États-Unis : un prêt de 17,5 milliards de dollars pour la chaine d’approvisionnement nucléaire
Afin d’atteindre l’objectif de dix réacteurs AP1000 d’ici 2030, le Département de l’Énergie américain (DOE) lance un programme de prêts pouvant atteindre 17,5 milliards de dollars. L’objectif : sécuriser les commandes des composants critiques et redonner des capacités à une chaîne d’approvisionnement nucléaire largement affaiblie depuis trois décennies.
Le DOE a dévoilé, fin juin, un nouveau dispositif de soutien financier : 17,5 milliards de dollars de prêts destinés à la chaîne d’approvisionnement nucléaire américaine. Cette enveloppe doit permettre « financer l’achat d’articles à long délai de fabrication nécessaires à la reconstruction de la chaîne d’approvisionnement nucléaire commerciale américaine », explique le DOE dans son communiqué.
Ce dispositif s’inscrit dans un objectif ambitieux : la construction de dix réacteurs AP1000 d’ici 2030, fixé par le président Donald Trump dans son décret exécutif de juillet 2025 intitulé Reinvigorating the Nuclear Industrial Base. Le secrétaire à l’Énergie Chris Wright assure que « ces prêts conditionnels joueront un rôle important dans la relance de la chaîne d’approvisionnement pour que les États-Unis puissent à nouveau construire des réacteurs commerciaux à grande échelle »
Un prêt conditionnel
Le financement — porté par le Office of Energy Dominance Financing et le DOE — permettra de soutenir jusqu’à cinq prêts. Chacun sera dédié à un site de projet distinct, sur lequel seront construits deux réacteurs nucléaires.
Westinghouse s’associera à cinq énergéticiens éligibles, réparties sur le territoire américain, afin d’acheter à prix fixe les composants nécessitant les délais de fabrication les plus longs.
Condition sine qua non pour bénéficier du prêt : Westinghouse et chacun de ses partenaires énergétiques « devront engager entièrement leur part de capital, soit 500 millions de dollars chacune (1 milliard de dollars par projet) », précise le DOE. Les entreprises concernées devront aussi satisfaire à un ensemble d’exigences techniques, juridiques, environnementales et financières.
Jusqu’à trois ans gagnés sur la construction des réacteurs
Cette stratégie d’achat en volume vise à redonner un second souffle à l’industrie nucléaire américaine, en garantissant le financement nécessaire à la reconstruction d’une chaîne d’approvisionnement aujourd’hui fragilisée. Les États-Unis n’avaient plus mis en service de grand réacteur pendant près de trente ans avant l’entrée en exploitation de Vogtle 3 (2023) puis de Vogtle 4 (2024).
Selon l’administration américaine, cette approche doit permettre de réduire le coût des composants, d’améliorer la logistique et surtout de raccourcir jusqu’à trois ans le calendrier de construction des futurs réacteurs. ■
Par Floriane Jacq, Sfen
Image: Le président américain Donald Trump écoute le ministre de l’Énergie Chris Wright lors d’une table ronde ©ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP