Start-up : le nouveau souffle de l’industrie nucléaire - Sfen

Start-up : le nouveau souffle de l’industrie nucléaire

Publié le 4 avril 2016 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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En France, les start-up de l’industrie nucléaire se multiplient et montent en gamme. Dans la construction de nouveaux réacteurs, la maintenance des installations nucléaires ou dans le démantèlement, ces nouveaux venus de petite taille, ces « David », renforcent l’écosystème industriel, stimulent l’innovation et réinventent la filière nucléaire. Jusqu’à bousculer les « Goliath » ? Portrait de quatre start-up qui façonnent le nucléaire de demain.

Du spatial au nucléaire : « Elements »

Fondée en 2014 à Toulouse, Elements est à l’origine une start-up experte dans le domaine spatial comme l’explique Stéphane Galinier, son directeur général : « Notre ADN est le développement de technologies dans les domaines mécanique, électronique et irradiation pour l’exploration spatiale avec la NASA ou l’Agence spatiale européenne ».

Actuellement, la start-up toulousaine propose des solutions pour les chantiers d’assainissement-démantèlement. « Ce segment cherche des technologies qui tiennent aux radiations et aux différents événements hostiles. De par notre expertise, nous pouvons développer des systèmes technologiques complexes aptes à résister à ces milieux » précise Stéphane Galinier. La start-up propose aux opérateurs un module de communication durci aux radiations et qui s’autodiagnostique. Une technologie issue du spatial.

Elements aide aussi les industriels à qualifier leur technologie pour démontrer qu’elle fonctionne en milieu hostile. Cette offre intéresse les grands acteurs de la filière. « L’été dernier, nous avons été sollicités par le département assainissement-démantèlement du CEA pour structurer le nouveau référentiel d’exigence de tous les nouveaux systèmes robotisés qui travaillent en milieu hostiles » se félicite Stéphane Galinier. 

KEP Nuclear mesure la chaleur des déchets

Créée il y a deux ans sur les bases d’une technologie développée il y a une trentaine d’années par Setaram pour le CEA, KEP Nuclear propose un système de mesure par calorimétrie de la matière nucléaire et des déchets. « Suivant la puissance thermique mesurée, on va pouvoir en déduire la quantité de matières nucléaires, ce qui aidera ensuite à définir le type de mesures à mettre en place. » indique Alain Godot, directeur scientifique de KEP Nuclear.

Sur la base de sa maîtrise de la calorimétrie, KEP Nuclear propose différentes techniques d’instrumentation comme la spectrométrie gamma pour déterminer la teneur en différents radionucléides ou encore des systèmes de mesures neutroniques mettant en œuvre des détecteurs n’utilisant pas d’hélium 3.

Perazio Engineering, une vision tridimensionnelle

Spécialiste de la mesure 3D en milieu confiné, Perazio Engineering travaille dans tous les domaines du contrôle et de l’analyse de la mesure dimensionnelle d’objets.

Cette technologie permet de réaliser de manière autonome, en minimisant l’exposition humaine, des relevés en milieux confinés, notamment au cœur des centrales nucléaires, des installations chimiques et pétrolières, et du monde souterrain.

« Depuis trois ans, nous avons franchi une nouvelle étape en rendant opérationnels des systèmes de mesure 3D en milieu immergé et sous rayonnements » s’enthousiasme Benjamin Sadier, responsable R&D de Perazio Engineering.

Manzalab pour apprendre autrement

Est-ce que demain, préparer une opération de maintenance se fera derrière son ordinateur ? C’est en tout cas le pari de Manzalab. Cette start-up, spécialisée dans le « serious game », a développé des lunettes qui immergent l’utilisateur dans une réalité virtuelle… « Nous diffusons du savoir et de la connaissance par le plaisir du jeu. Une transgression en entreprise ! » s’amuse Clément Merville, le président-fondateur.

L’entreprise aide EDF à préparer les opérations de maintenance dans les centrales nucléaires. « Nous sommes capables de mettre plusieurs personnes, en même temps, dans la même réalité virtuelle alors qu’elles se trouvent à des endroits géographiquement opposés. Elles peuvent se déplacer dans cet univers virtuel et donner des instructions précises sur une opération à venir » précise Clément Merville. 

De plus en plus, ces David séduisent les mastodontes du secteur, les Goliath, pour qui ces structures souples et réactives, capables de penser hors du cadre (« out of the box »), sont un moyen de générer des innovations plus rapidement. Même si, comme le souligne la récente étude « David avec Goliath » de Raise et Bain & Company, le chemin est encore long. 

Publié par Boris Le Ngoc (SFEN)

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