Cigéo : enquête publique ouverte, les points clés avec Lydie Évrard (Andra) - Sfen

Cigéo : enquête publique ouverte, les points clés avec Lydie Évrard (Andra)

Publié le 18 mai 2026

À l’ouverture de l’enquête publique sur la demande d’autorisation de création de Cigéo, la RGN revient sur les principaux enseignements de l’entretien accordé en avril ernier par Lydie Évrard, directrice générale de l’Andra. L’occasion d’éclairer les enjeux techniques, industriels et sociétaux d’un projet appelé à structurer durablement la gestion des déchets radioactifs en France.

À partir du lundi 18 mai 2026 et jusqu’au 2 juillet prochain, tous les citoyens sont invités à s’exprimer sur la demande d’autorisation de création (DAC) de Cigéo, le programme françaisde stockage géologique des déchets radioactifs. En avril dernier, la RGN rencontrait Lydie Envrard, directrice générale de l’Andra qui porte ce projet. Rappelant que le stockage géologique est la solution de référence mondiale, elle rappelle que c’est un projet indispensable pour la France. Quelques éléments clés de l’entretien.

Sur la référence technologique

« Cigéo est une infrastructure essentielle pour la […]. L’entreposage actuel n’est en effet qu’une solution temporaire : seul le stockage géologique profond est la solution permettant d’assurer la protection des personnes et de l’environnement sur le long terme pour ce type de déchets. C’est aujourd’hui la solution de référence reconnue au niveau international, inscrite dans les standards de sûreté de l’AIEA »

Sur la sûreté de l’installation

« La sûreté repose sur les caractéristiques du milieu géologique et sur la conception même du stockage – des colis robustes, placés à 500 mètres de profondeur dans une couche d’argile imperméable, assurant une rétention durable des radionucléides sur des centaines de milliers d’années. Il s’agit d’une sûreté dite passive, qui ne dépend pas d’une action humaine à long terme. Elle combine des barrières techniques et des caractéristiques géologiques particulièrement favorables. »

Sur le dialogue avec la société civile

« Il est essentiel que nous apportions à la société civile les réponses les plus complètes pour répondre à ses interrogations […]. Les débats publics permettent de replacer le projet dans une vision globale de la gestion des déchets radioactifs, et de mieux appréhender les attentes pour mieux y répondre. Des concepts clés comme la « phase industrielle pilote» ou la « réversibilité » sont directement issus de la concertation avec la société civile. Informer le public sur la gestion des déchets radioactifs fait partie des missions confiées à l’Andra par la loi. Notre responsabilité est d’expliquer avec pédagogie, clarté et humilité ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas encore, ce que le projet est et ce qu’il n’est pas. Il s’agit de permettre à chacun de se forger sa propre opinion. »

Sur le passage à l’étape industrielle

« La prochaine étape majeure sera l’enquête publique, prévue au printemps 2026, sui- vie de la préparation du décret d’autorisation de création (DAC), qui sera pris après avis du Conseil d’État. Viendront ensuite les phases de réalisation, de terrassement, puis la mise en service, définie comme le stockage du premier colis, à l’horizon 2050. La phase industrielle pilote permettra de conforter le caractère réversible et la démonstration de sûreté de l’installation, notamment par un programme d’essais in situ, et de prendre en main progressivement l’exploitation du stockage. »

Sur la transmission intergénérationnelle

« Diriger un projet multigénérationnel, c’est aussi organiser la transmission des compétences, des connaissances, de la mémoire, mais aussi des valeurs de sûreté et de responsabilité vis-à-vis des générations futures. Cigéo n’est pas un projet que l’on « termine », c’est un projet dans lequel on s’investit, auquel on contribue et que l’on transmet.  »

Retrouvez ici l’iontégralité de l’interview avec Lydie Evrard. ■

Par Ludovic Dupin, Sfen

Image : Lydie Evrard, DG de l’Andra, en visite au laboratoire de Bure – ©Andra