, Energy and Water Framework, 2024.