Les étapes du démantèlement - Sfen
DÉMANTÈLEMENT

Les étapes du démantèlement Chapitre 6

Les étapes du démantèlement
Publié le 2 juin 2026 Mis à jour le 2 juin 2026

Après la mise à l’arrêt définitif de l’exploitation d’une installation nucléaire en France, les opérations de démantèlement ne sont autorisées qu’après l’obtention d’un décret. Au préalable un avis favorable de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) doit être donné ainsi que la réalisation d’une enquête publique auprès des riverains et des différentes parties prenantes de l’installation concernée. Ensuite, le démantèlement de l’installation s’effectue en quatre étapes principales, sur une période allant de plusieurs mois à plusieurs dizaines d’années selon la nature et la complexité de l’installation.

4 étapes clés

Une première phase se déroule en amont du démantèlement : la préparation au démantèlement (PréDEM). Elle peut prendre jusqu’à 5 ans. Elle permet de préparer les opérations avant l’obtention du décret de démantèlement. Le combustible est déchargé. Les déchets liés au fonctionnement sont évacués. Les circuits sont vidangés et décontaminés. Et la centrale est mise à l’arrêt définitif. À ce stade, c’est près de 99,9 % de la radioactivité qui a disparu.

Quel que soit le niveau de complexité de l’installation, quatre étapes clés rythment ensuite le démantèlement d’une installation qui se déroule en moyenne sur 15 ans :

  • La première étape est le démantèlement électromécanique. Elle correspond à l’évacuation des matières, des équipements, des gros composants des parties non-nucléaires. Sont ainsi concernés la salle des machines, le transformateur et la tour de refroidissement, le cas échéant.
  • Ensuite, il s’agit d’éliminer le reste de la radioactivité dans les bâtiments concernés. C’est l’étape de l’assainissement. Les équipements des bâtiments nucléaires notamment le bâtiment réacteur (BR) et le bâtiment combustible (BK) sont démontés ou découpés puis conditionnés en déchets et envoyés dans les centres de déchets dédiés. Elle comprend le retrait des générateurs de vapeur, des boucles du circuit primaire principal, des internes de la cuve et de la cuve pour le bâtiment réacteur, mais aussi des deux piscines des bâtiments combustibles.
  • La troisième étape correspond au démantèlement ou à la démolition des structures conventionnelles du génie civil. Ces opérations sont effectuées dès lors que ces bâtiments n’ont plus d’utilité pour le démantèlement. Les bâtiments nucléaires sont finalement démolis eux-aussi après leur déclassement.
  • Enfin, la réhabilitationconsiste à s’assurer de la compatibilité des sols et du futur usage industriel (ou autre) du site.

Un dossier de déclassement est réalisé à l’issue de cette étape, puis transmis à l’ASNR pour approbation. Une fois validé par l’Autorité, les éléments restants sont considérés comme des déchets conventionnels. Une fois ces opérations achevées, l’ASNR engage des contrôles s’assurant que les objectifs annoncés ont bien été atteints (en ce qui concerne le niveau d’assainissement des installations). Si les résultats sont concluants, l’installation est alors « déclassée ».

À titre d’exemple, en 2011, une ancienne usine de fabrication de combustible nucléaire à Annecy a pu être reconvertie, après démantèlement, en une centrale biomasse pour le chauffage urbain. Autre exemple, celui d’anciens sites miniers comme celui de Lodève, près de Montpellier, qui accueille aujourd’hui des panneaux solaires. ■