La durée de vie des réacteurs nucléaires - Sfen
SURETÉ NUCLÉAIRE ET PROLONGATION DU PARC

La durée de vie des réacteurs nucléaires Chapitre 5

La durée de vie des réacteurs nucléaires
Publié le 2 juin 2026 Mis à jour le 2 juin 2026

Un réacteur nucléaire n’a pas réellement de date de « péremption ».  En France, la durée de vie d’un réacteur nucléaire n’est pas fixée à l’avance par son décret d’autorisation ; cette durée dépend de l’état réel des composants et des améliorations apportées au fil du temps, notamment à la suite des « examens périodiques de sûreté ».

Avec le remplacement de leurs équipements, les installations nucléaires peuvent être considérées comme étant de plus en plus sûres. Certaines parties ne peuvent toutefois pas être remplacées (cuve et enceinte de confinement) et c’est leur capacité à fonctionner en toute sûreté qui fixe la limite de leur durée de vie.

Un réacteur n’a pas de durée d’exploitation maximale fixe. La mise à l’arrêt d’un réacteur dépend de l’entretien, du remplacement des équipements, du résultat des examens périodiques de sûreté, de la politique nucléaire et énergétique du pays.

En France, par exemple, c’est une décision politique qui a conduit à l’arrêt de la centrale de Fessenheim en 2020, après à peine 43 années de fonctionnement. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à l’époque jugeait de son côté la centrale comme l’une des plus sûres de France.

À titre de comparaison, la « jumelle » américaine de Fessenheim, la centrale de Beaver Valley, a reçu en 2009 l’autorisation de fonctionner jusqu’à 60 ans. Et certains réacteurs américains et russes ont déjà reçu une autorisation d’exploitation jusqu’à 80 ans. C’est le cas par exemple des deux réacteurs de la centrale de North Anna, située en Virginie aux États-Unis, mis en service à la fin des années 1970.

80 ans
la durée d’exploitation déjà autorisée pour plusieurs centrales nucléaires américaines et russes

Sur un réacteur de dernière génération comme l’EPR, les éléments non remplaçables d’un réacteur sont dès le départ conçus pour fonctionner au minimum 60 ans.

Les plus vieux réacteurs

Dans le monde, la plus vieille centrale encore en activité est celle de Beznau, plus précisément sont unité 1, dans le canton d’Argovie en Suisse. Mis en service en 1969, le réacteur a reçu en fin d’année 2024 l’autorisation de fonctionner au moins jusqu’en 2033.

D’autres réacteurs ont été mis en service la même année : Tarapur 1 et 2 en Inde et Oyster Creek et Nine Mile Point 1 aux États-Unis. Les réacteurs de la centrale indienne ont d’ailleurs été connecté au réseau avant Beznau 1 mais ont commencé quelques mois après à produire de l’électricité commercialement.

En France, le premier réacteur à avoir été construit est Chinon A1 (de technologie Uranium naturel graphite gaz (UNGG)) en Indre-et-Loire. Mis en service en 1963, il n’a fonctionné que dix ans. Aujourd’hui les plus vieux réacteurs à eau légère sur le territoire sont ceux de Bugey, mis en service commercial en 1979.

En Russie, l’Autorité de sureté du pays vient d’approuver une prolongation de 15 ans (donc jusqu’en 2040) de la durée d’exploitation du réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium BN-600 qui a démarré en 1980 et qui depuis fonctionne très régulièrement.

Réexamen périodique de sûreté

Grâce aux travaux menés par l’exploitant en vue de leur exploitation au-delà de 40 ans, les centrales nucléaires sont de facto toujours plus sûres. Outre le renouvellement des équipements selon les meilleures technologies disponibles, les exigences de sûreté sont également, périodiquement, rehaussées et les moyens de contrôle de plus en plus perfectionnés.

En France, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) procède à un réexamen périodique de sûreté de chaque réacteur tous les dix ans. À l’issue de cet examen, elle prescrit à l’exploitant les modifications et améliorations nécessaires, et se prononce sur la poursuite de l’exploitation. Le franchissement du seuil des quarante ans fait l’objet d’un examen particulièrement approfondi, avant toute autorisation de fonctionnement au-delà de la durée de vie initialement prévue.

Aux États-Unis, une centrale nucléaire reçoit une licence d’exploitation de 40 ans qui est renouvelée par tranche de 20 ans, si elle continue de remplir tous les critères de sûreté auprès de la NRC (Nuclear Regulatory Commission). ■