Impact sur l’environnement - Sfen
LE NUCLÉAIRE ET L'ENVIRONNEMENT

Impact sur l’environnement Chapitre 8

Impact sur l’environnement
Publié le 2 juin 2026 Mis à jour le 3 juin 2026

La protection de l’environnement fait partie intégrante des obligations de tout exploitant nucléaire sur toute la durée de fonctionnement de l’installation. Une réglementation très stricte encadre les rejets, qu’ils soient liquides ou gazeux. L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) contrôlent les résultats d’analyses des exploitants. Des contrôles peuvent également être réalisés par des acteurs et/ou autorités tiers.

Le nucléaire, une énergie avec un très faible impact environnemental

Comme toute activité industrielle, les installations nucléaires rejettent des éléments. Etroitement tracés, contrôlés, surveillés, ces rejets sont très limités et tout est mis en œuvre pour que leur impact sur l’environnement soit quasi nul. Ces rejets sont de différentes natures.

Les rejets radioactifs : toute installation nucléaire en France, comme dans le monde, dispose d’autorisations de rejets radioactifs, mais de manière très réglementée. Ces faibles rejets peuvent être sous forme gazeuse ou liquide. Ils proviennent par exemple des circuits d’épuration et de filtration d’une centrale nucléaire, collectant une partie des éléments radioactifs engendrés par le fonctionnement de l’installation (tritium, carbone, iode, gaz rares, etc.).

Triés selon leur niveau de radioactivité et leur composition chimique, ces éléments sont triés, stockés, et/ou rejetés sous forme liquide ou gazeuse. La réglementation fixe à l’exploitant des seuils à ne pas dépasser pour chaque radioélément et pour chaque nature de rejet (liquide ou gazeux) de manière à écarter tout risque d’augmentation significative de la radioactivité naturelle de l’environnement. Dans la pratique, les rejets des centrales sont très largement inférieurs aux seuils réglementaires, comme sur l’ensemble des installations nucléaires en France.

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51 stations du réseau Opera-Air de l’ASNR réparties sur le territoire français mesurent en continue les éventuelles traces de radioactivité dans les aérosols atmosphériques

Les produits de fission (éléments émis lors de la fission de l’uranium ou du plutonium) et les actinides mineurs, présents dans des quantités faibles, sont piégés et confinés au sein du combustible nucléaire et sont donc récupérés lors du rechargement du réacteur. Une fois récoltés, ils sont traités sur le site de La Hague (déchets HA), puis entreposés dans l’attente de la construction du site de stockage Cigéo.

Les rejets thermiques : l’eau qui alimente le circuit de refroidissement des réacteurs est échauffée de dixièmes à quelques degrés lorsqu’elle est rejetée dans le fleuve ou dans la mer (dans le cas des centrales en circuits ouverts, sans tours aéroréfrigérantes). L’augmentation de la température du milieu aquatique qui en résulte est mesurée en permanence et ne doit pas dépasser les limites réglementaires. Les études menées depuis plusieurs dizaines d’année en France montrent que les effets des rejets thermiques sur la flore et la faune sont négligeables et que l’équilibre de l’écosystème aquatique à proximité des centrales n’est pas modifié.

Les rejets chimiques : l’eau utilisée pour refroidir un réacteur nucléaire doit subir différents traitements (déminéralisation, chloration…) qui donnent lieu à des rejets chimiques, principalement du sodium, des chlorures et des sulfates. Tous ces effluents chimiques suivent un chemin de traitement et de stockage adapté à leurs propriétés pour réduire drastiquement leurs quantités avant rejet. Certains produits peuvent être recyclés et réutilisés après traitement. Ces rejets sont également rigoureusement limités et contrôlés.

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26 stations prélèvent régulièrement l’eau en aval des installations nucléaires pour contrôler les rejets liquides

Un cadre législatif et réglementaire des Installations nucléaires de base (INB)

L’exploitation d’une installation nucléaire est régie, en France, par un cadre réglementaire rigoureux qui intègre la mesure et la surveillance de son impact sur l’environnement. Ce cadre est défini par la loi n° 2006-686 du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire, dite loi TSN, dont les principales dispositions ont été codifiées dans le code de l’environnement par l’ordonnance du n° 2012-6 du 5 janvier 2012, ainsi que le décret n° 2007-1557 du 2 novembre 2007 relatif aux installations nucléaires de bases et au contrôle, en matière de sûreté nucléaire, du transport de substances radioactives. Ils constituent le cadre législatif et réglementaire des INB.

Les rejets sont ainsi limités à des niveaux ne présentant pas de risque pour la santé des personnes et pour assurer la protection de l’environnement. Ces prescriptions générales sont complétées par des décisions spécifiques à chaque installation.

Un point 0 avant la construction de chaque installation

Une étude d’impact est menée pour évaluer les effets possibles sur l’environnement d’une potentielle nouvelle installation. Un « état zéro » établit en outre l’état radiologique du site avant le démarrage de l’installation.

Pendant la phase d’exploitation de l’installation

Des mesures et des contrôles sont effectués en permanence par l’exploitant : contrôle des effluents gazeux à la sortie des cheminées, contrôle des effluents liquides avant et après rejet, détection en continu de la radioactivité ambiante et des poussières atmosphériques, surveillance mensuelle des eaux souterraines et eaux de pluie, prélèvements et analyse d’échantillons de la faune, de la flore et des productions agricoles (lait, céréales). Chaque année, chaque installation nucléaire effectue ainsi près de 20 000 mesures de surveillance de l’environnement.

Près de 20 000
C’est le nombre de mesures de surveillance hydroécologiques effectuées chaque année par les exploitants de chaque installation nucléaire.

Les résultats de ces mesures, en continu, quotidiennes, hebdomadaires ou mensuelles sont consignés dans des registres réglementaires que l’exploitant nucléaire transmet chaque mois à l’ASNR. Celle-ci effectue, en outre, des inspections régulières pour vérifier la conformité du dispositif mis en place par l’exploitant avec les prescriptions réglementaires.

Toutes les installations nucléaires sont concernées

Ces dispositions réglementaires sur les rejets concernent les centrales nucléaires mais aussi l’ensemble des installations du cycle du combustible : extraction du minerai, enrichissement de l’uranium, fabrication et assemblage du combustible, traitement et stockage des déchets. Ainsi, pour l’exploitation de ses mines d’uranium en Mongolie ou en Ouzbékistan par exemple, Orano Mining, utilise des techniques spécifiques afin d’extraire le minerai tout en préservant l’environnement. De même, le stockage des déchets radioactifs se fait dans des installations conçues de manière à éviter tout risque pour la santé et pour l’environnement.

Transparence de l’information au public

La loi TSN garantit le droit du public à une information fiable et accessible en matière de sûreté nucléaire et radioprotection. Toute modification des limites de rejets et de prélèvement spécifiques à une installation est ainsi soumise à enquête publique.

Les installations doivent par ailleurs mettre à disposition du public les informations relatives aux prélèvements d’eau, aux rejets et à la surveillance de l’environnement. Chaque installation dispose ainsi de son propre centre d’information du public. De même, chaque installation nucléaire réalise annuellement un rapport complet sur la surveillance de l’environnement (appelé rapport TSN). Ce document est mis à la disposition de la Commission Locale d’Information (CLI), des pouvoirs publics et du public et est disponible via les sites internet de chaque exploitant. ■