La ressource naturelle - Sfen
L'URANIUM

La ressource naturelle Chapitre 2

La ressource naturelle
Publié le 2 juin 2026 Mis à jour le 2 juin 2026

L’uranium a été découvert en 1789 par le chimiste allemand Martin Heinrich Klaproth. Le nom d’uranium a été donné en l’honneur de la planète Uranus, lors de sa découverte la même année.

C’est un métal gris abondant dans l’écorce terrestre : il est 10 000 fois plus rare que le fer mais 1 000 fois plus abondant que l’or. Dans le sol, on en retrouve en moyenne 2 à 3 grammes par tonne de roche. Géologiquement, l’uranium entre dans la composition de plus de deux cents minéraux. Comme la plupart des métaux, tels que le fer, le cuivre, le plomb, l’or, l’uranium se trouve dans des roches cristallines comme le granite, ou dans des roches sédimentaires telles que les grès, les phosphates, les argiles, ou encore les schistes. L’uranium est également présent dans des proportions infimes dans les océans, dissout dans l’eau (environ 3,3 milligrammes par tonne d’eau).

Malgré sa présence un peu partout sur le globe, il est inégalement réparti et ne présente un intérêt, en termes de ressources, que dans des gisements concentrant suffisamment d’uranium.

Le minéral contenant de l’uranium le plus abondant sur Terre est l’uraninite (UO2), un oxyde d’uranium. La pechblende (U3O8) correspond à de l’uraninite ayant subi une oxydation.

Les roches constituant un gisement sont qualifiées de « minerai » lorsque la concentration en uranium est suffisante. Celle-ci doit s’élever au minimum à 0,01%, soit 100 ppm. À ce stade, le gisement est considéré de très basse qualité. Il faut monter jusqu’à 200 000 ppm d’uranium, soit 20%, pour considérer un gisement de très haute qualité.

Des gisements sont répartis un peu partout sur le globe, principalement en Australie, en Namibie, en Russie, au Canada et au Kazakhstan. L’uranium y est extrait dans des mines souterraines ou à ciel ouvert ou par lixiviation, une technique de récupération du minerai depuis la surface par dissolution. Actuellement, le Kazakhstan est le plus gros producteur d’uranium, suivi par le Canada.

De nouvelles campagnes d’exploration ont permis d’identifier de nouveaux gisements de tailles conséquentes au Canada et en Australie.

On distingue les réserves, des ressources. Ces dernières quantifient l’ensemble des minerais identifiés dans le sol. Les réserves correspondent, elles, à la part des ressources récupérables dans le sol au regard des coûts d’exploitation et des conditions techniques et technologiques.

L’inventaire annuel montre que les réserves de ce métal sont suffisamment abondantes pour permettre un développement durable du nucléaire, tout au long du XXIème siècle et au-delà. Selon le Livre rouge, l’inventaire de référence de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) mis à jour tous les deux ans, les ressources mondiales identifiées sont supérieures à 8 millions de tonnes, soit l’équivalent de plus d’un siècle de consommation au rythme actuel.  Ces ressources ont été régulièrement révisées à la hausse ces dernières années car les campagnes de prospection se multiplient, découvrant de nouveaux gisements. Il faut ajouter à ce chiffre les « ressources supplémentaires estimées », celles dont les études démontrent l’existence, évaluée à plus de 8 millions de tonnes également.

La consommation d’uranium au niveau mondial est d’environ 60 000 tonnes par an. Avec le développement actuel du nucléaire dans le monde, elle devrait monter à 100 000 en 2040 et à 310 000 en 2100. Au total, ce sont environ 15 millions de tonnes d’uranium à produire d’ici 2100. Dans la situation où le parc nucléaire mondial se développerait davantage, les consommations annuelles d’uranium s’afficheront bien sûr à la hausse. On pourrait y faire face de plusieurs manières : en intensifiant la prospection, car il y a de toute évidence d’importantes réserves d’uranium encore non identifiées dans le monde ; en récupérant l’uranium dans les phosphates, où il est présent en quantités importantes : on estime à environ 22 millions de tonnes l’uranium ainsi récupérable (estimation du Département de l’énergie des États-Unis – ou DOE) ou dans les schistes noirs ; en extrayant l’uranium de l’eau de mer, etc. ■