Le nucléaire de A à Z
Accélérateur de particules
Un accélérateur de particules est une installation qui permet de donner une très grande vitesse à des particules, comme des protons ou des électrons. Il est, en particulier, utilisé pour étudier la structure des noyaux atomiques et les réactions nucléaires. L’accélérateur de particules le plus grand et le plus puissant du monde est celui du CERN, près de Genève (Suisse).
Accident nucléaire
Un accident nucléaire est un événement grave survenant dans une centrale, ou une autre installation nucléaire, susceptible d’entraîner une exposition à des rayonnements, un rejet de substances radioactives dans l’environnement ou des dommages importants dans l’installation elle-même. Dans les cas les plus sérieux, il peut conduire à la fusion du cœur d’un réacteur
Voir aussi : Fusion du cœur, Échelle INES
Actinides
Les actinides sont une famille d’éléments chimiques lourds et radioactifs comprenant notamment l’uranium, le plutonium et le thorium. Certains sont présents naturellement sur Terre, comme l’uranium et le thorium, tandis que d’autres, tel le plutonium, sont principalement produits par des réactions nucléaires. Plusieurs actinides peuvent être utilisés comme combustibles nucléaires.
AEN
L’AEN (Agence pour l’énergie nucléaire, en anglais NEA, Nuclear Energy Agency), est une agence de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) créée en 1958 et basée à Paris. Elle réunit des pays dotés d’infrastructures nucléaires dans un but de partage de connaissances et de coopération sur les questions scientifiques, techniques et réglementaires.
AIEA
L’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique, en anglais IAEA, International Atomic Energy Agency), est une organisation internationale créée en 1957, pour promouvoir « l’atome pour la paix ». Elle est basée à Vienne, en Autriche. Elle aide les États à renforcer la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, soutient la recherche et les applications du nucléaire dans des domaines comme l’énergie, la médecine ou l’agriculture, et vérifie que les matières nucléaires ne sont pas utilisées à des fins militaires. Elle a reçu le prix Nobel de la paix en 2005.
Alternateur
Un alternateur est une machine qui produit de l’électricité lorsqu’elle est mise en rotation. Dans une centrale nucléaire, l’alternateur est entraîné par la turbine alimentée par la vapeur produite grâce à la chaleur du réacteur. Il transforme ainsi l’énergie mécanique de la turbine en énergie électrique.
AMR
Un AMR ( Advanced Modular Reactor), ou réacteur modulaire avancé, est un petit réacteur nucléaire actuellement au stade de recherche et développement, voire de démonstrateur pour les technologies plus avancées. Le terme « modulaire » renvoie à un mode de construction en modules conçus pour être fabriqués en série en usine, puis facilement acheminés et assemblés sur site. Comme les SMR, les AMR sont conçus pour être de bien plus petite taille et puissance que les réacteurs de forte puissance. Le terme AMR regroupe différentes typologies de réacteurs, appelées aussi filières technologiques, qui se distinguent par leur mode de refroidissement (fluide caloporteur) et leur combustible.
Andra
L’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) est un établissement public chargé de la gestion à long terme des déchets radioactifs produits en France. Créée en 1979 au sein du CEA avant de devenir indépendante en 1991, l’agence exploite et surveille les centres de stockage et tient à jour l’inventaire des déchets présents sur le territoire. Basée à Châtenay-Malabry, en banlieue parisienne, elle est porte notamment le projet Cigéo (stockage géologique profond de certains déchets radioactifs).
Areva
Areva était un groupe industriel français spécialisé dans le nucléaire, créé en 2001 par le regroupement de plusieurs entreprises de la filière. Ses activités couvraient une grande partie du cycle du combustible nucléaire ainsi que la conception et la fabrication de réacteurs et d’équipements nucléaires. Le groupe a été réorganisé en 2016 : les activités liées au cycle du combustible ont donné naissance à Orano, tandis que celles concernant les réacteurs ont été reprises par Framatome.
ASN
L’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) était une autorité administrative indépendante française créée en 2006. Elle était chargée de contrôler la sûreté nucléaire et la radioprotection en France, et d’informer le public. Elle contrôlait les centrales et les autres installations nucléaires ainsi que certaines activités médicales ayant recours à des rayonnements ionisants. Depuis le 1er janvier 2025, l’ASNR, issue de la réunion de l’ASN et de l’IRSN, a repris ces missions.
ASNR
L’ASNR (Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection) est une autorité administrative indépendante française créée en 2025 par la réunion de l’ASN et de l’IRSN. Basée à Montrouge, en banlieue parisienne, elle contrôle les activités nucléaires civiles en France dans un but de protection des personnes et de l’environnement.
Assainissement
L’assainissement désigne l’ensemble des opérations visant à éliminer ou réduire les substances radioactives présentes dans une installation nucléaire. Cette opération est réalisée pour réduire le niveau de contamination radioactive. Elle intervient notamment lors du démantèlement d’une installation, avant ou pendant le démontage de ses équipements. Les substances radioactives retirées sont ensuite prises en charge comme des déchets radioactifs.
Voir aussi : Décontamination radioactive
Assemblage de combustible
Dans un réacteur nucléaire, le combustible se présente sous la forme de petites pastilles empilées dans des tubes métalliques appelés crayons de combustible. Plusieurs centaines de crayons sont regroupés au sein d’un assemblage de combustible. Les assemblages sont ensuite placés dans le cœur du réacteur, où se produisent les fissions nucléaires.
Voir aussi : Gaine de combustible
Atome
Un atome est composé d’un noyau, formé de protons et généralement de neutrons, autour duquel évoluent des électrons. Les atomes d’hydrogène, de carbone ou d’uranium, par exemple, sont ainsi des atomes de natures différentes. Le nombre de protons présents dans le noyau, appelé numéro atomique, détermine l’élément chimique auquel appartient un atome.
Barre de commande
Une barre de commande, aussi appelée barre de contrôle, est un dispositif utilisé pour contrôler la réaction nucléaire en chaîne dans un réacteur. Constituée d’un matériau capable d’absorber les neutrons, elle module le nombre de neutrons disponibles pour provoquer de nouvelles fissions lorsqu’elle est introduite dans le cœur du réacteur. Les barres de commande permettent de régler la puissance du réacteur ou de l’arrêter si nécessaire.
Barre de contrôle
voir Barre de commande
Batterie atomique
Voir Batterie nucléaire
Batterie nucléaire
Une batterie nucléaire est un dispositif produisant de l’électricité grâce à la chaleur ou aux rayonnements émis par la désintégration d’un isotope radioactif, comme le nickel 63. Elle est capable de fonctionner pendant de très longues périodes sans être rechargée et sert, par exemple, à alimenter des engins spatiaux ou des équipements difficiles d’accès.
Becquerel (Bq)
Le becquerel est l’unité utilisée pour mesurer l’activité d’un échantillon radioactif, c’est-à-dire le nombre de désintégrations de noyaux atomiques qui s’y produisent chaque seconde. Un becquerel correspond à une désintégration par seconde. Cette unité porte le nom du physicien français Henri Becquerel, père de la découverte de la radioactivité en 1896.
Bore
Le bore est un élément chimique (B) présent naturellement dans l’environnement. Il possède la propriété d’absorber efficacement les neutrons. Dans les réacteurs nucléaires, il est utilisé pour contrôler la réaction nucléaire en chaîne et contribuer au pilotage du réacteur.
Caloporteur
Un caloporteur est un fluide qui transporte de la chaleur produite dans un réacteur nucléaire. Il circule dans le cœur pour récupérer et évacuer l’énergie libérée par les fissions. Selon le type de réacteur, le caloporteur peut être de l’eau, un gaz, un métal liquide (comme le sodium ou le plomb), ou encore des sels fondus.
Voir aussi : Eau légère
Carbone 14
Le carbone 14 est un isotope radioactif du carbone qui se crée naturellement dans l’atmosphère sous l’effet des rayons cosmiques. Il est absorbé en continu par les êtres vivants tout au long de leur vie. Après la mort, sa quantité diminue progressivement, avec une demi-vie d’environ 5 730 ans. Cette propriété est exploitée pour dater certaines matières d’origine biologique, comme le bois, les os ou les tissus anciens.
CEA
Le CEA est un organisme public français de recherche créé en 1945 et basé à Paris. Il mène des recherches dans plusieurs domaines : les énergies bas carbone (nucléaire et renouvelable) en général, le numérique, la défense et la sécurité ainsi que la santé. Dans le domaine nucléaire, il travaille principalement sur les réacteurs, le combustible, le traitement des déchets radioactifs et les technologies nucléaires du futur.
Centrale nucléaire
Une centrale nucléaire est un ensemble d’installations permettant de produire de l’énergie électrique ou thermique à partir de réactions nucléaires. Elle comprend fréquemment plusieurs réacteurs installés sur le même site, et donc plusieurs « tranches ». Dans les centrales actuellement en fonctionnement, cette énergie provient de la fission des noyaux atomiques.
Centrifugeuse
Une centrifugeuse est une machine utilisée pour séparer les différents isotopes de l’uranium afin d’augmenter la proportion d’uranium 235, nécessaire à la fabrication du combustible nucléaire. L’uranium, sous forme gazeuse, est mis en rotation à très grande vitesse dans un cylindre. Sous l’effet de cette rotation, les molécules contenant l’isotope le plus lourd, l’uranium 238, s’éloignent davantage du centre que celles contenant l’isotope le plus léger, l’uranium 235. Cette différence permet de séparer progressivement les deux isotopes et d’obtenir de l’uranium enrichi en uranium 235.
Césium
Le césium (Cs) est un élément chimique présent naturellement dans l’environnement. Il existe plusieurs isotopes du césium, dont certains sont radioactifs, comme le césium 137 produit lors de la fission nucléaire. Avec une demi-vie d’environ 30 ans, le césium 137 peut rester longtemps présent dans l’environnement après certains accidents nucléaires.
Chaufferie nucléaire
Une chaufferie nucléaire est un système embarqué qui utilise un réacteur nucléaire comme source d’énergie. La chaleur qu’il produit permet de générer de la vapeur, laquelle entraîne des turbines assurant la propulsion du navire et la production d’électricité à bord En France, des chaufferies nucléaires équipent le porte-avions Charles de Gaulle ainsi que les sous-marins nucléaires d’attaque et les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la Marine nationale.
Cigéo
Cigéo (Centre industriel de stockage géologique) est un projet français, porté par l’Andra, destiné au stockage de déchets radioactifs de haute activité (HA) et de moyenne activité (MA) à vie longue. Son emplacement est prévu à Bure, dans l’est de la France. Les déchets seront placés dans des installations aménagées à environ 500 mètres sous terre, au sein d’une couche de roche argileuse, permettant de les isoler durablement.
CIPR
La CIPR (Commission internationale de protection radiologique, en anglais ICRP, International Commission on Radiological Protection) est une organisation scientifique internationale créée en 1928 et basée au Royaume-Uni. Elle élabore des recommandations pour protéger les personnes et l’environnement contre les effets des rayonnements ionisants. Ses travaux servent de référence pour établir les règles de radioprotection dans de nombreux pays.
Circuit primaire de refroidissement
Dans un réacteur à eau pressurisée (REP), le circuit primaire est le circuit fermé dans lequel de l’eau, sous forte pression, circule à travers le cœur du réacteur. Cette eau récupère la chaleur produite par les fissions nucléaires, puis la transmet à l’eau d’un autre circuit, appelé circuit secondaire, sans que les eaux des deux circuits se mélangent. L’eau du circuit primaire retourne ensuite dans le cœur.
Voir aussi : Circuit secondaire de refroidissement
Circuit secondaire de refroidissement
Dans un réacteur à eau pressurisée (REP), le circuit secondaire reçoit la chaleur transmise par le circuit primaire, sans que les eaux ne se mélangent. Sous l’effet de cette chaleur, l’eau liquide du secondaire se transforme en vapeur. Cette vapeur entraîne une turbine reliée à un alternateur, qui produit l’électricité de la centrale. Après son passage dans la turbine, la vapeur est refroidie, redevient liquide et repart dans le circuit.
Voir aussi : Circuit tertiaire de refroidissement
Circuit tertiaire de refroidissement
Dans une centrale équipée d’un réacteur à eau pressurisée (REP), le circuit tertiaire sert à refroidir la vapeur issue du circuit secondaire après son passage dans la turbine. Pour assurer ce refroidissement, le circuit tertiaire utilise de l’eau prélevée dans l’environnement (un fleuve ou la mer), sans qu’elle ne se mélange à l’eau du circuit secondaire. La chaleur ainsi évacuée est rejetée dans l’environnement, directement ou par l’intermédiaire d’une tour de aéroréfrigérante.
Cœur du réacteur
Le cœur est la partie centrale du réacteur nucléaire, située à l’intérieur dans la cuve, où se produit la réaction en chaîne qui libère de la chaleur. Il contient notamment le combustible nucléaire, ainsi que les barres de commande.
Voir aussi : Cuve
Combustible nucléaire
Un combustible nucléaire est la matière fissile placée dans le cœur du réacteur pour produire de l’énergie par réaction en chaîne. Les deux combustibles principaux sont le MOX et l’UOX.
Voir aussi : Assemblage de combustible
Combustible usé
Un combustible usé est un combustible nucléaire qui a été retiré du réacteur après plusieurs années d’utilisation. Bien qu’il ne soit plus utilisé pour produire de l’énergie, il demeure radioactif et continue de dégager de la chaleur : il doit donc être refroidi, généralement dans une piscine d’entreposage. Il contient encore des matières valorisables, en particulier de l’uranium et du plutonium, qui peuvent être recyclées pour fabriquer de nouveaux combustibles. Les autres matières sont destinées à devenir des déchets radioactifs.
Voir aussi : Entreposage
Compteur Geiger
Un compteur Geiger est un appareil permettant de détecter la présence de rayonnements ionisants. Lorsqu’un rayonnement atteint l’appareil, il produit un signal, souvent traduit par un « clic » caractéristique. L’appareil peut également fournir une estimation de l’intensité (débit de dose) des rayonnements présents, généralement exprimée en microsieverts ou millisieverts par heure (µSv/h, mSv/h). Le compteur porte le nom du physicien allemand Hans Geiger qui a participé à sa mise au point au début du XXe siècle.
Conditionnement
Le conditionnement consiste à préparer les déchets radioactifs pour leur transport, leur entreposage ou leur stockage en les plaçant dans des contenants adaptés. Selon leur nature, les déchets peuvent être compactés, solidifiés ou incorporés dans un matériau comme le verre ou le béton. Cette opération permet de faciliter leur gestion tout en assurant le confinement des substances radioactives qu’ils contiennent.
Contamination radioactive
La contamination radioactive correspond à la présence indésirable de substances radioactives sur une surface, dans un organisme ou dans l’environnement.
Voir aussi : Déchets radioactifs
Conversion
La conversion est une étape de la préparation du combustible nucléaire qui consiste à transformer de l’uranium en hexafluorure d’uranium. Ce composé peut être utilisé sous forme gazeuse, ce qui permet ensuite de séparer les isotopes d’uranium 238 et d’uranium 235 lors de l’étape d’enrichissement. L’objectif est d’augmenter la proportion d’uranium 235 nécessaire à la fabrication de certains combustibles nucléaires.
Corium
Le corium est un mélange qui peut se former lors d’un accident grave entraînant la fusion du cœur d’un réacteur nucléaire. Il est constitué de combustible nucléaire fondu et de matériaux issus des structures du réacteur. Extrêmement chaud et radioactif, il peut endommager les équipements et structures qui l’entourent. Son refroidissement est donc un enjeu majeur pour maîtriser l’accident.
Corrosion sous contrainte
La corrosion est la dégradation progressive d’un métal au contact de son environnement. On parle de corrosion sous contrainte lorsqu’elle se produit sur un métal également soumis à des contraintes mécaniques qui favorisent l’apparition de fissures. Dans une centrale nucléaire, ce phénomène peut affecter certains équipements et fait donc l’objet d’une surveillance particulière.
Couverture
La couverture est une couche de matériau – généralement à base d’uranium 238 – placée autour du cœur de certains réacteurs nucléaires. Elle absorbe une partie des neutrons produits par les fissions. Sous l’effet de ces neutrons, une partie de l’uranium 238 se transforme progressivement en plutonium 239, une matière fissile qui peut servir de combustible nucléaire. La couverture permet ainsi de produire de nouvelles matières valorisables à partir d’uranium qui n’est pas directement fissile
Criticité
La criticité décrit l’évolution d’une réaction nucléaire en chaîne. Lors d’une fission, des neutrons sont libérés et peuvent provoquer de nouvelles fissions. Si le nombre de fissions diminue au fil des générations, la réaction finit par s’arrêter : elle est dite-sous-critique ; s’il reste stable, la réaction est critique ; s’il augmente, la réaction est sur-critique.
Voir aussi : Barre de contrôle
Critique
Dans le domaine nucléaire, une réaction en chaîne est dite critique lorsque le nombre de fissions reste stable au fil des générations. Chaque fission produit alors suffisamment de neutrons pour provoquer en moyenne une nouvelle fission et entretenir la réaction.
Cuve
La cuve est un grand réservoir métallique qui contient le cœur de certains réacteurs nucléaires. Elle renferme en particulier le combustible et le fluide qui circule dans le cœur pour récupérer la chaleur produite par les fissions. Elle est conçue pour résister à des conditions extrêmes de température, de pression et de rayonnement.
Voir aussi : Combustible nucléaire
Cycle du combustible
Le cycle du combustible désigne l’ensemble des étapes parcourues par les matières utilisées pour produire de l’énergie dans un réacteur, depuis l’extraction de l’uranium jusqu’à la gestion du combustible après son utilisation. Il comprend notamment la préparation et l’enrichissement de l’uranium, la fabrication du combustible, son utilisation dans le réacteur puis, une fois le combustible usé, son entreposage, son recyclage éventuel et la gestion des déchets radioactifs.
Voir aussi : Uranium naturel
Datation
La datation est une méthode qui permet de déterminer l’âge d’un matériau grâce à la radioactivité. Chaque radionucléide se transforme spontanément à un rythme qui lui est propre, caractérisé par sa demi-vie. En mesurant la quantité de radionucléides présente dans l’échantillon, on peut donc estimer son âge. Le carbone 14 est, par exemple, utilisé pour dater certains restes d’origine biologique.
Déchets de faible activité (ou FA)
Les déchets de faible activité sont des déchets dont le niveau de radioactivité est faible. Ils peuvent provenir du fonctionnement ou du démantèlement d’installations nucléaires, mais aussi d’activités médicales, industrielles ou de recherche. Il peut s’agir, par exemple, de vêtements de protection, de filtres ou de petits équipements contaminés. Leur mode de gestion dépend notamment de la durée pendant laquelle les nucléides qu’ils contiennent demeurent radioactifs.
Déchets de haute activité (ou HA)
Les déchets de haute activité sont des déchets dont le niveau de radioactivité est le plus élevé. Ils dégagent également de la chaleur en raison de leur radioactivité. Ils proviennent principalement du traitement des combustibles nucléaires usés et contiennent les matières qui ne sont pas récupérées en vue du recyclage. Bien qu’ils ne représentent qu’une faible fraction du volume total des déchets radioactifs, ils concentrent l’essentiel de leur radioactivité. Ils nécessitent un confinement particulièrement important et une gestion adaptée sur de longues périodes. En France, ils sont actuellement entreposés dans l’attente du stockage en profondeur prévu dans le cadre du projet Cigéo.
Déchets de moyenne activité (ou MA)
Les déchets de moyenne activité sont des déchets dont le niveau de radioactivité nécessite des protections renforcées lors de leur manipulation. Ils proviennent principalement du fonctionnement et du démantèlement des installations nucléaires ainsi que du traitement des combustibles usés. Il peut s’agir, par exemple, de composants métalliques, d’équipements ou de résidus de procédé de traitement. Leur mode de gestion dépend de la durée pendant laquelle les radionucléides qu’ils contiennent demeurent radioactifs.
Déchets de très faible activité (ou TFA)
Les déchets de très faible activité sont des déchets dont le niveau de radioactivité est très faible, proche de la radioactivité naturelle pour certains d’entre eux. Ils proviennent principalement de l’exploitation, de la maintenance ou du démantèlement d’installations nucléaires. Il peut d’agir notamment de gravats, de terres, de ferrailles ou d’équipements. Ils sont stockés dans des installations spécialement conçues afin de les isoler de l’environnement.
Déchets radioactifs
Les déchets radioactifs sont des matières contenant des substances radioactives qui ne sont plus destinées à être utilisées ou recyclées. Ils doivent donc être prises en charge de manière spécifique. Ces déchets proviennent principalement des installations nucléaires, mais aussi de certaines activités médicales, industrielles ou de recherche. Ils sont classés selon leur niveau de radioactivité et la durée pendant laquelle les nucléides qu’ils contiennent demeurent radioactifs, afin de déterminer les modes de traitement, d’entreposage et de stockage les plus adaptés.
Décontamination radioactive
La décontamination consiste à retirer ou à réduire la présence de substances radioactives sur une surface, dans un organisme ou dans l’environnement. Elle peut être réalisée par nettoyage, traitement spécifique ou, si nécessaire, par retrait des parties contaminées. Son objectif est de limiter la contamination et l’exposition aux rayonnements associés.
Voir aussi : Contamination radioactive, Déchets radioactifs
Décroissance radioactive
La décroissance radioactive est la diminution progressive du nombre de noyaux radioactifs présents dans un échantillon au cours du temps. Les noyaux radioactifs étant instables, ils se transforment naturellement en d’autres noyaux. Cette transformation se produit à un rythme propre à chaque radionucléide, caractérisée par sa demi-vie.
Démantèlement
Le démantèlement est l’ensemble des opérations réalisées après l’arrêt définitif d’une installation nucléaire afin de démonter ses équipements et de gérer les matières radioactives qu’elle contient. Il comprend notamment le démontage des équipements, l’assainissement des bâtiments et des sols ainsi que la gestion des déchets radioactifs produits au cours de ces opérations. Il vise à supprimer ou réduire les risques liés à l’installation et à permettre, à terme, la réutilisation du site.
Voir aussi : Assainissement
Demi-vie
La demi-vie, aussi appelée période radioactive, correspond à la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux radioactifs d’un échantillon se sont désintégrés. Ainsi, après une demi-vie, il reste la moitié des noyaux radioactifs présents au départ ; après deux demi-vies, il en reste un quart ; après trois demi-vies, un huitième. Chaque radionucléide possède sa propre demi-vie, qui peut aller d’une fraction de seconde à plusieurs milliards d’années. La demi-vie agit comme une « horloge statistique » permettant de décrire l’évolution d’une population de noyaux radioactifs au cours du temps.
Désintégration radioactive
La désintégration radioactive est la transformation spontanée d’un noyau atomique instable en un autre noyau. Ce nouveau noyau peut être stable ou, s’il est lui-même radioactif, se transformer à son tour. Lors de cette transformation, le noyau émet des rayonnements ou des particules et libère de l’énergie. La désintégration radioactive est le phénomène à l’origine de la radioactivité.
Deutérium
Le deutérium est un isotope de l’hydrogène. Son noyau contient un proton et un neutron. Présent naturellement en petite quantité dans l’eau, il n’est pas radioactif. Le deutérium joue un rôle important dans les recherches sur la fusion nucléaire : son noyau peut fusionner avec celui du tritium pour libérer de l’énergie.
Diffusion des neutrons
La diffusion est le phénomène par lequel un neutron change de trajectoire après avoir heurté un noyau atomique sans être absorbé par ce dernier. Lors de cette interaction, le neutron peut également perdre une partie de son énergie. Dans certains réacteurs nucléaires, la diffusion permet de ralentir les neutrons afin qu’ils puissent plus facilement provoquer de nouvelles fissions et entretenir la réaction en chaîne.
Diffusion gazeuse
La diffusion gazeuse est une méthode qui permet de séparer les différents isotopes de l’uranium afin d’augmenter la proportion d’uranium 235, nécessaire à la fabrication du certain combustible nucléaire. L’uranium, sous forme gazeuse, est envoyé à travers des parois percées de trous extrêmement petits. Les molécules qui contiennent l’isotope le plus léger, l’uranium 235, traversent plus facilement la paroi que celles contenant l’isotope le plus lourd, l’uranium 238. La différence étant très faible, de nombreuses séparations successives sont nécessaires pour enrichir progressivement l’uranium en uranium 235. Cette méthode est aujourd’hui remplacée par l’utilisation de centrifugeuses, moins consommatrices d’énergie.
Dose (et limites de dose)
La dose est une grandeur utilisée pour évaluer l’exposition d’une personne aux rayonnements ionisants. Selon ce que l’on souhaite mesurer, elle peut être exprimée en Gy ou en Sv. Des limites de dose sont fixées par la réglementation pour protéger les personnes exposées aux rayonnements ionisants. Ces limites varient selon les situations, notamment pour les travailleurs exposés dans le cadre de leur activité professionnelle.
Voir aussi : Dosimètre
Dosimètre
Un dosimètre est un appareil qui mesure la dose de rayonnements ionisants reçue au cours d’une période donnée. Il est notamment porté par les personnes susceptibles d’être exposées dans le cadre de leur travail. Les doses mesurées permettent alors de vérifier le respect des limites réglementaires.
Voir aussi : Exposition
Durée de vie d'une centrale nucléaire
voir Exploitation à long terme
Eau légère
L’eau légère est l’eau « ordinaire », composée d’oxygène et d’hydrogène. Dans certains réacteurs nucléaires, par exemple les réacteurs à eau pressurisée (REP)et à eau bouillante (REB), elle sert à récupérer et transporter la chaleur produite dans le cœur. Elle joue également le rôle de modérateur : en ralentissant i les neutrons, elle leur permet de provoquer plus facilement de nouvelles fissions et d’entretenir la réaction en chaîne.
Voir aussi : Eau lourde
Eau lourde
L’eau lourde est une forme d’eau dans laquelle les atomes d’hydrogène « ordinaires » sont remplacés par du deutérium, un isotope de l’hydrogène. Dans certains réacteurs nucléaires, elle sert à récupérer et transporter la chaleur produite dans le cœur. Comme l’eau légère, elle joue également le rôle de modérateur en ralentissant les neutrons. Elle absorbe toutefois moins de neutrons que l’eau légère, ce qui laisse davantage de neutrons disponibles pour entretenir la réaction en chaîne.
Échangeur de chaleur
Un échangeur de chaleur est un équipement qui permet de transférer la chaleur d’un fluide à un autre sans que les deux fluides ne se mélangent. Dans certains réacteurs nucléaires, il est utilisé pour transmettre la chaleur d’un circuit à un autre, par exemple entre le circuit primaire et le circuit secondaire.
Échelle INES
L’échelle INES (International Nuclear and Radiological Event Scale, ou échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques) sert à classer les événements liés au nucléaire ou aux rayonnements selon leur niveau de gravité. Élaborée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et l’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN) de l’OCDE, elle permet à tous les pays de communiquer de manière comparable sur l’importance d’un événement nucléaire ou radiologique. Elle va de 0, pour les écarts sans conséquence importante pour la sûreté, à 7, pour les accidents les plus graves.
EDF
EDF (Électricité de France) est une entreprise française créée en 1946. Elle produit, commercialise et fournit de l’électricité et exploite les centrales nucléaires actuellement en fonctionnement en France (57 réacteurs en 2026). EDF est le premier exploitant nucléaire au monde.
Effet Tcherenkov
L’effet Tcherenkov est le phénomène qui produit la lueur bleue parfois visible dans l’eau autour du combustible nucléaire. Cette lumière est provoquée par le passage de particules émises par les matières radioactives dans l’eau. Lorsque ces particules se déplacent plus rapidement que la lumière ne se propage dans l’eau, elles produisent une émission lumineuse, comparable à l’onde de choc créée par un avion franchissant le mur du son. Le phénomène porte le nom du physicien soviétique Pavel Tcherenkov qui l’a étudié dans les années 1930.
Électron
Un électron est une particule qui se déplace autour du noyau de l’atome. Il porte une charge électrique négative. Les électrons interviennent notamment dans les réactions chimiques et les phénomènes électriques.
Élément chimique
Un élément chimique est défini par le nombre de protons présents dans le noyau de ses atomes. Ainsi, par exemple, tous les atomes dont le noyau comporte un unique proton sont des atomes d’hydrogène, ceux qui en comptent 6 sont des atomes de carbone et ceux qui en possèdent 92 des atomes d’uranium. Chaque élément chimique possède des propriétés spécifiques : il porte un nom et est représenté par un symbole, par exemple H pour l’hydrogène ou U pour l’uranium. Les 118 éléments chimiques connus sont classés dans le tableau périodique des éléments, aussi appelé tableau de Mendeleïev.
Empreinte carbone
L’empreinte carbone mesure la quantité de gaz à effet de serre émise pour produire de l’électricité. Elle prend en compte l’ensemble du cycle de vie : extraction des matières premières, construction des installations, production d’électricité, gestion du combustible et des déchets, puis démantèlement. Le nucléaire possède une faible empreinte carbone. Le GIEC retient une valeur médiane de référence d’environ 12 g d’équivalent CO₂ par kWh pour le nucléaire à l’échelle mondiale. En France, une analyse du cycle de vie réalisée par EDF, revue par des experts indépendants, évalue l’empreinte du parc nucléaire français à 4 g d’équivalent CO₂ par kWh.
Enceinte de confinement
L’enceinte de confinement est une structure étanche et résistante qui entoure le réacteur nucléaire et ses équipements. Généralement construite en béton armé, elle constitue l’une des principales barrières de protection destinées à empêcher le rejet de substances radioactives dans l’environnement en cas d’accident. Elle protège aussi les équipements qu’elle abrite.
Énergie nucléaire
L’énergie nucléaire est l’énergie associée à la cohésion des noyaux atomiques. Elle est libérée lorsque ces noyaux se transforment, par exemple lors d’une fission, d’une fusion ou d’une désintégration radioactive. Dans les centrales nucléaires actuelles, l’énergie nucléaire est libérée par fission.
Enrichissement
L’enrichissement est une étape du cycle du combustible nucléaire qui consiste à augmenter la proportion d’uranium 235, fissile. L’enrichissement est aujourd’hui principalement réalisé à l’aide de centrifugeuses.
Voir aussi : Fabrication du combustible
Entreposage
L’entreposage consiste à placer temporairement des déchets radioactifs dans une installation spécialement conçue pour les accueillir en toute sécurité dans l’attente d’une étape ultérieure (traitement, recyclage ou stockage définitif).
Voir aussi : Retraitement
EPR
L’EPR (European Pressurized Reactor) est un modèle de réacteur nucléaire à eau pressurisée de forte puissance développé depuis les années 1990. Il utilise de l’eau sous pression pour récupérer la chaleur produite par les fissions sans qu’elle entre en ébullition. Réacteur de troisième génération, il a été conçu pour renforcer la sûreté et améliorer les performances par rapport aux générations précédentes.
EPR2
L’EPR2 (European Pressurized Reactor 2) est une évolution de l’EPR développée en France. Reprenant les grands principes de sûreté de l’EPR, il a été conçu pour être plus simple à construire, à exploiter et à maintenir, grâce à une conception plus standardisée. L’objectif est de faciliter la construction de nouveaux réacteurs tout en conservant un niveau élevé de sûreté et de performance.
Euratom
Euratom (Communauté européenne de l’énergie atomique) est une organisation créée en 1957 par les six pays fondateurs de la Communauté économique européenne avec pour objectif le développement de la coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire et l’encadrement de son utilisation à des fins pacifiques. Elle intervient dans la recherche, la radioprotection, l’approvisionnement en matières nucléaires et le contrôle de leur utilisation. Euratom réunit aujourd’hui les 27 États membres de l’Union européenne.
Exploitation à long terme d'une centrale nucléaire
L’exploitation à long terme désigne la poursuite du fonctionnement d’un réacteur nucléaire au-delà de la période initialement prévue lors de sa conception. On parle parfois de « prolongation de la durée de vie », mais un réacteur n’a pas une durée de vie fixée à l’avance : sa poursuite d’exploitation dépend de son état et du respect des exigences de sûreté. Elle nécessite des contrôles approfondis, des travaux de maintenance et des améliorations des installations. Elle reste soumise à l’autorisation de l’autorité de l’ASNR.
Exposition
L’exposition désigne le fait pour une personne d’être soumise à des rayonnements ionisants. Ces rayonnements peuvent être issus de sources naturelles (comme le radon ou les rayonnements cosmiques), ou avoir pour origine des activités humaines (examens médicaux, activités industrielles ou nucléaires).
Fabrication du combustible
La fabrication du combustible est l’étape au cours de laquelle l’uranium enrichi est mis en forme pour être utilisé dans un réacteur nucléaire. L’uranium est généralement transformé en poudre, puis comprimé et chauffé afin de former de petites pastilles. Ces pastilles sont empilées dans des tubes métalliques appelés crayons de combustible, eux-mêmes regroupés en assemblages destinés à être introduits dans le réacteur.
Fermeture du cycle
La fermeture du cycle désigne une organisation du cycle du combustible nucléaire : les matières encore valorisables présentes dans les combustibles usés sont recyclées à plusieurs reprises afin de fabriquer de nouveaux combustibles. L’uranium et le plutonium récupérés peuvent ainsi être réutilisés. Cette approche vise à mieux valoriser les matières nucléaires et à réduire la quantité de matières destinées à devenir des déchets radioactifs.
Filiation radioactive
La filiation radioactive est la succession des noyaux obtenus lorsqu’un noyau radioactif se désintègre. Lors d’une désintégration radioactive, un noyau instable se transforme en un autre noyau. Ce noyau fils peut être stable ou, s’il est radioactif, se désintégrer à son tour. Cette succession de transformations se poursuit jusqu’à aboutir à un noyau stable.
Fissile
Une matière fissile est une matière dont les noyaux peuvent se diviser après avoir absorbé un neutron, en libérant de l’énergie et de nouveaux neutrons. Ces neutrons peuvent à leur tour provoquer de nouvelles fissions et entretenir une réaction nucléaire en chaîne. L’uranium 235 et le plutonium 239 sont les principales matières fissiles utilisées dans les réacteurs nucléaires.
Voir aussi : Fission nucléaire
Fission nucléaire
La fission nucléaire est une transformation nucléaire au cours de laquelle un noyau atomique lourd – comme celui de l’uranium 235 – se scinde en deux noyaux plus légers. Cette réaction, généralement déclenchée par l’absorption d’un neutron, libère une grande quantité d’énergie et de nouveaux neutrons. Ces derniers peuvent à leur tour provoquer d’autres fissions et entretenir une réaction en chaîne. Dans les centrales nucléaires actuelles, cette réaction est contrôlée afin de produire de la chaleur puis de l’électricité.
Voir aussi : Réaction en chaîne
Framatome
Framatome est une entreprise française de l’industrie nucléaire, dont le siège est situé à Courbevoie, en banlieue parisienne. Elle conçoit et fabrique notamment des équipements et du combustible destinés aux réacteurs nucléaires, et participe à leur maintenance et à leur fonctionnement. Elle intervient dans de nombreux pays et participe par exemple à la construction des réacteurs EPR. Framatome est détenue majoritairement par EDF.
Fukushima Daiichi
Fukushima Daiichi est une centrale nucléaire japonaise où s’est produit un accident nucléaire majeur le 11 mars 2011, après un puissant séisme suivi d’un tsunami. Ce dernier a provoqué la perte de plusieurs systèmes électriques indispensables au refroidissement des réacteurs. La chaleur produite dans le combustible n’ayant pu être évacuée, le combustible de trois réacteurs a fortement chauffé et partiellement fondu. Cet accident a entraîné des rejets de substances radioactives dans l’environnement. Il a été classé au niveau 7, le plus élevé de l’échelle INES.
Fusion du cœur
La fusion du cœur est un accident grave au cours duquel le combustible d’un réacteur nucléaire chauffe au point de commencer à fondre. Elle peut se produire quand le refroidissement du réacteur devient insuffisant et que la chaleur produite dans le cœur du réacteur n’est plus évacuée correctement. Cette fusion peut entraîner la formation d’un mélange extrêmement chaud appelé corium.
Voir aussi : Corium
Fusion nucléaire
La fusion nucléaire est une transformation nucléaire au cours de laquelle deux noyaux atomiques légers s’assemblent pour former un noyau plus lourd. Cette réaction libère une grande quantité d’énergie. Pour qu’elle puisse se produire, les noyaux doivent surmonter les forces répulsives qui s’exercent entre eux et pouvoir se rapprocher. Cela nécessite des températures très élevées ainsi que des conditions adéquates de densité et de confinement. Des recherches sont menées dans plusieurs pays pour parvenir à maîtriser la fusion et l’utiliser comme source d’énergie, notamment dans le cadre du programme international ITER.
Gaine de combustible
La gaine de combustible est le tube métallique dans lequel sont empilées les pastilles de combustible nucléaire. Elle constitue l’enveloppe du crayon de combustible. Dans le réacteur, elle sépare le combustible du fluide qui circule dans le cœur afin d’évacuer la chaleur produite par les fissions. Elle constitue aussi une première barrière destinée à empêcher la dispersion des substances radioactives contenues dans le combustible.
Générateur de vapeur
Un générateur de vapeur est un échangeur de chaleur utilisé dans un réacteur à eau pressurisée (REP). Il reçoit l’eau chaude du circuit primaire, qui a récupéré la chaleur produite dans le cœur du réacteur, et transmet cette chaleur à l’eau du circuit secondaire sans que les eaux des deux circuits ne se mélangent. Sous l’effet de cette chaleur, l’eau du circuit secondaire se vaporise. Cette vapeur fait tourner une turbine reliée à un alternateur pour produire de l’électricité.
Georges Besse II
Georges Besse II est une usine située sur le site nucléaire du Tricastin, dans le sud de la France. Elle porte le nom de Georges Besse, un ancien dirigeant de l’industrie nucléaire française. Mise en service au début des années 2010, elle sert à enrichir l’uranium destiné à la fabrication de combustible nucléaire grâce à des centrifugeuses qui permettent d’augmenter la proportion d’uranium 235.
Graphite
Le graphite est une forme de carbone utilisée dans certains réacteurs nucléaires comme modérateur. Il ralentit les neutrons produits par les fissions sans en absorber une part importante. Les neutrons ralentis peuvent alors plus facilement provoquer de nouvelles fissions et entretenir la réaction en chaîne.
Gray (Gy)
Le gray est l’unité utilisée pour mesurer la quantité d’énergie déposée par un rayonnement dans une matière, par exemple dans les tissus du corps humain. Un gray correspond à un joule d’énergie absorbée par kilogramme de matière. Cette unité porte le nom du physicien britannique Louis Harold Gray dont certains travaux portaient sur les effets des rayonnements sur les organismes vivants dans la première moitié du XXe siècle.
Hydrogène
L’hydrogène (H) est l’élément chimique le plus léger et le plus abondant dans l’Univers. Son isotope le plus répandu possède un noyau composé d’un seul proton (et aucun neutron). Il existe également d’autres isotopes de l’hydrogène, comme le deutérium et le tritium, dont les noyaux contiennent, outre un proton, respectivement 1 et 2 neutrons. Le deutérium et le tritium sont des isotopes de l’hydrogène auxquels des noms particuliers ont été donnés en raison de leur importance dans certains domaines scientifiques et techniques.
Îlot nucléaire
L’îlot nucléaire est la partie d’une centrale nucléaire qui regroupe le réacteur et les principaux équipements nécessaires à son fonctionnement. Il comprend le bâtiment abritant le réacteur, les circuits permettant d’évacuer la chaleur produite dans le cœur ainsi que les systèmes de contrôle et de protection. Il est distinct des installations qui servent à transformer l’énergie en électricité (la turbine et l’alternateur, au sein de l’îlot conventionnel).
Indépendance énergétique
L’indépendance énergétique désigne la capacité d’un pays à satisfaire ses besoins en énergie en limitant sa dépendance vis-à-vis des importations. Elle concerne l’ensemble des sources d’énergie (pétrole, gaz, charbon, énergies renouvelables et nucléaire). Le niveau d’indépendance énergétique dépend à la fois de la production d’énergie sur le territoire et de l’origine des ressources utilisées. Un pays peut ainsi importer certaines ressources tout en conservant un haut niveau d’indépendance énergétique, notamment lorsque ses approvisionnements sont diversifiés et ne dépendent pas d’un fournisseur unique.
Inspection
Une inspection est un contrôle réalisé dans une installation nucléaire pour en vérifier le fonctionnement, les équipements et les pratiques des personnels. En France, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) mène des inspections portant en particulier sur la sûreté nucléaire et la radioprotection. À l’échelle internationale, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) effectue également des inspections pour vérifier l’absence de détournement à des fins militaires.
Iode
L’iode (I) est un élément chimique présent naturellement dans l’environnement. Certains de ses isotopes sont radioactifs, notamment l’iode 131, produit lors de la fission nucléaire. En cas de rejet radioactif, l’iode 131 peut être absorbé par l’organisme, se concentrer dans la thyroïde et l’exposer à ses rayonnements. Des comprimés d’iode stable peuvent être distribués autour des centrales nucléaires afin de saturer la thyroïde en iode et ainsi limiter l’absorption d’iode radioactif. Certains isotopes radioactifs de l’iode sont également utilisés en médecine nucléaire, notamment pour diagnostiquer ou traiter certaines maladies de la thyroïde.
Ionisation
L’ionisation est le phénomène par lequel un atome ou une molécule, électriquement neutre, perd ou gagne un ou plusieurs électrons et devient alors un ion, électriquement chargé.
Irradiation
L’irradiation désigne le fait pour une personne ou un objet d’être exposé à des rayonnements ionisants. Elle cesse dès lors que l’exposition aux rayonnements prend fin. Elle diffère de la contamination qui correspond à la présence de substances radioactives sur une surface, dans un organisme ou dans l’environnement.
IRSN
L’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) était un organisme public français, créé en 2001, spécialisé dans la recherche et l’expertise sur les risques nucléaires et radiologiques. Il travaillait en particulier sur la sûreté des installations nucléaires, la protection contre les rayonnements et la surveillance de la radioactivité dans l’environnement. Depuis le 1er janvier 2025, ses missions sont exercées par l’ASNR, créée par la réunion de l’IRSN et de l’ASN.
Isotope
Des atomes appartenant au même élément chimique sont appelés isotopes lorsqu’ils possèdent un nombre différent de neutrons dans leur noyau. Ils ont en revanche tous le même nombre de protons, qui définit l’élément chimique auquel ils appartiennent. Les isotopes d’un même élément ont les mêmes propriétés chimiques, mais certaines de leurs propriétés physiques peuvent être différentes. Certains sont stables, tandis que d’autres sont radioactifs. Le carbone 12 et le carbone 14 sont par exemple deux isotopes du carbone.
ITER
ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) est un programme international de recherche sur la fusion nucléaire. Lancé dans les années 1980, il réunit aujourd’hui l’Union européenne, la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Russie et les États-Unis. Son installation expérimentale, en construction à Cadarache dans le sud de la France, utilise un tokamak qui permet confiner un plasma dans lequel des noyaux atomiques doivent fusionner et libérer de l’énergie. L’objectif est de démontrer la faisabilité scientifique et technologique de la fusion nucléaire comme source d’énergie.
La Hague
La Hague est un site nucléaire situé dans la Manche, en Normandie, spécialisé dans le traitement des combustibles nucléaires usés. Les matières qui peuvent être réutilisées, en particulier l’uranium et le plutonium, y sont séparées des déchets radioactifs.
Masse critique
La masse critique est la quantité minimale de matière fissile nécessaire pour qu’une réaction nucléaire en chaîne puisse se maintenir d’elle-même. En dessous de cette valeur, le nombre de neutrons provoquant de nouvelles fissions est insuffisant et la réaction s’arrête progressivement. La masse critique dépend notamment de la nature du matériau, de sa forme et de son environnement.
Médecine nucléaire
La médecine nucléaire utilise des substances radioactives pour diagnostiquer ou traiter certaines maladies. Dans le cadre du diagnostic, une substance radioactive est administrée au patient, puis suivie dans l’organisme à l’aide d’appareils capables de détecter les rayonnements qu’elle émet. Cette technique permet notamment d’observer le fonctionnement de certains organes. D’autres substances radioactives peuvent être utilisées pour détruire de manière ciblée des cellules malades, notamment certaines cellules cancéreuses.
Mégawatt (MW)
Le mégawatt est une unité qui mesure une puissance, c’est-à-dire la quantité d’énergie produite ou utilisée pendant un temps donné. Un mégawatt correspond à un million de watts. Il est notamment utilisé pour exprimer la puissance de production d’installations industrielles ou de certains réacteurs nucléaires.
Dans une centrale nucléaire, le mégawatt peut servir à mesurer la puissance thermique (mégawatt thermique, MWth), c’est-à-dire la chaleur produite par le réacteur, ou la puissance électrique (mégawatt électrique, MWe), c’est-à-dire l’électricité produite par la centrale.
Mine d'uranium
Une mine d’uranium est un site où est extrait du minerai contenant de l’uranium, présent naturellement dans le sous-sol. Selon la profondeur du gisement, l’extraction peut se faire à ciel ouvert ou dans une mine souterraine. Les principales mines d’uranium se trouvent aujourd’hui au Kazakhstan, au Canada, en Namibie et en Australie. La France n’exploite plus de mines d’uranium depuis 2001.
Mix énergétique
Le mix énergétique désigne la répartition des différentes sources d’énergie (pétrole, gaz, charbon, nucléaire et énergies renouvelables) utilisées dans un pays pour répondre à ses besoins. La composition du mix énergétique varie selon les pays en fonction de leurs ressources, de leurs choix technologiques et de leur politique énergétique.
Modérateur
Un modérateur est un matériau utilisé dans certains réacteurs nucléaires pour ralentir les neutrons produits par les fissions. En perdant une partie de leur énergie cinétique, ces neutrons deviennent des neutrons lents, plus aptes à provoquer la fission de noyaux fissiles. L’eau légère, l’eau lourde ou le graphite, par exemple, peuvent être utilisés comme modérateurs.
Voir aussi : Eau légère, Eau lourde, Graphite
MOX
Le MOX (Mixed Oxide) est un combustible nucléaire fabriqué à partir d’un mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium, c’est-à-dire de composés formés par l’association de ces éléments avec de l’oxygène. Le plutonium qu’il contient provient du traitement de combustibles nucléaires usés : il est ainsi recyclé pour servir à nouveau de combustible. Le MOX permet ainsi de réutiliser une partie des matières valorisables contenues dans les combustibles usés.
Voir aussi : Plutonium
Neutron
Le neutron est une particule entrant dans la composition du noyau atomique. Il ne porte pas de charge électrique. Pour un élément chimique donné, le nombre de neutrons peut varier, d’un isotope à l’autre.
Voir aussi : Neutron lent
Neutron lent
Un neutron lent est un neutron qui possède une faible énergie cinétique. Les neutrons libérés lors de la fission d’un noyau atomique sont des neutrons rapides. Dans la plupart des réacteurs nucléaires, ils sont ralentis afin de provoquer plus facilement de nouvelles fissions et d’entretenir ainsi la réaction en chaîne.
Voir aussi : Neutron rapide
Neutron rapide
Un neutron rapide est un neutron qui possède une énergie cinétique élevée. Les neutrons libérés lors de la fission d’un noyau atomique sont des neutrons rapides. Dans la plupart des réacteurs nucléaires, ils sont ralentis afin de provoquer plus facilement de nouvelles fissions.
Noyau atomique
Le noyau atomique est la partie centrale de l’atome. Constitué de protons et de neutrons, il contient l’essentiel de la masse de l’atome. Les réactions nucléaires, comme la fission, la fusion et les désintégrations radioactives, mettent en jeu des transformations du noyau atomique.
Noyau atomique léger
Un noyau léger est un noyau atomique contenant un nombre relativement faible de protons et de neutrons. Les noyaux de l’hydrogène, du deutérium ou du tritium, par exemple, sont des noyaux légers. Dans une réaction de fusion nucléaire, deux noyaux légers peuvent s’assembler pour former un noyau plus lourd et libérer de l’énergie.
Noyau atomique lourd
Un noyau lourd est un noyau atomique composé d’un grand nombre de protons et de neutrons. Les noyaux de l’uranium ou du plutonium sont des exemples de noyaux lourds. Dans une réaction de fission nucléaire, certains noyaux lourds peuvent se diviser en noyaux plus légers en libérant de l’énergie.
Noyau instable
Un noyau instable est un noyau atomique qui se transforme spontanément en un autre noyau. Cette transformation, appelée désintégration radioactive, s’accompagne de l’émission de particules ou de rayonnements. Un noyau instable est donc radioactif.
Noyau stable
Un noyau stable est un noyau atomique qui ne se transforme pas spontanément en un autre noyau. Sa composition en protons et en neutrons lui permet de rester dans le même état au cours du temps. Contrairement au noyau instable, il n’est donc pas radioactif.
Nucléide
Un nucléide est un noyau atomique caractérisé par un nombre précis de protons et de neutrons. Les isotopes d’un même élément chimique correspondent donc à des nucléides différents. L’uranium 235, l’uranium 238 ou le carbone 14 sont des nucléides. Un nucléide peut être stable ou instable : dans ce dernier cas, il est radioactif.
Orano
Orano est un groupe industriel français spécialisé dans le cycle du combustible nucléaire, dont le siège est situé à Châtillon, en banlieue parisienne. Ses activités couvrent en particulier l’extraction, la conversion et l’enrichissement de l’uranium, le recyclage des combustibles usés, le traitement de déchets radioactifs et le démantèlement. Le groupe, qui a pris le nom d’Orano en 2018, est issu de la réorganisation d’Areva. Il exploite l’usine de retraitement de La Hague et l’usine d’enrichissement Georges Besse II.
Période radioactive
voir demi-vie
Perte de refroidissement
Une perte de refroidissement survient lorsque les systèmes chargés d’évacuer la chaleur produite dans un réacteur nucléaire ne fonctionnent plus correctement. La chaleur continue alors de s’accumuler dans le combustible, ce qui entraîne une augmentation de sa température. Dans les cas les plus graves, cette situation peut conduire à une fusion du cœur.
Piscine d'entreposage
Une piscine d’entreposage est un bassin rempli d’eau dans lequel sont placés temporairement des combustibles nucléaires usés après leur retrait du réacteur. L’eau permet de refroidir ces combustibles, qui continuent à dégager de la chaleur, et constitue aussi une protection contre les rayonnements qu’ils émettent. Les combustibles y séjournent généralement plusieurs années avant leur recyclage éventuel ou leur gestion comme déchets radioactifs.
Plasma
Un plasma est un état de la matière obtenu lorsqu’un gaz est porté à une température extrêmement élevée. Les électrons se détachent alors des atomes. Le plasma est ainsi constitué d’un mélange de noyaux atomiques, d’ions et d’électrons. Dans certaines conditions de température et de confinement, les noyaux peuvent se rapprocher suffisamment pour fusionner et libérer de l’énergie. Les plasmas sont utilisés dans les recherches sur la fusion nucléaire, notamment dans les tokamaks.
Plutonium
Le plutonium (Pu) est un élément chimique radioactif principalement produit dans les réacteurs nucléaires à partir de l’uranium. Certains de ses isotopes, comme le plutonium 239, sont fissiles et peuvent être utilisés comme combustible nucléaire. Le plutonium présent dans les combustibles usés peut être récupéré puis recyclé pour fabriquer du combustible MOX.
Voir aussi : Uranium naturel, Uranium 238
Poison neutronique
Un poison neutronique est une matière capable d’absorber des neutrons. En réduisant le nombre de neutrons disponibles pour provoquer de nouvelles fissions, il permet de contrôler ou d’arrêter une réaction nucléaire en chaîne. Le bore, par exemple, est utilisé comme poison neutronique.
PPI
Un plan particulier d’intervention (PPI) est un dispositif prévu par les pouvoirs publics pour protéger la population en cas d’accident dans une installation nucléaire. Il définit les mesures à prendre comme la mise à l’abri, l’évacuation ou la prise de comprimés d’iode. Il précise également l’organisation des secours, la répartition des responsabilités entre les différents acteurs et les modalités d’information de la population.
Prolifération nucléaire
La prolifération nucléaire désigne la diffusion des armes nucléaires, ainsi que celle des matières, équipements ou technologies pouvant contribuer à leur fabrication, à un nombre croissant de pays ou d’acteurs. Afin de limiter ce risque, des accords et des mécanismes de contrôles internationaux, ont été mis en place, notamment dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. L’AIEA vérifie en particulier que les matières nucléaires et les technologies destinées à des usages civils ne sont pas détournées à des fins militaires.
Prolongation de la durée de vie
voir Exploitation à long terme
Proton
Le proton est une particule entrant dans la composition du noyau atomique. Il porte une charge électrique positive. Le nombre de protons présents dans le noyau détermine l’élément chimique auquel appartient l’atome.
PSPG
Un PSPG (Peloton spécialisé de protection de la Gendarmerie) est une unité spécialisée de la Gendarmerie nationale chargée de la protection des centrales nucléaires françaises. Implantés à proximité des centrales, les PSPG assurent leur surveillance et sont formés pour intervenir rapidement face à toute tentative d’intrusion, d’attaque ou acte de malveillance.
Puissance résiduelle
La puissance résiduelle est la puissance thermique qui continue d’être produite dans le combustible d’un réacteur nucléaire après l’arrêt de la réaction en chaîne. Elle provient principalement de la radioactivité des produits formés lors des fissions, qui poursuivent leur désintégration radioactive en libérant de l’énergie. La puissance résiduelle diminue progressivement avec le temps, mais doit continuer à être évacuée afin d’éviter une surchauffe du combustible.
Radioactivité
La radioactivité est la propriété de certains noyaux atomiques instables de se transformer spontanément en d’autres noyaux. Cette transformation, appelée désintégration radioactive, s’accompagne de l’émission de rayonnements ou de particules. Un noyau atomique qui possède cette propriété est dit radioactif. La radioactivité existe naturellement dans l’environnement ; certaines activités humaines peuvent également produire des matières radioactives.
Radioélément
Un radioélément est un élément chimique dont tous les isotopes sont radioactifs. Les noyaux sont instables et se transforment spontanément par désintégration radioactive. L’uranium et le plutonium sont des radioéléments.
Radionucléide
Un radionucléide est nucléide radioactif, c’est-à-dire un noyau atomique instable. Il est caractérisé par un nombre déterminé de protons et de neutrons. En raison de son instabilité, il se transforme spontanément par désintégration radioactive. L’uranium 235 et le carbone 14 sont des radionucléides.
Radioprotection
La radioprotection désigne l’ensemble des mesures destinées à protéger les personnes et l’environnement contre les effets potentiels des rayonnements ionisants. Elle consiste à prévenir ou limiter l’exposition aux rayonnements et à réduire autant que possible les doses reçues lorsque l’exposition ne peut être évitée. Elle repose notamment sur la limitation du temps d’exposition, l’éloignement des sources de rayonnements, l’utilisation de protections adaptées et le suivi des doses reçues.
Voir aussi : Dose (et limites de dose)
Radium
Le radium (Ra) est un élément chimique radioactif présent naturellement en très faible quantité dans certains minerais d’uranium. Il a été découvert en 1898 par Marie et Pierre Curie lors de leurs travaux sur la radioactivité. Très radioactif, il a autrefois été utilisé en médecine et dans des peintures luminescentes, avant que ses dangers pour la santé soient mieux connus.
Radon
Le radon est un gaz radioactif formé par la désintégration de certains radionucléides présents dans les roches et les sols, notamment dans la chaîne de décroissance de l’uranium. Il peut remonter du sous-sol et s’accumuler dans les bâtiments, en particulier dans des espaces mal ventilés. Lorsqu’il est inhalé, ses produits de désintégration exposent les poumons à des rayonnements alpha et il peut augmenter le risque de cancer du poumon.
Rayonnement alpha
Le rayonnement alpha est un rayonnement ionisant émis lors de la désintégration de certains noyaux radioactifs. Il est constitué de particules formées de deux protons et deux neutrons. Une particule alpha correspond donc au noyau d’un atome d’hélium. Peu pénétrant, le rayonnement alpha est arrêté par quelques centimètres d’air ou par une simple feuille de papier. Il présente donc généralement peu de danger en exposition externe En revanche, il peut être nocif si une matière radioactive qui en émet pénètre dans l’organisme (par inhalation, ingestion ou à travers une blessure). L’uranium 238 et le radon 222 émettent des rayonnements alpha.
Rayonnement bêta
Le rayonnement bêta est un rayonnement ionisant émis lors de la désintégration de certains noyaux radioactifs. Il est constitué d’électrons émis par le noyau. Il peut parcourir plusieurs mètres dans l’air et traverser superficiellement la peau. Une fine couche d’aluminium permet de l’arrêter.
Rayonnement gamma
Le rayonnement gamma est un rayonnement ionisant de très haute énergie émis par certains noyaux radioactifs. Comme la lumière, il s’agit d’un rayonnement électromagnétique, mais d’énergie beaucoup plus élevée. Très pénétrant, il peut traverser le corps humain et nécessite des matériaux épais, comme le plomb ou le béton, pour être fortement atténué.
Rayonnement ionisant
Un rayonnement ionisant est un rayonnement qui possède suffisamment d’énergie pour provoquer l’ionisation de la matière qu’il traverse. Les ionisations ainsi produites peuvent modifier certaines propriétés des matériaux et, dans les tissus vivants, entraîner des dommages aux cellules. Les rayonnements alpha, bêta et gamma sont des rayonnements ionisants.
Réacteur à boucle
Un réacteur à boucle est un réacteur nucléaire dont le fluide de refroidissement circule entre la cuve et des équipements externes reliés par des tuyauteries formant une ou plusieurs boucles. La chaleur récupérée dans le cœur est transportée vers un échangeur de chaleur, puis le fluide refroidi retourne vers le réacteur. Cette architecture s’oppose à celle des réacteurs intégrés, dans lesquels les principaux équipements sont regroupés dans la cuve.
Réacteur à eau bouillante (REB)
Un réacteur à eau bouillante est un réacteur nucléaire dans lequel de l’eau circule dans le cœur, absorbe la chaleur produite par les fissions et se transforme partiellement en vapeur. Cette vapeur est envoyée vers une turbine qui entraîne un alternateur produisant de l’électricité.
Réacteur à eau pressurisée (REP)
Un réacteur à eau pressurisée est un réacteur nucléaire dans lequel de l’eau sous forte pression circule dans le cœur afin de récupérer la chaleur produite par les fissions. La pression élevée empêche l’ébullition de l’eau, malgré sa température. L’énergie est ensuite transmise à l’eau d’un second circuit, où de la vapeur est produite. Cette vapeur entraîne une turbine reliée à un alternateur produisant de l’électricité.
Réacteur à gaz
Un réacteur à gaz est un réacteur nucléaire dans lequel un gaz, généralement de l’hélium ou du dioxyde de carbone, circule dans le cœur pour récupérer la chaleur produite par les fissions. Cette énergie peut être ensuite utilisée pour produire de l’électricité ou alimenter certains procédés industriels. Les réacteurs à haute température (HTGR) constituent une famille de réacteurs à gaz.
Réacteur à haute température (HTGR)
Un réacteur à haute température, ou HTGR (High Temperature Gas-cooled Reactor), est un type de réacteur à gaz, généralement refroidi à l’hélium, conçu pour fonctionner à très haute température. Ces températures élevées permettent d’améliorer le rendement de la production d’électricité et de fournir de la chaleur pour certains usages industriels.
Réacteur à neutrons rapides (RNR)
Un réacteur à neutrons rapides est un réacteur nucléaire dans lequel les neutrons produits par les fissions ne sont pas ralentis par un modérateur avant de provoquer de nouvelles fissions. Ce fonctionnement permet de mieux valoriser certaines matières nucléaires, notamment l’uranium 238 et le plutonium. Ces réacteurs peuvent être refroidis par différents fluides, comme le sodium liquide ou le plomb fondu.
Réacteur à sels fondus
Un réacteur à sels fondus est un réacteur nucléaire dans lequel des sels chauffés liquides circulent pour récupérer et transporter la chaleur produite par les fissions. Dans certains modèles, le combustible nucléaire est directement dissous dans les sels fondus.
Réacteur au plomb
Un réacteur au plomb est un réacteur nucléaire dans lequel du plomb liquide circule pour récupérer et transporter la chaleur produite par les fissions. Le plomb peut rester liquide à des températures élevées sans nécessiter de forte pression ce qui facilite le transport de la chaleur. Comme il ralentit peu les neutrons, il est particulièrement adapté aux RNR.
Réacteur au sodium
Un réacteur au sodium est un réacteur dans lequel circule du sodium liquide pour récupérer et transporter la chaleur produite par les fissions dans le cœur. Le sodium demeure liquide à des températures élevées sans nécessiter de forte pression. Comme il ralentit peu les neutrons, il est particulièrement adapté aux RNR.
Réacteur de 4e génération
Les réacteurs de 4e génération regroupent des concepts développés à partir des années 2000 pour améliorer l’utilisation du combustible, réduire la quantité de déchets radioactifs à vie longue et renforcer la sûreté. Plusieurs technologies sont à l’étude, particulièrement les réacteurs à neutrons rapides (RNR), à sels fondus ou à très haute température (HTGR).
Réacteur nucléaire
Un réacteur nucléaire est une installation dans laquelle une réaction nucléaire en chaîne contrôlée produit de la chaleur. Il comprend un cœur contenant le combustible, des dispositifs permettant de contrôler la réaction en chaîne et un système de refroidissement destiné à évacuer cette énergie. Cette dernière est utilisée pour produire de l’électricité ou pour d’autres usages énergétiques.
Réaction en chaîne
Une réaction en chaîne est une succession de fissions nucléaires entretenues par les neutrons qu’elles produisent. Lorsqu’un noyau fissile se divise, il libère des neutrons susceptibles de provoquer à leur tour de nouvelles fissions. La réaction se poursuit tant que chaque génération de neutrons provoque suffisamment de nouvelles fissions. Dans une centrale nucléaire, la réaction en chaîne est contrôlée afin de rester stable.
Voir aussi : Criticité
Recyclage
Le recyclage consiste à réutiliser certaines matières valorisables présentes dans les combustibles nucléaires usés afin de fabriquer de nouveaux combustibles. Après leur séparation lors du retraitement, l’uranium et le plutonium récupérés peuvent ainsi être réintroduits dans le cycle du combustible. Cette opération permet de mieux valoriser le combustible et de réduire la quantité de déchets radioactifs.
Refroidissement
Le refroidissement consiste à évacuer la puissance thermique dégagée dans le combustible d’un réacteur nucléaire afin de maintenir ses équipements à une température adaptée à leur fonctionnement. Un fluide caloporteur (eau, gaz ou métal liquide) circule dans le cœur pour récupérer cette chaleur et la transporter hors du réacteur. Le refroidissement doit être maintenu après l’arrêt de la réaction en chaîne car le combustible continue à dégager une puissance résiduelle due à la désintégration radioactive des produits de fission.
Rejet radioactif
Un rejet radioactif est une libération de substances radioactives dans l’environnement. Ces substances peuvent se disperser dans l’air, l’eau ou les sols et entraîner une contamination radioactive de l’environnement. Certains rejets sont réalisés de manière contrôlée dans le cadre du fonctionnement normal des installations nucléaires et sont soumis à une réglementation stricte. Des rejets peuvent également se produire de manière accidentelle.
Retraitement
Le retraitement est une opération qui consiste à traiter les combustibles nucléaires usés afin de séparer les matières valorisables de celles destinées à devenir des déchets radioactifs. L’uranium et le plutonium peuvent ainsi être récupérés, puis recyclés pour fabriquer de nouveaux combustibles. Le retraitement contribue à la fermeture du cycle du combustible nucléaire.
Voir aussi : MOX
Sécurité nucléaire
La sécurité nucléaire désigne l’ensemble des mesures destinées à protéger les installations nucléaires contre les actes malveillants (vol, sabotage, intrusion…). Elle comprend la surveillance et la protection des sites, mais aussi le contrôle des matières nucléaires afin d’empêcher leur vol ou leur détournement. Elle se distingue de la sûreté nucléaire, qui concerne la prévention des accidents.
Séparation isotopique
La séparation isotopique est un procédé qui consiste à séparer les différents isotopes d’un même élément chimique. Dans le domaine nucléaire, elle est principalement utilisée pour augmenter la teneur en uranium 235 de l’uranium naturel en le séparant progressivement de l’uranium 238. Cette opération, appelée enrichissement, permet de fabriquer certains combustibles nucléaires. Elle est généralement réalisée à l’aide de centrifugeuses.
Sievert (Sv)
Le sievert est l’unité utilisée pour mesurer l’effet des rayonnements ionisants sur le corps humain, en tenant compte de leur nature et potentiellement de la sensibilité des organes exposés. Il permet d’évaluer le risque lié à une exposition aux rayonnements. Cette unité porte le nom du physicien suédois Rolf Sievert, spécialiste de la mesure des rayonnements et de leurs effets sur l’être humain.
SMR
Un SMR (Small Modular Reactor), ou petit réacteur modulaire, est un réacteur nucléaire de faible puissance. Il est dit modulaire car ses éléments peuvent être, pour la plupart, fabriqués séparément, puis assemblés sur le site d’exploitation. Plus petits que les réacteurs nucléaires les plus répandus aujourd’hui, les SMR reprennent généralement des technologies déjà éprouvées tout en recherchant une fabrication plus standardisée. Ils peuvent être construits seuls ou par groupes de plusieurs modules afin d’adapter la production d’énergie aux besoins. Outre la production d’électricité, certains SMR pourraient également fournir de la chaleur pour des usages industriels ou alimenter des sites isolés.
Source froide
Une source froide est le milieu vers lequel une centrale évacue la chaleur extraite du circuit secondaire par le circuit tertiaire. Cette évacuation permet de refroidir la vapeur après son passage dans la turbine afin qu’elle redevienne liquide. Il s’agit généralement d’un cours d’eau, de la mer ou de l’atmosphère.
Souveraineté énergétique
La souveraineté énergétique est la capacité d’un pays à maîtriser durablement son approvisionnement en énergie et à choisir sa politique énergétique. Elle repose notamment sur la disponibilité des ressources, la maîtrise des technologies, des infrastructures et des compétences nécessaires à la production d’énergie. Elle peut être renforcée par la diversification des sources d’énergie et des pays fournisseurs.
Stockage des déchets
Le stockage des déchets radioactifs consiste à placer les déchets dans des installations conçues pour les isoler durablement de l’environnement. Les modalités de stockage dépendent notamment du niveau de radioactivité des déchets et de la durée pendant laquelle les radionucléides qu’ils contiennent restent radioactifs. Selon leurs caractéristiques, les déchets peuvent être stockés en surface ou en profondeur. Contrairement à l’entreposage, temporaire, le stockage est une solution définitive.
Stockage géologique
Le stockage géologique consiste à placer définitivement certains déchets radioactifs dans des installations aménagées en profondeur, dans le sous-sol. Il est destiné aux déchets nécessitant un confinement sur de longues périodes, notamment certains déchets de moyenne activité à vie longue et les déchets de haute activité. Les ouvrages de stockage et les couches géologiques qui les entourent constituent plusieurs barrières destinées à isoler durablement ces déchets de l’environnement. En France, le projet Cigéo prévoit ce type de stockage à environ 500 mètres de profondeur.
Strontium
Le strontium (Sr) est un élément chimique présent naturellement dans l’environnement. Il existe plusieurs isotopes du strontium dont certains sont radioactifs, comme le strontium 90, produit lors de la fission nucléaire. Ses propriétés chimiques étant proches de celles du calcium, le strontium 90 peut s’accumuler dans les os lorsqu’il est absorbé par l’organisme.
Sûreté nucléaire
La sûreté nucléaire désigne l’ensemble des mesures mises en œuvre pour prévenir les accidents dans les installations nucléaires et en limiter les conséquences s’ils se produisent. Elle concerne la conception, l’exploitation, la maintenance et le démantèlement des installations, ainsi que les procédures mises en place pour faire face aux incidents et accidents.
Surgénérateur
Un surgénérateur est un réacteur nucléaire conçu pour produire plus de matière fissile qu’il n’en consomme. Une partie des neutrons libérés par les fissions est utilisée pour transformer des matières non fissiles (comme l’uranium 238) en matières fissiles (comme le plutonium 239). Cette capacité permet de renouveler une partie du combustible utilisé et d’utiliser plus efficacement les ressources en uranium de manière.
Surveillance radiologique
La surveillance radiologique consiste à mesurer régulièrement la radioactivité et les niveaux de rayonnements dans l’environnement. Elle peut porter sur l’air, l’eau, les sols, la faune, la flore ou certains aliments. Ces mesures permettent de détecter une éventuelle présence anormale de substances radioactives, de suivre l’évolution de la radioactivité dans l’environnement et d’évaluer l’exposition de la population. La surveillance radiologique constitue l’un des outils de la radioprotection.
Taxonomie verte
La taxonomie verte est un système de classification créé par l’Union européenne pour identifier les activités économiques contribuant à la transition environnementale. Elle sert, par exemple, à orienter les investissements vers des activités répondant à des critères environnementaux définis. L’Union européenne a inclus certaines activités nucléaires parmi ces activités, sous réserve qu’elles respectent des critères précis.
Tchernobyl
Tchernobyl est une centrale nucléaire, située en Ukraine, où s’est produit un accident nucléaire majeur le 26 avril 1986. Lors d’un essai de sûreté réalisé sur le réacteur numéro 4, une perte de contrôle de la réaction nucléaire a provoqué des explosions et un incendie, entraînant d’importants rejets de substances radioactives dans l’atmosphère. Transportées par les vents, ces substances se sont dispersées sur une grande partie de l’Europe. Une vaste zone autour de la centrale a été évacuée et interdite d’accès. L’accident a été classé au niveau 7, le plus élevé de l’échelle INES.
Térawattheure (TWh)
Le térawattheure est une unité de mesure de l’énergie. Il correspond à la quantité d’énergie (produite ou consommée) à une puissance d’un térawatt pendant une heure. Un térawattheure équivaut à mille gigawattheures (GWh), soit un milliard de kilowattheures (kWh). Dans le nucléaire, cette unité est utilisée pour exprimer la quantité d’électricité produite par une centrale ou par l’ensemble d’un parc nucléaire pendant une année.
Thorium
Le thorium (Th) est un élément chimique radioactif naturellement présent dans certaines roches. Bien qu’il ne soit pas fissile, le thorium 232 peut se transformer, après absorption d’un neutron, en uranium 233, fissile. Le thorium est étudié comme une alternative possible à l’uranium pour produire de l’énergie nucléaire.
Three Mile Island
Three Mile Island est une centrale nucléaire située en Pennsylvanie, aux États-Unis, où s’est produit un accident nucléaire le 28 mars 1979. À la suite de défaillances techniques et d’erreurs de conduite, le refroidissement du réacteur n° 2 n’a plus été assuré correctement, ce qui a conduit à la fusion partielle du cœur. Les rejets de substances radioactives dans l’environnement ont été limités et aucune conséquence sanitaire n’a été mise en évidence pour la population. L’accident a été classé au niveau 5 de l’échelle INES.
Tokamak
Un tokamak est une machine expérimentale conçue étudier la fusion nucléaire. Il utilise de puissants champs magnétiques pour confiner un plasma porté à très haute température dans une enceinte en forme d’anneau. Dans ce plasma, certains noyaux légers peuvent fusionner et libérer de l’énergie. Le tokamak est aujourd’hui le dispositif le plus utilisé pour développer la production d’énergie par fusion nucléaire.
Tour aéroréfrigérante
Une tour aéroréfrigérante, aussi appelée tour de refroidissement, est une grande structure qui sert à refroidir l’eau utilisée dans le circuit de refroidissement d’une centrale. À l’intérieur de la tour, une partie de l’eau du circuit tertiaire s’évapore au contact de l’air, ce qui refroidit l’eau restante avant son retour dans le circuit. Le panache blanc visible au-dessus de la tour est constitué de fines gouttelettes d’eau.
Tour de refroidissement
Voir Tour aéroréfrigérante
Transition énergétique
La transition énergétique désigne la transformation progressive du système énergétique afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elle repose en particulier sur la réduction de la consommation d’énergie, l’amélioration de l’efficacité énergétique et le développement de sources d’énergie bas carbone. L’énergie nucléaire, peu émettrice de gaz à effet de serre, contribue à cette transition, aux côtés des énergies renouvelables.
Tritium
Le tritium est un isotope radioactif de l’hydrogène dont le noyau contient un proton et deux neutrons. Présent naturellement en très faible quantité, il peut être produit dans les réacteurs nucléaires. Son noyau peut fusionner avec celui du deutérium lors d’une réaction de fusion nucléaire.
Turbine nucléaire
Une turbine est une machine dont les pales sont mises en rotation par de la vapeur. Dans une centrale nucléaire, cette vapeur est produite dans le circuit secondaire grâce à la chaleur dégagée par les fissions nucléaires dans le réacteur. La rotation de la turbine entraîne un alternateur qui produit de l’électricité.
Voir aussi : Alternateur
UNSCEAR
L’UNSCEAR (Comité scientifique des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants, en anglais United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation) est un comité scientifique de l’Onu créé en 1955. Il évalue les niveaux d’exposition aux rayonnements ionisants dans le monde ainsi que leurs effets sur la santé humaine et l’environnement. Ses travaux s’appuient sur les connaissances scientifiques disponibles et servent de référence aux États, aux organisations internationales et aux autorité chargées de la radioprotection.
UOX
L’UOX (Uranium Oxide) est un combustible nucléaire fabriqué à partir d’oxyde d’uranium, un composé formé par l’association de l’uranium avec de l’oxygène. L’uranium qu’il contient est généralement enrichi, c’est-à-dire que la proportion d’uranium 235 a été augmentée pour faciliter les réactions de fission dans le réacteur. L‘UOX est le combustible utilisé dans la majorité des réacteurs dans le monde.
Uranium 235
L’uranium 235 est un isotope radioactif de l’uranium. L’uranium naturel en contient environ 0,7 %. C’est un isotope fissile : lorsqu’il absorbe un neutron, son noyau peut se diviser en deux noyaux plus légers. Cette fission libère de l’énergie ainsi que de nouveaux neutrons qui peuvent provoquer d’autres fissions et entretenir une réaction nucléaire en chaîne.
Uranium 238
L’uranium 238 est un isotope radioactif de l’uranium. L’uranium naturel en contient environ 99,3 %. Contrairement à l’uranium 235, il n’est pas fissile dans les conditions de fonctionnement de la plupart des réacteurs nucléaires. En revanche, lorsqu’il absorbe un neutron, il peut se transformer progressivement en plutonium 239, un isotope fissile capable d’entretenir une réaction nucléaire en chaîne.
Voir aussi : Actinides
Uranium appauvri
L’uranium appauvri est de l’uranium qui contient moins d’uranium 235 que l’uranium naturel. Il est obtenu lors de la phase d’enrichissement, lorsqu’on prélève une partie de l’uranium 235 présent dans l’uranium naturel. Constitué presque entièrement d’uranium 238, il reste radioactif.
Uranium enrichi
L’uranium enrichi est de l’uranium dont la teneur en uranium 235 est supérieure à celle de l’uranium naturel, qui n’en contient qu’environ 0,7 %. Cette teneur est augmentée en séparant progressivement une partie de l’uranium 235 de l’uranium 238, généralement à l’aide de centrifugeuses. L’uranium 235 étant fissile, cette opération permet de fabriquer le combustible utilisé dans la plupart des réacteurs nucléaires.
Uranium naturel
L’uranium naturel [noté U] est l’uranium présent dans la nature, avant toute modification de sa composition isotopique. Il est constitué d’environ 99,3 % d’uranium 238 et 0,7 % d’uranium 235.
Voir aussi : Enrichissement
Vapeur
La vapeur est de l’eau à l’état gazeux. Dans une centrale nucléaire, elle est produite grâce à la chaleur dégagée par les fissions nucléaires. Sous pression, cette vapeur met en mouvement une turbine reliée à un alternateur qui produit de l’électricité.
Voir aussi : Turbine nucléaire
Vieillissement des centrales
Le vieillissement des centrales nucléaires désigne les modifications que peuvent subir, au fil du temps, les équipements, les matériaux et les structures qui composent une centrale. Ceux-ci peuvent s’user, se corroder ou voir leurs propriétés se modifier au fil des années. Ce vieillissement fait l’objet d’une surveillance et peut conduire à des opérations de maintenance, de réparation ou de remplacement pour maintenir le niveau de sûreté de l’installation.
Visite décennale
Une visite décennale est un contrôle approfondi réalisé tous les dix ans environ sur un réacteur nucléaire. Elle comprend de nombreux examens des équipements et des structures afin de vérifier leur état et leur capacité à continuer à être exploités en toute sûreté. Elle permet aussi de réévaluer le niveau de sûreté du réacteur et de déterminer les améliorations nécessaires à la poursuite de son exploitation.
WANO
La WANO (Association mondiale des exploitants nucléaires, en anglais World Association of Nuclear Operators) est une organisation internationale créée en 1989, à la suite de l’accident de Tchernobyl. Elle réunit les exploitants de centrales nucléaires du monde entier afin de partager leur expérience et d’améliorer la sûreté des installations. Elle organise notamment des évaluations entre exploitants au cours desquelles des spécialistes examinent les pratiques d’autres centrales et proposent des améliorations.
Yellow cake
Le yellow cake est un concentré d’uranium obtenu à partir du minerai extrait des mines. Le minerai est broyé puis traité afin d’en extraire l’uranium et de le concentrer. Le yellow cake se présente généralement sous la forme d’une poudre jaunâtre, d’où son nom.
Zirconium
Le zirconium (Zr) est un élément chimique métallique utilisé dans les réacteurs nucléaires pour fabriquer les gaines des crayons de combustible. Il résiste à des températures élevées et absorbe peu les neutrons, ce qui permet de ne pas perturber la réaction nucléaire en chaîne.
Zone d'exclusion
Une zone d’exclusion est un territoire dans lequel l’accès, la présence humaine ou certaines activités sont interdites ou fortement limitées en raison d’une contamination radioactive. Elle peut être mise en place après un accident nucléaire lorsque des substances radioactives ont contaminé l’environnement. Des zones d’exclusion ont par exemple été établies autour des centrales de Tchernobyl et de Fukushima Daiichi.