Pas de lien entre l’accident et l’augmentation des cancers thyroïdiens chez les enfants - Sfen

Pas de lien entre l’accident et l’augmentation des cancers thyroïdiens chez les enfants

Publié le 29 février 2016 - Mis à jour le 28 septembre 2021
  • Fukushima
enfant

Loin des chiffres alarmistes qu’annonçaient certains, les experts et les médecins n’ont décelé chez les enfants aucune augmentation des cancers liés à la radioactivité dissipée après l’accident de Fukushima daiichi. Selon eux, le nombre élevé de cancers de la thyroïde détectés dans la région proviendrait d’un surdiagnostic.

Il y a tout juste cinq ans, une fumée chargée d’éléments radioactifs se dispersait dans la région de Fukushima à la suite de l’explosion du réacteur 3 de la centrale ravagée par un tsunami et un tremblement de terre. Dès le mois de juin 2011, les scientifiques japonais engageaient des campagnes de dépistage pour repérer une éventuelle contamination de la population, notamment des enfants de la préfecture de Fukushima.

113 cas sur 300 000 enfants dépistés

Sur les quelque 300 000 enfants âgés de moins de 18 ans au moment de l’accident et dépistés dans le cadre de l’étude, 113 cas de cancer de la thyroïde avérés ou suspectés ont été détectés. Ce résultat a conduit certains experts à affirmer que le taux de cancers de la thyroïde chez les enfants de Fukushima était 30 fois supérieur à la normale.

Toutefois, les responsables de l’étude rappellent que ces campagnes de diagnostic systématiques ne peuvent être comparées aux moyennes annuelles habituelles. Ces dernières mettent en effet à jour des cancers qui étaient déjà présents chez les enfants avant l’accident de Fukushima Daiichi. Aucun cancer n’a d’ailleurs été repéré chez des petits de moins de 5 ans. Pour confirmer leurs hypothèses, les analystes ont recherché d’éventuelles différences entre les enfants présents près de la centrale au moment de la catastrophe et ceux vivant à plus de 100 kilomètres de là. Et le taux de cancer près de la centrale s’avère moins élevé que chez les enfants les plus éloignés, voire que dans d’autres préfectures non touchées par les retombées radioactives.

Le nombre élevé de cas de cancers thyroïdiens découverts chez les enfants de la région serait donc le fruit d’un surdiagnostic.

Il n’en demeure pas moins que l’angoisse du cancer bouleverse les familles, et contribue à détériorer la santé psychologique des habitants évacués des environs de la centrale.

Par la Rédaction

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