Nucléaire : les trois chantiers du nouveau gouvernement - Sfen

Nucléaire : les trois chantiers du nouveau gouvernement

Publié le 23 mai 2022 - Mis à jour le 25 mai 2022

Le nouveau gouvernement a été annoncé et ce sera lui qui sera en charge de mener à bien la politique énergétique des prochaines années. D’autant plus que celui-ci compte désormais un ministère de la transition énergétique, confié à Agnès Pannier-Runacher. Au rang des chantiers, on trouve en particulier le programme de construction de 6 à 14 EPR, en vue d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

Vendredi 20 mai, le nouveau gouvernement a été annoncé. Parmi les 27 membres qui le composent, ce sont trois femmes qui présideront au destin de la politique énergétique du pays : la Première ministre Élisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires Amélie de Montchalin (à gauche sur la photo) et surtout la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher (à droite sur la photo). En particulier, elles devront mettre en musique les ambitions du discours de Belfort d’Emmanuel Macron en février dernier.

Il s’agit du programme de planification énergétique à horizon 2050 en vue d’atteindre la neutralité carbone. Il vise en particulier un développement massif des énergies renouvelables, via une multiplication par 10 de notre puissance solaire et l’implantation de 50 parcs éoliens en mer. Le président de la République a également annoncé la construction de six réacteurs nucléaires de type EPR 2, ainsi que des études pour huit tranches supplémentaires. Pour faire aboutir ce dernier point, plusieurs dossiers sont sur le bureau des ministres :

  • Concertations et Débats publics : Le programme de nouveau nucléaire devrait débuter par la construction de deux réacteurs EPR 2 à Penly. Un des préalables à ce chantier est un débat public organisé par la Commission nationale de Débat public (CNDP). En amont, une concertation nationale sur le système énergétique de demain devrait émerger durant le second semestre 2022. Les conditions de ce débat (organisation, questions, participants…) a déjà fait l’objet d’un rapport de la part de la CNDP, auquel la Sfen a répondu. Au-delà d’être un passage obligé pour la relance de l’atome, ces exercices de démocratie participative viendront alimenter les travaux des futures parlementaires.
  • Réviser la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) : Courant 2023, le gouvernement devra porter la toute première Loi de programmation énergie climat (LPEC) qui devra fixer les grands objectifs de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC). Cela permettra aussi de réviser l’actuelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). La dernière prévoyait la fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035 (dont les deux unités déjà fermées de Fessenheim). Mais le président de la République a exprimé le souhait, dans son discours de février dernier, « qu’aucun réacteur ne soit fermé à l’avenir, sauf pour des raisons de sûreté ». La loi-cadre aura également pour objectif d’accélérer la réduction des gaz à effet de serre à horizon 2030.
  • Optimiser les phases préparatoires : Enfin, le prochain gouvernement devra trouver des solutions afin d’optimiser le temps de construction des projets énergétiques bas carbone. Pour l’édification d’une centrale nucléaire, le lancement des travaux préparatoires est l’étape la plus critique en termes de planning. Entre la décision d’investissement et le premier béton, il y a un délai de quatre ans pour les sites identifiés. Par exemple, il y a certainement une optimisation à faire entre le permis de construire et la demande d’autorisation de construire. Le premier demande 15 mois et le deuxième 3 ans. Lancer une demande simultanée et non pas séquencée permettrait de gagner beaucoup de temps au moins pour le génie civil.

Passation de ministère

Lors de la cérémonie de passation, la nouvelle ministre de la Transition énergétique a réassuré l’importance du nucléaire dans pour l’enjeu de décarbonation de l’économie et pour la réindustrialisation du pays. Elle déclare : « Notre ambition est également sans commune mesure pour notre filière nucléaire. Il nous faut optimiser notre parc existant, tout en lançant un grand programme de construction de six nouveaux réacteurs.  Car face à l’urgence climatique, nous devons le dire sans détour, le nucléaire c’est une chance pour notre pays. C’est une chance pour l’Europe. Et tous ceux  qui disent le contraire sont des apprentis sorciers qui mettent en danger notre futur ». ■

Par la Sfen
Copyright : Emmanuel DUNAND / AFP