États-Unis : Oklo et Newcleo sélectionnés dans un programme de valorisation du plutonium
Le Département de l’énergie américain a retenu cinq entreprises pour engager des négociations autour de la valorisation de 20 tonnes de plutonium excédentaire. Associé à Oklo, le français Newcleo pourrait contribuer à transformer cette matière destinée au stockage en combustible pour réacteurs avancés.
Les États-Unis franchissent une nouvelle étape dans leur réflexion sur la gestion du plutonium. Le Département de l’énergie (DOE) a sélectionné cinq entreprises pour engager des négociations dans le cadre de son programme de valorisation des stocks de plutonium déclarés excédentaires aux besoins de la défense.
L’objectif est de convertir environ 20 tonnes de plutonium actuellement entreposées en combustible destiné aux réacteurs avancés. Parmi les entreprises retenues figure Oklo, développeur américain de réacteurs rapides, qui s’appuie sur un partenariat avec la société française Newcleo.
Un enjeu de valorisation
Selon les deux entreprises, cette approche permettrait de transformer un défi de gestion de matières nucléaires en source d’énergie bas carbone. Le plutonium serait incorporé dans du combustible destiné à être consommé dans des réacteurs rapides, sous contrôle des autorités américaines de sûreté, de sécurité et de non-prolifération.
Pour Oklo, l’initiative pourrait également contribuer à répondre aux tensions attendues sur l’approvisionnement en combustible des futurs réacteurs avancés. Le groupe développe notamment l’Aurora, un réacteur rapide refroidi par caloducs pouvant fonctionner avec différents types de combustibles, dont des matières recyclées.
Nouvelles capacités aux États-Unis
Le partenariat s’inscrit dans une coopération plus large entre Oklo et Newcleo. Les deux entreprises ont annoncé en 2025 leur intention de développer des capacités de fabrication de combustible avancé aux États-Unis. En mars dernier, Newcleo a également engagé les premiers échanges avec le régulateur américain en vue de l’autorisation de son réacteur rapide refroidi au plomb et d’une installation de fabrication de combustible MOX.
Une actualité qui trouve un écho particulier en France, où Newcleo participe actuellement à un débat public sur son projet de démonstrateur LFR-AS-30 et d’usine de fabrication de combustible MOX. Un dossier qui place précisément les questions du plutonium, du recyclage des matières nucléaires et de la fermeture du cycle au cœur des échanges. ■