Flamanville 3 : l’EPR achève ses essais de démarrage et ouvre un nouveau cycle industriel - Sfen

Flamanville 3 : l’EPR achève ses essais de démarrage et ouvre un nouveau cycle industriel

Publié le 5 mai 2026

Après près de deux ans d’essais, de montée en puissance progressive et de validations techniques, l’EPR de Flamanville a achevé son programme de démarrage. Une étape industrielle majeure qui ouvre désormais sa première phase d’exploitation, avant un premier arrêt d’importance : la VC1.

L’EPR de Flamanville a franchi une étape décisive. Le 27 avril 2026, EDF a confirmé l’achèvement complet des essais de démarrage du réacteur. Cette annonce marque la fin d’une séquence industrielle de près de deux ans, commencée avec le chargement du combustible au printemps 2024 et ponctuée par plusieurs jalons majeurs.

Cette étape dépasse le simple cadre d’une mise en service classique. Avec Flamanville 3, la France boucle le démarrage de son premier réacteur nucléaire neuf depuis plus de vingt-cinq ans et reconstitue, en grandeur réelle, un savoir-faire industriel appelé à redevenir central avec le programme EPR2. « L’accostage d’un nouveau réacteur à notre flotte de 56 unités est un moment majeur. L’EPR de Flamanville a terminé ses 34 séquences d’essais de démarrage. Le réacteur est maintenant pleinement en exploitation », explique Étienne Dutheil, Directeur de la division production nucléaire chez EDF

Deux ans de réalisations

Le véritable point de départ de cette séquence remonte au 8 mai 2024, date à laquelle EDF achève le chargement du combustible dans la cuve du réacteur, après validation de l’Autorité de sûreté nucléaire. Avec l’introduction des 241 assemblages combustibles, Flamanville 3 entre en phase d’installation nucléaire active.

Quatre mois plus tard, le 3 septembre 2024, l’EPR franchit une nouvelle étape essentielle et technique avec sa divergence, moment où la réaction nucléaire en chaîne devient auto-entretenue dans le cœur du réacteur. C’est, en quelque sorte, le premier battement du cœur nucléaire de l’installation.

La montée en puissance se poursuit ensuite par paliers successifs, conformément à la logique de mise en service d’un réacteur de génération III+. Contrairement à une centrale en exploitation courante, un réacteur neuf doit être éprouvé dans de multiples configurations : variations de charge, arrêts programmés, sollicitations dynamiques des systèmes de sûreté, validation des automatismes et qualification des performances de la turbine. Chaque palier constitue une étape de vérification.

Le 21 décembre 2024, Flamanville 3 injecte pour la première fois de l’électricité sur le réseau national. Et le réacteur atteint sa puissance nominale maximale près d’un an plus tard, le 14 décembre 2025. Avec ses 1 650 MWe, l’EPR devient alors le réacteur le plus puissant du parc nucléaire français. Une des dernières grandes démonstrations techniques a été de valider son essai d’îlotage à pleine puissance le 7 avril 2026. Cet exercice consiste à simuler une perte du réseau électrique externe tout en maintenant l’alimentation autonome des systèmes internes de la centrale.

En route vers la VC1

« La mise en exploitation de l’EPR marque l’engagement et les efforts de toute la filière nucléaire française. Nous sommes tous très fiers de compter au sein du parc nucléaire un réacteur de 3éme génération », se réjouit Étienne Dutheil. Désormais, EDF prépare déjà la prochaine grande échéance du réacteur : sa première visite complète (VC1). Cet arrêt réglementaire, prévu pour durer environ 350 jours, constitue le premier grand rendez-vous industriel du réacteur. Cette visite complète permettra de réaliser un ensemble d’opérations de maintenance lourde, d’inspections approfondies et de contrôles réglementaires. Parmi ces exigences figure notamment le remplacement du couvercle de cuve, conformément aux prescriptions initiales d’exploitation, ainsi que plusieurs inspections détaillées sur les équipements majeurs de l’installation. EDF prévoit pour cette séquence la mobilisation de 2 500 intervenants et près de 20 000 opérations techniques. ■

Par Ludovic Dupin, Sfen
Image : EPR de Flamanville – @EPR