France : un parc nucléaire performant - Sfen

France : un parc nucléaire performant

Publié le 27 janvier 2016 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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Avec une production de 417 térawattheures (TWh), le parc nucléaire français a dépassé ses objectifs et amélioré ses résultats 2015 par rapport à 2014. Pourquoi, comment ? Eléments de réponse. 

 

Une production supérieure à l’objectif

EDF, exploitant des centrales nucléaires françaises, s’était fixé pour objectif 2015 la production de 410 à 415 TWh d’électricité nucléaire. « Avec 416,8 TWh, nous avons dépassé le haut de la fourchette ! » s’enthousiasme Philippe Sasseigne, directeur du parc nucléaire de l’électricien.

Malgré des températures clémentes et un programme industriel d’envergure – le grand carénage – qui peut impacter la disponibilité de certaines centrales, le parc nucléaire obtient de « très bons résultats » estime M. Sasseigne « en amélioration par rapport à 2014, qui était déjà une très bonne année avec 415,9 TWh. » Soit une hausse d’un térawattheure et une progression de 0,2 %.

Aux Etats-Unis et en Finlande aussi, les centrales nucléaires affichent des taux de disponibilités record. De l’autre côté de l’Atlantique, le facteur de charge moyen des 99 réacteurs nucléaires était de 91,9 % permettant de dépasser le record enregistré en 2007 de 90,1 %. Idem sur les bords de la Baltique, où les centrales nucléaires de Loviisa et d’Olkiluoto ont atteint des taux disponibilité historiques.

 

Les clés du succès : modernisation et organisation 

En France, comme aux Etats-Unis et en Finlande, les bonnes performances et le taux de disponibilité s’expliquent pour l’essentiel par les travaux de modernisation menés dans les centrales.

Tous les 12 ou 18 mois, un réacteur est arrêté pour que le combustible nucléaire soit changé et que des travaux de maintenance soient réalisés. « Nous avons eu des années difficiles en 2012 et 2013 avec des arrêts de tranches prolongés » confie Philippe Sasseigne et d’ajouter : « En 2014, nous avions fortement réduit nos prolongations d’arrêt de tranche. En 2015 nous avons confirmé nos progrès avec une prolongation moyenne passée à huit jours et demi ». Autre motif de satisfaction pour le directeur du parc nucléaire : « 14 de nos arrêts de tranche sur 46 sont arrivés à l’heure, parfois même avec une avance de plusieurs jours ».

La disponibilité des réacteurs dépend de plusieurs paramètres dont la capacité à maîtriser la durée des arrêts pour maintenance et remplacement de combustible. EDF a développé une nouvelle organisation de ces arrêts, pour permettre de mieux respecter les délais : le centre opérationnel de pilotage des arrêts de tranche (COPAT). Ce programme, inspiré de la pratique américaine de l’« Outage Control Center », permet de coordonner en continu, 24h sur 24, une campagne d’arrêts de tranche et d’améliorer le partage d’informations entre les chantiers en cours.

« Ce qui nous pénalise encore, ce sont les arrêts très lourds, type visite décennale, pour lesquels nous devons faire beaucoup mieux. » précise Philippe Sasseigne. Récemment, EDF a indiqué avoir revu à 51 milliards d’euros courants le montant du programme Grand carénage sur la période 2014-2025 (contre 55 milliards d’euros prévus initialement), à la suite d’un travail de « lissage » des investissements et d’optimisation des choix techniques. 

 

Des objectifs toujours plus ambitieux

Sur la base de ces résultats encourageants, l’exploitant nucléaire souhaite aller encore plus loin. « Nous voulons descendre sous les sept jours de prolongation moyenne des arrêts. Nous voulons aussi diminuer au maximum le nombre d’événements qui nous conduisent à réduire ou à stopper la production » indique Philippe Sasseigne.

Si EDF a enregistré 7 arrêts automatiques de plus qu’en 2014 (38 pour 31), l’électricien veutinverser la tendance : « Notre objectif est de passer en-dessous de 25 » rappelle le Directeur du parc nucléaire.

Côté production électrique, EDF a pour ambition de « dépasser les 420 TWh par an ». Un objectif atteignable avec la modernisation du parc et la mise en service de l’EPR de Flamanville. L’EPR offre la possibilité d’effectuer des opérations de maintenance sans arrêter le réacteur, ce qui lui permettra d’atteindre un taux de disponibilité moyen de 92 %.

En matière de sécurité, le Parc nucléaire d’EDF s’est fixé des objectifs ambitieux : « En 2015, nous avons bien progressé en réduisant de plus de 10 % les accidents de travail avec arrêt. Nous voulons atteindre un taux de fréquence [1] global, salariés EDF et entreprises partenaires, de 2 dès 2018. » ajoute Philippe Sasseigne.

 

Le nucléaire, une énergie disponible 24h/24h

A l’exception des arrêts pour maintenance, programmés ou fortuits, une centrale nucléaire produit de l’électricité en permanence. Il n’en est pas de même pour toutes les sources d’électricité. La disponibilité des moyens de production renouvelables par exemple, est bien moindre. Dans son ouvrage Dormez tranquille jusqu’en 2100 , Jean-Marc Jancovici estime qu’ « à la fin de l’année, l’éolienne fournit autant d’électricité que si elle produit à pleine puissance 15 à 25 % du temps ». Si la France souhaitait remplacer la production électrique nucléaire par des éoliennes, « il faudrait installer 3 à 4 fois plus de puissance en éolien qu’en nucléaire » estime le fondateur du Shift Project… 

[1] Le taux de fréquence est le nombre d’accidents avec arrêt de travail supérieur à un jour, survenus au cours d’une période de 12 mois, par million d’heures travaillées.

Crédit photo : EDF

Publié par Isabelle Jouette (SFEN)

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