Le nucléaire dans le monde

Dans le monde, les énergies bas-carbone qui fournissent de l’électricité, comme le nucléaire et les renouvelables, sont minoritaires par rapport aux énergies carbonées.

Si à moyen terme, le charbon restera la source de production d’électricité la plus consommée dans le monde, l’essor des énergies bas carbone est inéluctable. Trois raisons à cela : le besoin impérieux de réduire les émissions de CO2 pour lutter contre le changement climatique, la nécessité de répondre aux besoins en électricité de plus en plus importants, et, pour certains pays, le besoin de renforcer leur indépendance énergétique. 

Le nucléaire apporte des réponses à ces enjeux. Les deux plus grandes puissances émergentes que sont la Chine et l’Inde (40 % de la population mondiale) l’ont compris et engagent d’importants programmes de développement de l’énergie nucléaire. Ce ne sont pas les seuls car plusieurs pays de l’Union européenne, les Etats-Unis et des pays riches en hydrocarbures comme l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis développent aussi l’énergie nucléaire. Il faut ajouter de nombreux pays qui relancent ou confortent leur programme nucléaire tels que le Brésil, l’Afrique du Sud, la Russie ou encore la Corée du Sud. 


Les énergies carbonées fournissent l’essentiel de la production d’électricité mondiale

Les énergies carbonées (charbon, pétrole et gaz) représentent deux tiers du mix de production mondial d’électricité. En fournissant 41 % des besoins en électricité, le charbon, énergie de la première révolution industrielle, est même la principale source de production d’électricité, loin devant le gaz (22 %) et le pétrole (5 %).

Les énergies bas-carbone (nucléaire, hydraulique, solaire, éolien …) fournissent 32 % de la production d’électricité mondiale. Depuis 2011 et l’arrêt des réacteurs japonais, le nucléaire représente 12 % du mix électrique mondial.

Le secteur électrique explique à lui seul un quart des émissions de gaz à effet de serre. Alors que l’urgence climatique devrait conduire à une réduction de ces émissions, celles-ci ont continué de croître en moyenne de 3 % par an depuis 1990.

Il n’y a que dans l’Union européenne que ces émissions ont reculé, dans des proportions très variables selon les pays. Elles sont très élevées (plus de 400 g CO2/kWh) dans les pays où le charbon produit une part importante de l’électricité, comme l’Allemagne ou certains pays d’Europe centrale et orientale. Elles sont faibles dans les pays où les énergies renouvelables et/ou le nucléaire sont développés, comme la France et la Suède.

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Pour éviter le changement climatique, il faut réduire les émissions de CO2

La communauté scientifique internationale s’accorde sur la réalité du changement climatique dont l’un des phénomènes les plus connus est le « réchauffement ». Pour éviter un réchauffement supérieur à 2°C - seuil au-delà duquel les conséquences sont irréversibles - il est impératif de réduire massivement les émissions de CO2 en utilisant l’ensemble des technologies disponibles.

Le Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) préconise une décarbonisation par l’électrification : l’électricité viendrait remplacer des usages qui jusqu’alors utilisaient les énergies carbonés (transports, chauffage, etc.). L’objectif serait d’atteindre en 2050 un mix électrique décarboné à 80 % grâce au triplement, voire quadruplement des investissements dans les énergies bas-carbone (renouvelables et nucléaire) et stockage du CO2.

Le nucléaire est l’une des rares options disponibles à grande échelle qui permette de réduire les émissions de dioxyde de carbone, tout en fournissant ou en remplaçant d’autres formes de production de base. Depuis sa création, l’énergie nucléaire a permis d’éviter le rejet de 56 gigatonnes de CO2, soit l’équivalent de deux années d’émissions. Selon l’Agence Internationale de l’Energie, en 2040 le nucléaire permettra d’éviter près de 50 % des émissions annuelles en Corée du Sud, 12 % de celles prévues au Japon, 10 % aux Etats-Unis, 9 % en Union européenne et 8 % en Chine.

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Les besoins en électricité augmentent

La demande électrique mondiale est en constante augmentation. Poussée par le développement économique des pays dont les besoins de la population augmentent, la demande en électricité devrait avoir une croissance plus forte que toute autre énergie finale : environ 2 % chaque année jusqu’en 2035.

Cependant, l’électricité reste un service inaccessible pour de nombreuses personnes. Actuellement, plus d’un milliard d’êtres humains n’y a pas accès. En Afrique subsaharienne, deux individus sur trois en sont privés. Or, l’accès à l’électricité est indispensable au développement économique et sanitaire d’un pays. Dans le domaine de la santé par exemple, l’absence d’électricité rend impossible toute réfrigération, freine la diffusion des vaccins et le développement d’une médecine moderne.


L’énergie nucléaire se développe dans le monde

Face à l’urgence climatique, l’augmentation des besoins et la nécessité pour certains Etats de réduire leur dépendance aux énergies fossiles, le nucléaire apparaît être une réponse crédible. Toutefois, beaucoup de pays n’ont pas accès à l’énergie nucléaire, qui suppose une maîtrise de la technologie et un cadre institutionnel adapté. Avec le support de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), plusieurs pays sont en voie d’y accéder comme les Emirats Arabes Unis, la Pologne, la Turquie et l’Arabie Saoudite.

Avec 72 réacteurs nucléaires en construction et 160 à l’état de projet, le développement du nucléaire se concentre pour les trois quarts dans les pays non membres de l’OCDE : Chine, Inde, Brésil, etc. Selon l’Agence Internationale de l’Energie, d’ici 2040, la capacité mondiale d’électricité d’origine nucléaire devrait croître de près de 60 %, permettant d’éviter le rejet de l’équivalent de quatre années d’émissions de CO2. 
 

Le nucléaire, énergie indispensable en Europe

L’énergie nucléaire produit 30 % de l’électricité de l’Union européenne et la moitié de son électricité bas-carbone. Disposant du parc nucléaire le plus important des 28 Etats membres, la France assure la moitié de la production d’électricité d’origine nucléaire.

Pour assurer sa sécurité d’approvisionnement en électricité et continuer à exploiter le parc nucléaire le plus grand du monde (131 réacteurs), l’UE investit dans la rénovation de ses installations et/ou dans la construction de nouvelles unités. Ces investissements sont essentiels pour répondre à l’augmentation des besoins.

Compte-tenu de la compétitivité du nucléaire, plusieurs Etats européens - Belgique, Suisse, République tchèque, Suède, Pays-Bas - ont fait le choix de rénover leurs réacteurs nucléaires pour les exploiter jusqu’à 60 ans, voire plus.

Pour réduire leurs émissions de CO2 et faire face à l’évolution de la demande, d’autres Etats ont engagé des programmes de construction ou envisagent de le faire. Actuellement 6 réacteurs sont en construction en France, en Roumanie, en Slovaquie et en Finlande. Par ailleurs, plus d’une douzaine de projets devraient se concrétiser au Royaume-Uni, en République tchèque, en Pologne, en Hongrie, en Roumanie, en Bulgarie, en Finlande, en Suède et en Slovénie. Si ces projets se réalisent, la filière nucléaire européenne, qui représente déjà 800 000 emplois, pourrait créer jusqu’à 350 000 emplois supplémentaires.

Royaume-Uni 

Actuellement, le Royaume-Uni produit son électricité essentiellement à partir d’énergies carbonées (charbon et gaz). Pour réduire ses émissions de gaz carbonique, le pays a engagé une transition vers un modèle électrique sobre en carbone, s’appuyant sur le développement du nucléaire, des énergies renouvelables et du captage et stockage du CO2.

Avec 16 réacteurs, l’énergie nucléaire fournit déjà 18 % de l’électricité du pays. A l’exception d’une unité, les réacteurs en fonctionnement devraient être arrêtés en 2023. Dans ce contexte, le gouvernement a engagé un programme de renouvellement de son parc nucléaire et la construction 16 GWe nucléaire complémentaire.

La France pourrait construire plusieurs réacteurs. L’un des projets les plus avancés est porté par EDF Energy. Au sein d’un consortium (incluant AREVA, deux électriciens chinois et un électricien saoudien), le projet vise à construire et exploiter deux réacteurs EPR sur le site d’Hinkley Point (Somerset). Si le projet est validé par la Commission européenne, la centrale nucléaire pourrait fournir 7 % de l’électricité du pays.

Un second projet associe GDF Suez à Toshiba pour la construction de trois réacteurs AP1000.

 
A SAVOIR
La construction d’un EPR à l’étranger crée 3 750 emplois en France, selon une évaluation du cabinet d’étude PWC. 
 

Finlande

Comme la France, la Finlande a développé son parc nucléaire à partir des années 70. Quatre réacteurs répartis sur deux sites (Loviisa et Olkiluoto) ont été construits. Toujours en exploitation, ces unités assurent 30 % des besoins électriques du pays.

Depuis 2005, AREVA construit le troisième réacteur de la centrale nucléaire d’Olkiluoto.

Une nouvelle centrale nucléaire sera construite par l’électricien russe Rosatom sur la côte Ouest du pays à Pyhäjoki.

Selon les prévisions de l’Agence Internationale de l’Energie, le nucléaire pourrait fournir 60 % des besoins finlandais en 2025.

Belgique

En Belgique, Electrabel, filiale de GDF Suez, exploite les sept réacteurs nucléaires du pays. Répartis sur les deux sites de Doel et Tihange, ces réacteurs couvrent plus de la moitié de la consommation d’électricité du pays.

Si aucun projet de construction de nouveau réacteur n’est actuellement en cours en Belgique, l’autorité de sûreté nationale a donné son accord pour exploiter les réacteurs nucléaires de Tihange 1, Doel 1 et Doel 2 jusqu’à 50 ans. En effet, le système électrique belge connaît d’importants risques de « coupures de courant ».  

Toutefois, les sept réacteurs pourraient être fermés d’ici à 2025.

Pologne

La Pologne dispose des réserves de charbon les plus importantes de l’Union européenne. Le pays utilise donc massivement ce combustible fossile pour produire son électricité.

Face à l’augmentation des besoins en électricité, la Pologne projette de construire deux centrales de 3 000 MWe chacune dans le pays. Si le projet se réalise, il représenterait l’investissement le plus important de l’histoire du pays.  

Le choix de la technologie pour la première centrale nucléaire polonaise devrait intervenir fin 2016 - début 2017. EDF et AREVA proposent, dans une réponse commune à l’appel d’offres polonais, le réacteur de troisième génération EPR.

En 1984, la Pologne avait commencé la construction de quatre réacteurs nucléaires russes VVER-440 sur le site de Zarnowiec. Les travaux ont été arrêtés en 1989, avec la disparition de l’Union Soviétique.

Turquie

La Turquie utilise essentiellement du gaz russe et iranien pour produire son électricité. Pour réduire ses importations et répondre à l’augmentation des besoins de sa population, la Turquie projette de construire un parc nucléaire.

Les travaux de construction de la première centrale du pays démarreront en 2015 à Akkuyu, sur la côte méditerranéenne. La centrale d’Akkuyu sera construite et exploitée par le consortium russe ROSATOM. Elle comptera 4 réacteurs VVER d’une puissance de 1200 MWe chacun.

Une seconde centrale nucléaire devrait suivre. Dès 2017, AREVA et le japonais Mitsubishi, vont construire quatre réacteurs nucléaires à Sinop (côte de la Mer Noire). Il s’agira de la première tête de série de réacteurs de troisième génération Atmea1 d’une puissance de 1200 MWe. Exploitée par GDF Suez en association avec un électricien turc, la centrale de Sinop pourrait être mise en service dès 2023.

Russie

La Russie est, avec la France, l’un des pays leader en matière d’énergie nucléaire. Disposant d’un des parcs les plus importants du monde (49 réacteurs),  la Russie capitalise sur son expérience, sur ses capacités financières importantes et sur son marché naturel (Europe centrale notamment) pour soutenir sa filière industrielle à l’export.

L’entreprise nationale, Rosatom, construit deux réacteurs à eau pressurisée de type VVER en Biélorussie et a signé pour deux autres en Turquie. La Russie est aussi en lice pour la construction de réacteurs en Slovaquie, en République tchèque et en Hongrie. Ces prochaines années, plus de 20 réacteurs nucléaires VVER seront construits dans le monde.

La Russie est également l’un des leaders en matière de recherche sur le développement des réacteurs à neutrons rapides.
 

Asie : le programme nucléaire le plus ambitieux

De nombreux pays d’Asie bénéficient d’une croissance économique importante. Si l’énergie est indispensable au développement des territoires, elle l’est aussi pour augmenter la croissance. En se développant, ces pays accèdent à un niveau de vie qui conduit à consommer davantage d’énergie qu’ils ne consommaient jusqu’alors. Les besoins en électricité augmentent eux aussi. Pour répondre à ces nouvelles attentes, d’importants programmes de développement de l’énergie nucléaire sont engagés.

En Asie, 119 réacteurs nucléaires sont en exploitation, 49 en construction et plus de 100 en projet. 56 réacteurs nucléaires de recherche sont également en fonctionnement. Selon les scénarios prospectifs de l’Agence Internationale de l’Energie, la demande en énergie nucléaire se concentre en Chine, en Corée du Sud et en Inde.

Chine

Première puissance économique mondiale, la Chine produit l’essentiel de son électricité avec du charbon. La demande en électricité devrait tripler d’ici 2035. Face aux risques de pollution que font courir les émissions de gaz carbonique, l’Empire du milieu a décidé de diversifier son mix en développant l’énergie nucléaire.

17 réacteurs nucléaires sont déjà en exploitation et produisent 2 % de l’électricité, 30 sont en construction et 59 en projet. L’énergie nucléaire jouera un rôle important pour atteindre l’objectif du gouvernement de 15 % d’énergies bas-carbone en 2020.

Corée du Sud

Avec 23 réacteurs, l’énergie nucléaire fournit 30 % de l’électricité de la Corée du Sud. Face à la hausse de la demande, le pays prévoit de poursuivre le développement du nucléaire pour augmenter son indépendance énergétique et bénéficier d’une électricité compétitive (40 % moins chère que le charbon selon le gouvernement).

Pour y parvenir, la puissance du parc nucléaire devrait quasiment doubler pour atteindre près de 43 GWe à l’horizon 2035. Le nombre exact de réacteurs nucléaires à construire reste à préciser, 5 sont en construction et 6 à l’état de projet.

Inde 

Le programme nucléaire Indien a été engagé dès l’accès à l’indépendance du pays. L’Inde exploite 20 réacteurs nucléaires mais l’atome fournit moins de 4 % des besoins en électricité. La plus grande démocratie du monde construit 7 nouveaux réacteurs et projette d’en construire 18 supplémentaires. Elle développe sa propre technologie. Mais la filière nucléaire française est présente sur le sous-continent et propose de 2 à 6 EPR. L’Inde travaille par ailleurs activement au développement de réacteurs de 4ème génération (réacteurs à neutrons rapides), avec notamment le prototype Kalpakhan (500 MWe) qui doit diverger en 2015.

Japon 

Avec 54 réacteurs, le Japon dispose d’un parc nucléaire presque équivalent à celui de la France. Avant l’accident de Fukushima et l’arrêt provisoire de 50 d’entre eux, l’ensemble des réacteurs assurait près de 30 % de l’électricité du pays.

En dépit de l’accident de Fukushima, le pays n’est pas « sorti du nucléaire ». Depuis 2011, la nouvelle autorité de sûreté nucléaire, la NRA, examine, avec un niveau d’exigence relevé, la sûreté de l’ensemble des réacteurs de l’archipel. Dans ce cadre, elle a donné son accord pour le redémarrage des centrales de Sendai et de Takahama.  

Depuis plusieurs années, le Japon a investi dans une capacité industrielle de retraitement des combustibles nucléaires. La France a apporté son expertise en la matière. A Rokkasho Mura, le pays a construit une usine similaire à celle de La Hague en France. Techniquement prête, l’installation attend l’accord de la NRA pour entrer en fonctionnement. Sur le même site, une usine similaire à celle de Melox (Marcoule) devrait être construite. Son achèvement est reporté à 2017.

La collaboration franco-japonaise est également importante dans la conception des réacteurs de demain. AREVA et Mitsubishi Heavy Industries ont élaboré le réacteur de troisième génération ATMEA, dont les premières unités seront construites en Turquie. La France et le Japon contribuent aussi aux efforts internationaux de recherche sur les réacteurs de quatrième génération avec le réacteur Monju. Le Japon est également un contributeur important du programme mondial de développement d’un réacteur à fusion, ITER. 

Mongolie

Dotée d’importantes ressources uranifères, la Mongolie souhaite développer l’énergie nucléaire à partir de 2021. Trois sites pourraient accueillir les premiers réacteurs: Ulaan Baatar la capitale, l’Ouest de la Mongolie et la province de Dornod.

Actuellement, AREVA mène en Mongolie des activités d’exploration d’uranium sur les sites de Dulaan Uul et de Zoovch Ovo, dans les provinces de Dornogobi et Sukhbaatar, au sud-est du pays.
 

L’Afrique et le Moyen-Orient préparent l’après-pétrole

L’Afrique et le Moyen-Orient disposent de ressources énergétiques importantes. Pour les préserver à l’export, certains pays souhaitent diversifier leur mix électrique en développant l’énergie nucléaire.

Le nucléaire est encore peu présent en Afrique et au Moyen-Orient. Une seule centrale est actuellement en exploitation en Afrique du Sud. Mais d’importants programmes ont été engagés, aux Emirats arabes unis, en Arabie Saoudite et en Afrique du Sud. 

Par leurs ressources uranifères importantes, certains pays africains ont un rôle central dans la filière nucléaire en détenant la matière première du combustible nucléaire.

L’Arabie Saoudite

Un tiers du pétrole saoudien est utilisé pour produire de l’électricité. Pour préserver ses ressources en hydrocarbures et diversifier son mix électrique, le gouvernement saoudien prévoit de construire 16 centrales nucléaires. En 2032, l’énergie nucléaire devrait ainsi représenter 20 % de l’électricité du pays. La première centrale nucléaire pourrait être mise en service dès 2022.

La filière nucléaire française accompagne l’Arabie saoudite pour lui permettre de développer son programme. Une offre complète visant à promouvoir la technologie du réacteur EPR et l’expérience française en matière de formation des professionnels (ingénieurs et techniciens de haut niveau) et de recherche est proposée aux autorités locales.

Emirats Arabes Unis

Sur le site de Barakah, sur la côte du Golfe Persique, les Emirats arabes unis ont commencé, avec leur partenaire coréen KEPCO, à construire deux premiers réacteurs nucléaires de type APR-1400. Disponibles à partir de 2020, ces réacteurs (d’une puissance de 1 400 MWe chacun) devraient générer 25 % des besoins en électricité du Royaume.

Afrique du Sud 

L’Afrique du Sud exploite la seule centrale nucléaire du continent africain. Construits dans les années 1980 par Framatome (AREVA), les deux réacteurs (REP - 900 MWe) de la centrale de Koeberg, près du Cap permettent de fournir 5 % de l’électricité du pays.

Face à la consommation d’électricité en hausse et aux tensions qu’elle fait peser sur le réseau qui connait des coupures de courant fréquente,, le gouvernement souhaite développer l’énergie nucléaire et construire six à huit nouveaux réacteurs à partir de 2025.

En 2014, les gouvernements sud-africain et français ont signé un accord de coopération, jalon majeur en vue de la construction de nouveaux réacteurs.
 

Les pays d’Amérique relancent leurs programmes nucléaires

Brésil

Le Brésil exploite deux réacteurs nucléaires sur le site d’Angra (près de Rio de Janeiro). Ces unités fournissent 3 % de l’électricité du pays.

Face à la hausse des prix de l’électricité et à la récurrence des « blackout », le Brésil, riche en ressources pétrolières et disposant d’importantes capacités hydroélectriques (90 % de la production d’électricité), a relancé son programme nucléaire. Le pays a pour projet de construire quatre à huit nouveaux réacteurs d’ici 2030.

Signal de cette relance, la reprise du chantier du troisième réacteur de la centrale d'Angra. Débutée au début des années 1980 puis stoppée pour raisons financières en 2009, la construction de cette unité sera assurée par AREVA. L’industriel français avait déjà construit le second réacteur de la centrale. 

Argentine

Dans les années 50, l’Argentine fût le premier pays d’Amérique latine à posséder un réacteur de recherche et le premier à construire une centrale nucléaire, en 1974. Avec trois réacteurs en exploitation, l’énergie nucléaire fournit aujourd’hui plus de 6 % de l’électricité. Le pays développe également un prototype d’un petit réacteur modulaire, « CAREM 27 MW ». Ce SMR (Small Modular Reactor) développera une puissance de 25 MW et servira à l’élaboration d’un modèle d’une capacité comprise entre 100 MW et 200 MW. Carem-25 est construit à proximité du site de la centrale d’Atucha, à 100 km de Buenos-Aires.

Etats-Unis

Aux Etats-Unis, 73 réacteurs (sur 104) ont une autorisation d’exploitation jusqu'à 60 ans. 30 d’entre eux sont de conception similaire à celle des centrales françaises (réacteurs à eau présurisée). Dès 2019, l’autorité de sûreté américaine (NRC) mènera des études sur l’exploitation des réacteurs au-delà de 60 ans.

Volontaire dans la lutte contre le changement climatique, l’administration américaine a débloqué en 2014, 12,6 milliards de dollars pour financer un fond de garantie visant à soutenir le développement de projets nucléaires. Les Etats-Unis s’intéressent notamment au développement des réacteurs de petites puissances : les SMR (« Small Modular Reactor »).

 
A SAVOIR
A la fin de la guerre froide, les Etats-Unis et la Russie s’accordent à réduire les risques associés aux armes nucléaires. Les deux Etats ratifient en 2000 un accord visant à éliminer chacun 34 tonnes de plutonium militaire déclarées en excès par rapport à leur besoin. En 2007, LLC, une joint-venture portée par AREVA, prend en charge la conception, la construction, le démarrage et l’exploitation de l’usine de fabrication de combustibles MOX à Savannah River (Caroline du Sud). Cette usine basée sur la technologie française répondra à l’objectif de l’accord russo-américain sur l’élimination du plutonium militaire. Des premiers combustibles ont été fabriqués et utilisés. Les résultats n’étant pas concluants, des recherches se poursuivent. 
 

Canada

Des 22 réacteurs construits au Canada, 17 sont actuellement exploités à des fins commerciales (deux ont été arrêtés et trois sont en cours de remise à neuf. Environ 15 % de l’électricité du Canada provient de l’énergie nucléaire (plus de 50 % en Ontario).

Par ailleurs, le Canada dispose de plusieurs réacteurs de recherche lui permettant d’être l’un des plus importants fournisseurs d’isotopes médicaux du monde.
 

Australie : un producteur d’uranium incontournable

L’Australie produit son électricité essentiellement à partir du charbon. En 2014, le gouvernement a indiqué « ne pas être théologiquement opposé au développement de l’énergie nucléaire ».

Troisième producteur d’uranium du monde derrière le Canada et le Kazakhstan, le pays exploite trois mines. Il ne dispose pas encore de centrale nucléaire et exporte l’ensemble de sa production.
 

Le savoir-faire français s’exporte

L’excellence française en matière nucléaire s’inscrit dans la durée. En 1939, grâce aux travaux de Frédéric Joliot-Curie, la France est titulaire du premier brevet scientifique en la matière portant : « le calcul de criticité ».

Forte d’un modèle intégré qui marie la conception, la construction et l’exploitation des centrales nucléaires, la France possède avec ses entreprises une maîtrise technique et un leadership reconnus internationalement. Sur un marché en forte croissance, qui compte 430 réacteurs en exploitation (autant de clients potentiels en biens et services) et 72 en construction, les perspectives de croissance pour les entreprises de la filière française sont excellentes et pérennes. 

De la recherche à l’exploitation en passant par le recyclage

Recherche et innovations : avec 11 réacteurs de recherche opérationnels, la France fait partie des 5 grands pays de la recherche nucléaire dans le monde et est en pointe sur les réacteurs de 4e génération.
Extraction d’uranium et combustible nucléaire : AREVA est l’un des seuls acteurs au monde à maîtriser l’ensemble de ces activités.
Construction : le choix de développer ses propres technologies a permis à la filière nucléaire française d’être en position de leadership mondial dans le domaine de la construction de centrales nucléaires.
Exploitation et maintenance : EDF est le premier exploitant nucléaire au monde. Avec 72 GWe, ses capacités de production sont trois fois plus importantes que le second exploitant mondial, le russe Rosenergoatom. Le savoir-faire de la France en termes d’exploitations de centrales nucléaire place la France au premier rang des exportateurs de bien et de services dans le nucléaire.
Recyclage du combustible usés et démantèlement : AREVA est à ce jour le seul industriel qui maîtrise la vitrification et la fabrication du combustible MOX à grande échelle pour l’industrie civile.
Gestion des déchets radioactifs : grâce aux travaux menés par l’Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA), la France propose des solutions de stockage, durables et innovantes, des déchets radioactifs. 

L’équipe de France du nucléaire

Les industriels tricolores se sont organisés, renforçant peu à peu leur collaboration, dans le Comité stratégique de la filière nucléaire (CSFN) et l’Association des industriels français exportateurs du nucléaire (AIFEN), à l’initiative du premier salon mondial du nucléaire World Nuclear Exhibition en octobre 2014 à Paris.

D’autres acteurs jouent un rôle essentiel à l’export :

  • GIIN (Groupe Intersyndical de l’Industrie Nucléaire) représente les entreprises auprès des autorités et administrations, favorise la promotion de leurs produits et services en France et à l’international.
  • PBN (Pôle Nucléaire de Bourgogne) a pour mission de développer la recherche collaborative entre grands donneurs d’ordre, PME/ETI, laboratoires et centres de formation.
  • PFCE (Partenariat France-Chine Electricité) créé par EDF pour accompagner les PME sur le marché chinois.
  • PFME (Partenariat France-Monde Electricité) fondé par EDF sur le modèle du PFCE pour les autres marchés comme le Royaume-Uni, l’Arabie Saoudite, l’Afrique du Sud, etc.

 

Les pays qui arrêtent le nucléaire

Comme le révèlent les études de l’Agence Internationale de l’Energie, les pays développant une filière nucléaire (« les nouveaux entrants ») sont plus nombreux que ceux qui se désengagent de l’atome. En 2040, l’AIE prévoit que 36 pays disposeront d’électricité nucléaire pour 31 aujourd’hui.

De nombreux pays s’engagent dans une politique de transition énergétique qui inclut le nucléaire dans le panel des énergies utilisées et utilisables. A contrario, l’Allemagne est l’un des rares pays où transition énergétique rime avec sortie du nucléaire.

Avant 2011 et la décision de l’Allemagne de sortir du nucléaire, le nucléaire produisait 24 % de l’électricité du pays. Avec la fermeture de 8 réacteurs sur 17, la production d’électricité d’origine nucléaire est tombée à 18 %. Si les énergies renouvelables se sont développées, la transition énergétique caractérise actuellement pour l’essentiel par une production d’électricité au charbon et au lignite en constante augmentation.