Frappes à proximité de sites nucléaires en Iran et en Israël : une vigilance accrue, sans impact radiologique à ce stade
En Iran comme en Israël, des installations nucléaires se sont retrouvées à proximité immédiate d’opérations militaires. Aucun dommage ni relâchement radioactif n’est constaté, mais l’AIEA alerte sur la gravité de telles situations.
Les développements récents autour du conflit au Moyen-Orient ont placé, à deux reprises en quelques jours, des installations nucléaires à proximité immédiate d’opérations militaires. Des évènements qui ont bien évidement suscités une attention particulière, notamment de la part de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), les informations disponibles à ce stade convergent : aucune installation nucléaire n’a été endommagée et aucune anomalie radiologique n’a été détectée.
Frappe à proximité de Bouchehr
Le premier incident concerne la centrale nucléaire de Bouchehr, unique site de production électronucléaire en exploitation en Iran. Selon les informations transmises par les autorités iraniennes et confirmées par l’AIEA, un projectile a frappé et détruit une structure située à environ 350 mètres du réacteur. L’impact n’a toutefois causé ni dommage au réacteur lui-même, ni blessure parmi le personnel. L’opérateur Rosatom indique quant à lui que c’est unezone adjacente au bâtiment du service de métrologie qui a été touché
Construit avec l’appui de la Russie, le site de Bouchehr abrite un réacteur de type VVER-1000, en service depuis 2011, ainsi qu’une unité supplémentaire actuellement en construction. L’opérateur russe indique avoir pris des mesures de précaution en réduisant ses effectifs présents sur place, avec l’évacuation d’une partie du personnel et de leurs familles.
Pour Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, cet incident constitue un signal d’alerte. « Toute attaque contre ou à proximité d’une centrale nucléaire viole les principes fondamentaux de sûreté et de sécurité en situation de conflit armé et ne devrait jamais avoir lieu », a-t-il rappelé, soulignant la nécessité de préserver en toutes circonstances l’intégrité des installations et la sécurité des personnels.
Au cœur du nucléaire israélien
Quelques jours plus tard, un second épisode a concerné le site nucléaire israélien de Dimona, situé dans le désert du Néguev. Un missile balistique tiré depuis l’Iran a visé la zone, mais est tombé à environ cinq kilomètres de l’installation. Là encore, aucun dommage n’a été signalé sur le site nucléaire lui-même. En revanche, l’impact a touché une zone résidentielle voisine, faisant plusieurs dizaines de blessés.
L’AIEA indique ne disposer d’aucune information faisant état d’un impact sur le centre de recherche nucléaire du Néguev. Les données communiquées par les États de la région ne signalent par ailleurs aucune élévation anormale des niveaux de radioactivité.
Le site de Dimona, mis en service dans les années 1960, occupe une place particulière dans le paysage nucléaire mondial. Associé au programme nucléaire israélien, il est l’un des sites les plus protégés du pays.
Appel à la retenue
Dans les deux cas, l’agence onusienne insiste sur un point essentiel : si les installations n’ont pas été atteintes, leur proximité avec des frappes militaires constitue en elle-même un facteur de risque majeur. Rafael Grossi appelle ainsi à une « retenue militaire maximale », en particulier dans l’environnement des infrastructures nucléaires, afin d’éviter tout incident susceptible d’avoir des conséquences radiologiques. ■