Georges-Besse II : le décret d’extension marque la mi-parcours du chantier - Sfen

Georges-Besse II : le décret d’extension marque la mi-parcours du chantier

Publié le 6 mai 2026
Le décret autorisant l’augmentation des capacités de l’usine Georges-Besse II acte une montée en puissance de l’outil industriel français. À terme, Orano portera sa capacité à 10 millions d’UTS, dans un contexte de recomposition du marché mondial de l’enrichissement.

Si le dernier Conseil de politique nucléaire a mis l’accent sur l’Aval du futur, l’amont du cycle n’est pour autant pas mis de côté. Le 30 avril, l’exécutif a publié le décret autorisant l’augmentation des capacités de l’usine d’enrichissement Georges-Besse II située sur le site du Tricastin. Conformément au plan présenté par Orano en 2023, le texte acte la création de quatre nouveaux modules de production dans la partie nord de l’usine qui en compte déjà six. La partie sud de Georges-Besse II compte, elle, huit modules d’enrichissement.

Le décret précise que le projet d’extension permettra à terme de porter la production annuelle de l’usine de 7,5 à 10 millions d’UTS, soit une hausse de près de 30 % par rapport à sa capacité actuelle. En parallèle, le texte rappelle que « la première introduction d’hexafluorure d’uranium dans l’extension nord est subordonnée à l’accord préalable de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection ». Dans ce cadre, Orano devra soumettre un dossier à l’ASNR un an avant la mise en service de la première unité pour obtenir l’aval du régulateur.

Ce décret marque une étape intermédiaire dans le projet d’Orano. Annoncé en 2023, le préfet de la Drôme a signé le permis de construire pour l’extension au milieu de l’année 2024, avec un lancement officiel du chantier en octobre de la même année. En décembre 2025, Orano indiquait dans un communiqué : « Le chantier avance dans les meilleures conditions, avec le respect du budget et du planning. » Selon le calendrier annoncé, le démarrage des nouvelles unités devrait intervenir progressivement à partir de 2028, pour une mise en service complète en 2030.

Le chantier représente un coût global de 1,7 milliard d’euros, et bénéficie d’un prêt de 400 millions d’euros de la part de la Banque européenne d’investissement. Le lancement de l’extension de Georges-Besse II est motivé par la volonté du Vieux Continent de limiter sa dépendance aux importations de combustible et d’uranium enrichi en provenance de Russie. Pour rappel, en 2024, Rosatom disposait de 46 % des capacités mondiales d’enrichissement et assure environ 30 % des besoins américains et européens.

Une montée en puissance à grande échelle

Bien entendu, ce projet vise aussi à accompagner plus largement la relance du nucléaire français, qu’Orano doit porter à la fois sur l’amont et l’aval du cycle. Dans ce cadre, l’entreprise française se renforce progressivement. Par exemple, fin avril 2026, Orano a inauguré un nouveau bâtiment à Pierrelatte dédié à ses équipes d’ingénierie, permettant de doubler sa capacité d’accueil de 300 à 600 personnes. « La réalisation des projets stratégiques, d’une dimension inédite, implique une montée en puissance des compétences sans précédent : 500 recrutements d’ingénieurs et de techniciens chaque année, permettant de doubler les effectifs d’ingénierie du groupe d’ici 2030 », souligne le groupe dans un communiqué. ■

Par Simon Philippe, Sfen

Image : Chantier de l’extension de Georges-Besse II en novembre 2025. ©Orano Group