Impact sur le climat Chapitre 8
Pour atteindre ses objectifs climatiques, le monde devra réduire drastiquement sa consommation d’énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole), fortement émettrices de CO2. Il aura pour cela besoin de toutes les énergies bas-carbone mobilisables à grande échelle, dont le nucléaire.
Grâce au nucléaire et aux renouvelables, la France bénéficie déjà d’un vaste réseau de production d’énergie bas-carbone et figure ainsi parmi les pays les plus sobres au monde en matière de production d’électricité décarbonée.
Que dit l’Accord de Paris ?
L’Accord de Paris, signé en 2015 par tous les pays du monde, vise à contenir d’ici 2100 le réchauffement climatique en dessous de 2°C, voire 1,5°C. Le Groupement international des experts du climat (GIEC) indiquait que, pour rester en deçà de 1,5°C, le monde devait réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre, en particulier lié à la consommation d’énergies fossiles. Ce afin d’éviter les impacts du changement climatique : sécheresses, vagues de chaleur, précipitations très importantes, etc.
L’objectif de cet accord est donc de parvenir à la « neutralité carbone » ou « zéro émission nette » d’ici 2050 : autrement dit, à cette date, les rejets en gaz à effet de serre dans l’atmosphère devront suffisamment avoir réduit, de manière à ce qu’ils soient inférieurs aux capacités de séquestration en carbone des puits de carbone naturels.
Un mix électrique mondial encore largement carboné
En 2023, les énergies fossiles (charbon, gaz naturel…) très émettrices de CO2, représentaient encore 60 % de la production mondiale d’électricité. La France est une des exceptions : elle repose, pour sa production d’électricité, sur une combinaison d’énergies nucléaire et renouvelables (hydraulique, éolien, solaire).
Selon l’étude Climat Obs’COP 2024 d’EDF, 48 % de Français pensent que le nucléaire contribue à la production de gaz à effet de serre. Ce chiffre grimpe à 56 % pour le ressenti de la population mondiale. Pourtant, grâce au nucléaire, la France est le pays le moins émetteur de CO2 par habitant des pays industrialisés du G7.
L’énergie nucléaire, une source de production d’électricité bas-carbone
Pour comparer les énergies entre elles, on utilise la méthode de l’Analyse du Cycle de Vie (ACV), qui fait l’objet d’un consensus international. Elle est systématiquement utilisée, toutes industries confondues, pour faire le bilan environnemental d’un produit ou d’un service. Le GIEC établit le bilan mondial médian en gaz à effet de serre du nucléaire à 12 geqCO2/KWh.
Pour la France, l’Ademe évalue quant à elle les émissions sur l’ensemble du cycle du nucléaire à 6 geqCO2/KWh. Dans un rapport publié en 2022, EDF indique que ces émissions s’élèvent à 4 geqCO2/KWh.
La réaction de fission ne produit pas de CO2. Aussi les émissions sont essentiellement indirectes, générées lors de la construction des centrales, la fabrication de leur combustible (mines, enrichissement), leur démantèlement et la gestion des déchets. Les émissions du cycle de vie de l’énergie nucléaire sont comparables à celles du kWh éolien, inférieures à celui du kWh photovoltaïque, et très largement inférieures à celles du kWh gaz et du kWh charbon.
En France, les émissions du cycle de vie sont inférieures, car l’étape de l’enrichissement de l’uranium, dans l’usine d’Orano Georges Besse II au Tricastin, est réalisée à partir d’électricité bas-carbone.
[Le nucléaire en chiffres] Une énergie bas carbone… et encore plus en France, Source : Sfen
La France, grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables, bénéficie déjà d’une électricité quasiment décarbonée
La situation française est aujourd’hui exceptionnelle : les énergies bas carbone (nucléaire et renouvelables) représentent 95 % de la production d’électricité avec finalement des émissions moyennes qui sont de l’ordre de 32 geqCO2/KWh, en 2024, selon RTE. Par comparaison, les émissions moyennes sont de l’ordre de 340 geqCO2/KWh pour l’Allemagne et 310 geqCO2/KWh pour l’Italie.
Afin de continuer à réduire ses émissions, et atteindre ses objectifs de neutralité carbone d’ici 2050, la France doit désormais réduire sa consommation de pétrole et de gaz dans les secteurs qui en consomment beaucoup, en particulier le transport et l’habitat. L’électricité bas-carbone offre déjà aujourd’hui des solutions prometteuses pour de nombreux usages (mobilité, froid, chaleur…).
Pour décarboner l’électricité dans le monde, toutes les solutions bas-carbone, y compris le nucléaire, seront nécessaires
D’après l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique), l’énergie nucléaire a permis déjà d’éviter depuis 1970 l’équivalent de 30 Gt de CO2, soit cinq années d’émissions du secteur électrique. Elle est aujourd’hui la première source d’électricité bas-carbone dans l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), mais reste loin derrière les énergies fossiles. Le nucléaire est aussi la 1ʳᵉ source d’électricité de l’UE (23,5 %) en 2025.
Dans la très grande majorité des trajectoires étudiées par le GIEC permettant de contenir la hausse de la température globale à 1,5°C à l’horizon 2100, le nucléaire contribue, aux côtés des autres énergies bas-carbone, aux efforts de décarbonation de l’électricité, avec une multiplication en moyenne par 6 de la production nucléaire d’ici cette date. ■