Gestion des déchets radioactifs Chapitre 7
La France maîtrise la technologie du recyclage des combustibles nucléaires et dispose par ailleurs d’une filière complète de gestion des déchets radioactifs aux méthodes rigoureuses. La gestion de ces déchets est un domaine où la France est particulièrement compétente, s’attachant à les réduire à la source, à diminuer leur volume une fois qu’ils sont produits, et à proposer une solution de gestion durable et pérenne.
Depuis sa création en 1979, un établissement public est dédié à la gestion des déchets radioactifs : l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Ses activités sont contrôlées, comme pour les exploitants nucléaires, par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR).
L’Andra a déjà mis en place des solutions de stockage pour plus de 90% du volume de déchets radioactifs produits en France (déchets de très faible activité et faible et moyenne activité à vie courte). Ces déchets, qui représentent une quantité réduite (de l’ordre de 2 kg par an et par personne) et un faible niveau de radioactivité, sont conditionnés et stockés en surface dans trois centres gérés par l’Andra. Ils continueront d’être surveillés le temps de la décroissance de leur radioactivité.
Pour les autres déchets (faible activité à vie longue, moyenne activité à vie longue et haute activité), l’Andra étudie, depuis plusieurs décennies, la création de centres de stockage appropriés.
Pour les déchets MA-VL et HA (moins de 4% du volume total des déchets radioactifs), le projet de stockage Cigéo sera construit dans une formation géologique stable (l’argile du Callovo-Oxfordien), capable de confiner la radioactivité de ces déchets sur de très longues échelles de temps. Sa construction pourrait débuter construction en 2027/2028 après l’obtention du décret d’autorisation de création.
Concernant les déchets FA-VL (environ 6 % du volume total des déchets radioactifs), l’Andra étudie également une solution de stockage appropriée. Ils ont une place particulière en raison, d’une part, de leur trop faible activité pour un stockage géologique profond et, d’autre part, de leur durée de vie trop longue nécessitant des solutions spécifiques pour préserver l’Homme et l’environnement. Une solution à faible profondeur est donc envisagée.
Un inventaire exhaustif des déchets radioactifs en France
Chaque année, l’Andra réalise et publie un « Inventaire national des matières et déchets radioactifs » permettant de faire le point sur les volumes des matières et des déchets radioactifs produits en France par quelques 1 200 producteurs (industrie électronucléaire, laboratoires, centres de recherche, industries, hôpitaux, défense, etc.). La nature, la provenance, le lieu de stockage ou d’entreposage y sont décrits. Il est présenté chaque année au groupe de travail du PNGMDR (Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs).
En outre, l’Andra réalise aussi tous les cinq ans une estimation, selon les politiques énergétiques en vigueur, mais également plusieurs autres scénarios, des quantités attendues de ces substances dans le futur. ■