COP21, vers un nouveau protocole de Kyoto - Sfen

COP21, vers un nouveau protocole de Kyoto

Publié le 31 décembre 2014 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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Du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France accueillera la 21e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP21). Après la rencontre au sommet de Lima en 2014 qui a posé les bases d’un futur traité mondial, l’enjeu de la COP21 est crucial : les délégations des 195 pays négociateurs devront adopter un accord international qui définira le cadre d’une transition vers une économie bas carbone. L’énergie nucléaire s’affirme ici comme un atout dans la prévention du dérèglement climatique.

La planète se réchauffe à un rythme inédit et dangereux ! Les conclusions du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat [1] (GIEC) chargé de faire une synthèse des études scientifiques sur cette question ont démontré que l’intensification du dérèglement climatique due à l’activité humaine est une certitude et que l’inaction internationale aurait des conséquences catastrophiques sur les sociétés et sur les économies : sécheresses, élévation du niveau des mers, tempêtes, pertes agricoles…

Le dioxyde de carbone (CO2) est le principal élément responsable du réchauffement climatique. Or, ses émissions dans l’atmosphère ne cessent de croître : elles ont été estimées à 36  milliards de tonnes en 2013. Toujours selon le GIEC, elles ont augmenté plus rapidement entre  2000 et 2010 qu’au cours des trois décennies précédentes. La situation est d’autant plus préoccupante que la demande d’électricité devrait doubler d’ici 2030, liée à la fois à la croissance démographique (plus de 9 milliards d’habitants en 2050) et au développement des pays émergents.

Une rencontre décisive pour le climat

Aujourd’hui, l’objectif est de limiter la hausse de la température moyenne de la planète à 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle. « Les mesures à prendre sont sans commune mesure avec les initiatives prises jusqu’à présent, avertit le GIEC. Elles impliquent de réduire de 40 à 70 % les gaz à effet de serre d’ici 2050 par rapport au niveau de 1990, et de les supprimer totalement d’ici la fin du XXIe siècle. L’un des axes essentiels de la politique à conduire doit être de parvenir à tripler, voire quadrupler entre 2010 et 2050 l’énergie neutre en carbone produite notamment à partir des énergies renouvelables et du nucléaire. »

C’est l’objet de l’accord qui devrait être conclu lors de la COP21. Ce défi ambitieux implique une forte volonté politique des pays négociateurs. La Chine, désormais le plus gros pollueur de la planète a annoncé, début novembre, un engagement historique : la diminution de ses émissions de gaz à effets de serre « autour de 2030 » (le pays mise sur l’alliance des énergies bas carbone et le développement, depuis plusieurs années, d’un vaste -programme nucléaire). Les États-Unis se sont engagés dans une réduction de 26 à 28 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2025 par rapport à leur niveau de 2005. Considérée comme la meilleure élève, l’Union européenne s’est accordée sur une réduction de ses émissions de GES de 40 % en 2030 puis de 60 % en 2040. Des négociations seront menées toute l’année pour parvenir à un consensus à la COP21 sachant que l’accord conclu devra entrer en vigueur dès 2020.

Sous le signe de l’exemplarité environnementale

La France dispose déjà d’un atout de poids : un taux d’émission de CO2 par unité de PIB parmi les plus bas des pays développés, trois fois inférieur à celui des États-Unis et plus de dix fois inférieur à celui de la Chine. Actuellement, le projet de loi sur la transition énergétique prévoit de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050 et de réduire la consommation d’énergies fossiles de 30 % en 2030 par rapport à 2012. Au-delà d’un accord diplomatique, le pays aspire à la conclusion d’une « alliance mondiale pour le climat » et soutient le développement d’un agenda des solutions composé d’initiatives multipartites et de mesures concrètes sur des secteurs à fort potentiel de réduction des émissions de GES.

Le nucléaire, énergie bas carbone plébiscitée

Se concentrer sur une ou deux technologies pour lutter contre le réchauffement climatique constituerait un pari risqué. Les experts s’accordent pour considérer que la solution est de freiner le recours aux énergies fossiles au profit d’un mix énergétique bas carbone. Le dernier rapport du GIEC valorise le développement des énergies renouvelables (éolien, biomasse, solaire, hydroélectricité…), des centrales thermiques fossiles avec séquestration du carbone… et du nucléaire. Un recours accru au nucléaire, son doublement par exemple, pourrait économiser jusqu’à 5 à 6 milliards de tonnes de rejets de CO2 par an, selon l’Agence Internationale de l’Énergie.

 
ZOOM SUR 
 
Les teneurs en CO2 sous haut contrôle
 
Le dioxyde de carbone (CO2) est un des gaz à l’origine de l’effet de serre aux côtés, entre autres, de la vapeur d’eau, du méthane, des oxydes d’azote et de l’ozone. Cependant, c’est le CO2 qui contribue le plus au changement climatique : à hauteur de 25 %. Sa concentration dans l’atmosphère a augmenté de 40 % depuis l’âge préindustriel pour atteindre le taux de 400 ppm (partie par million) en 2013. Un chiffre alarmant car pour ne pas dépasser 2 °C d’augmentation de la température moyenne du globe avant 2050 (seuil au-delà duquel les conséquences sur l’environnement et les sociétés humaines seraient catastropiques), la concentration atmosphérique de CO2 doit rester impérativement au-dessous de 450 ppm.Dans les années 1970, les climatologues ont défini un « budget carbone » de 3 000 milliards (gigatonnes) de tonnes de CO2 au-delà duquel le changement climatique serait irréversible. Les deux tiers de ce budget sont déjà consommés. Pour ne pas franchir la ligne jaune, les scientifiques estiment qu’un tiers des réserves pétrolières, la moitié des réserves de gaz et plus de 80 % du charbon devront rester sous terre jusqu’à 2050 (étude publiée par la revue Nature N° 517, janvier 2015)
 


Le GIEC a été établi en 1988 par l’organisation météorologique mondiale (WMO) et le programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP).

Par la Rédaction