États-Unis : un prêt de 17,5 milliards de dollars pour la chaine d’approvisionnement nucléaire - Sfen

États-Unis : un prêt de 17,5 milliards de dollars pour la chaine d’approvisionnement nucléaire

Publié le 3 juillet 2026 - Mis à jour le 7 juillet 2026
Afin d’atteindre l’objectif de dix réacteurs AP1000 d’ici 2030, le Département de l’Énergie américain (DOE) lance un programme de prêts pouvant atteindre 17,5 milliards de dollars. L’objectif : sécuriser les commandes des composants critiques et redonner des capacités à une chaîne d’approvisionnement nucléaire largement affaiblie depuis trois décennies.

Le DOE a dévoilé, fin juin, un nouveau dispositif de soutien financier : 17,5 milliards de dollars de prêts destinés à la chaîne d’approvisionnement nucléaire américaine. Cette enveloppe doit permettre « financer l’achat d’articles à long délai de fabrication nécessaires à la reconstruction de la chaîne d’approvisionnement nucléaire commerciale américaine », explique le DOE dans son communiqué.

Ce dispositif s’inscrit dans un objectif ambitieux : la construction de dix réacteurs AP1000 d’ici 2030, fixé par le président Donald Trump dans son décret exécutif de juillet 2025 intitulé Reinvigorating the Nuclear Industrial Base. Le secrétaire à l’Énergie Chris Wright assure que « ces prêts conditionnels joueront un rôle important dans la relance de la chaîne d’approvisionnement pour que les États-Unis puissent à nouveau construire des réacteurs commerciaux à grande échelle »

Un prêt conditionnel

Le financement — porté par le Office of Energy Dominance Financing et le DOE — permettra de soutenir jusqu’à cinq prêts. Chacun sera dédié à un site de projet distinct, sur lequel seront construits deux réacteurs nucléaires.

Westinghouse s’associera à cinq énergéticiens éligibles, réparties sur le territoire américain, afin d’acheter à prix fixe les composants nécessitant les délais de fabrication les plus longs.

Condition sine qua non pour bénéficier du prêt : Westinghouse et chacun de ses partenaires énergétiques « devront engager entièrement leur part de capital, soit 500 millions de dollars chacune (1 milliard de dollars par projet) », précise le DOE. Les entreprises concernées devront aussi satisfaire à un ensemble d’exigences techniques, juridiques, environnementales et financières.

Jusqu’à trois ans gagnés sur la construction des réacteurs

Cette stratégie d’achat en volume vise à redonner un second souffle à l’industrie nucléaire américaine, en garantissant le financement nécessaire à la reconstruction d’une chaîne d’approvisionnement aujourd’hui fragilisée. Les États-Unis n’avaient plus mis en service de grand réacteur pendant près de trente ans avant l’entrée en exploitation de Vogtle 3 (2023) puis de Vogtle 4 (2024).

Selon l’administration américaine, cette approche doit permettre de réduire le coût des composants, d’améliorer la logistique et surtout de raccourcir jusqu’à trois ans le calendrier de construction des futurs réacteurs. ­■

Par Floriane Jacq, Sfen 

Image: Le président américain Donald Trump écoute le ministre de l’Énergie Chris Wright lors d’une table ronde ©ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP