Fusion : Proxima Fusion veut bâtir la première centrale commerciale à stellarator en Europe - Sfen

Fusion : Proxima Fusion veut bâtir la première centrale commerciale à stellarator en Europe

Publié le 6 mars 2026
Associée à la Bavière, à RWE et à l’Institut Max Planck de physique des plasmas, la start-up allemande Proxima Fusion a présenté une feuille de route en deux temps : un démonstrateur baptisé Alpha dans les années 2030, puis une centrale commerciale Stellaris sur le site de l’ancienne centrale nucléaire de Gundremmingen.

Alors que plusieurs annonces récentes témoignent d’une accélération des progrès de la fusion nucléaire notamment aux États-Unis, l’Europe n’a pour autant pas l’intention de se laisser distancer. Proxima Fusion, une start-up allemande prometteuse, a récemment annoncé la signature d’un protocole d’accord avec la Bavière, RWE et l’IPP pour la création sur le sol européen de la première centrale électrique à fusion commerciale au monde, ayant recourt à la technologie de stellarator. La feuille de route issue de cet accord prévoit deux grandes étapes et vise une mise en service de la centrale à la fin des années 2030.

D’abord Alpha…

La première phase du programme, baptisée Alpha, correspond à la construction d’un démonstrateur près de l’Institut Max Planck à Garching. La mise en service de cette machine est envisagée dans les années 2030. Son objectif sera d’atteindre un bilan énergétique net positif, c’est-à-dire produire plus d’énergie que celle nécessaire à la création du plasma. Pour y parvenir, le projet s’appuiera sur le retour d’expérience du stellarator Wendelstein 7-X, exploité par l’IPP. « Nous planifions le projet Alpha en complément du 7-X. W7-X continuera de démontrer que les stellarators peuvent fonctionner en continu. C’est pourquoi Alpha ne sera équipé que pour des impulsions plasma relativement courtes, mais il permettra d’adapter le confinement thermique du plasma à une centrale électrique commerciale – une capacité dont le W7-X est dépourvu », explique le professeur Sibylle Günter, directeur scientifique de l’IPP, dans un post Linkedin.

« Ce stellarator de démonstration permettra également à Proxima et à ses partenaires de tester et de valider des technologies de fusion clés en conditions réelles et selon des cycles de développement plus courts, accélérant ainsi la construction de la première centrale à fusion », souligne Proxima Fusion. À lui seul, il nécessitera deux milliards d’euros d’investissements.

…puis Stellaris

Une fois cette étape franchie,  Stellaris lui succédera. Cette future centrale à fusion nucléaire commerciale est attendue sur le site de l’ancienne centrale nucléaire de Gundremmingen, actuellement en démantèlement par RWE. Selon le protocole d’accord, les quatre acteurs concernés travailleront ensemble sur les processus d’autorisation et de réglementation, la structure du projet et le financement.

« Les avancées scientifiques de ces dernières années ont ouvert la voie à ce partenariat public-privé unique, qui représente un progrès concret sur la voie d’une centrale à fusion. », déclare Sibylle Günter.

Vue d’artiste de la centrale Stellaris, Source : Proxima Fusion

Un partenaire, une utilité

Chaque partenaire aura son rôle à jouer dans le projet. L’IPP sera chargé du pilotage de la physique des plasmas et assurera la direction scientifique du démonstrateur Alpha. Proxima Fusion couvrira l’ingénierie, les procédures d’achat public et la construction de l’ensemble du projet. « RWE apportera sa vaste expérience dans la construction et l’exploitation de centrales nucléaires complexes, ainsi que son solide réseau industriel international », indique Proxima dans son communiqué.

Le financement devrait être partagé entre les différents partenaires selon des proportions encore en cours de discussion. Proxima Fusion prévoit d’assurer environ 20 % du coût total, notamment grâce à des investisseurs privés internationaux. Une part équivalente pourrait être apportée par l’État de Bavière, sous réserve de financements fédéraux qui pourraient s’inscrire dans le cadre du programme High-Tech Agenda Germany. RWE a également exprimé son intérêt pour participer au financement, sans préciser pour l’instant l’ampleur de son engagement. ■

Par François Terminet (Sfen)

Image : Vue d’artiste du stellarator de Proxima, Source : Proxima Fusion; Bayerische Staatskanzlei; Flo Huber for Proxima Fusion