Tempête Goretti : Flamanville mise en sûreté, réparations sur le poste électrique en cours - Sfen

Tempête Goretti : Flamanville mise en sûreté, réparations sur le poste électrique en cours

Publié le 12 janvier 2026 - Mis à jour le 20 janvier 2026

[Mis à jour le 20 janvier 2026] Des équipements de postes électriques de la centrale nucléaire de Flamanville ont subi des dégâts après le passage de la tempête Goretti sur la Normandie les 8 et 9 janvier. EDF a procédé à l’arrêt des deux unités en fonctionnement. Les réacteurs resteront hors service jusqu’au 1er février le temps de réaliser des réparations.

Pour le réseau électrique français, l’année 2026 débute dans le dur. La tempête Goretti a balayé plusieurs régions françaises dans la nuit du 8 au 9 janvier, entraînant des coupures de courant pour environ 380 000 foyers. Cet événement météorologique a lourdement touché la Normandie, et mis à l’arrêt la centrale de Flamanville. « La déconnexion des réacteurs nucléaires relève typiquement des dispositions pour assurer la mise en sécurité des installations en cas de conditions d’exploitation anormales », souligne EDF à la RGN.

En plus de la mise à l’arrêt complète des unités 1 et 3 (l’unité 2 est actuellement en maintenance programmée), des équipements des postes électriques de 400 kV ont été endommagés et doivent être remplacés. « Ces travaux doivent être réalisés hors tension. Cette mise hors tension entraîne la mise hors service temporaire du transformateur auxiliaire de Flamanville 3 conduisant à maintenir l’unité de production à l’arrêt en application des procédures d’exploitation », précise EDF dans un communiqué publié le 10 janvier. Ainsi, les réacteurs n°1 et n°3 de la centrale seront maintenus à l’arrêt jusqu’au 1er février, le temps de réaliser les travaux.

Une centrale hors réseau

Tenant compte des prévisions météorologiques, EDF a réduit la puissance des unités 1 et 3 respectivement à 30 % et 55 % le jeudi 8 janvier au matin. Dans la nuit, le passage de Goretti a entraîné des conditions anormales sur le réseau électrique. Le réacteur n°1 s’est ilôté vers minuit : il s’est déconnecté du réseau et a produit uniquement l’électricité nécessaire à sa propre consommation. L’îlotage permet d’assurer la sécurité du réacteur en cas de défaillance du réseau, tout en offrant la possibilité d’un retour rapide de production lorsque les conditions normales d’exploitation sont rétablies.

Pour l’EPR de Flamanville 3 – qui a atteint sa pleine puissance en décembre 2025« la turbine a déclenché à 00 h 45 », à la suite de la perte de la ligne haute tension extérieure au site sur l’unité de production n°2. Ces mesures permettent de mettre en sécurité la turbine. Isolées du réseau national, les unités 2 et 3 ont donc été alimentées par le réseau de la centrale. Puis progressivement lors de la journée du samedi 10 janvier, EDF a mis à l’arrêt l’ensemble de la centrale pour pouvoir débuter les travaux de réparations sur les lignes 400 kV. En parallèle des opérations d’EDF, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a activé de manière préventive son centre de crise le 9 janvier. Pour rappel, cette situation n’est pas inédite. En 2023, la centrale de Flamanville avait du îloter ces deux unités de production lors dû passage de la tempête Ciaran.

L’implication du sel 

Dans un nouveau point de situation suite au passage de la tempête Goretti sur la centrale de Flamanville, EDF en dit plus sur les raisons de la mise en sûreté des unités de la centrale et les dommages sur les appareils électriques. 

Selon un nouveau diagnostic, ce sont les vents forts qui auraient entraîné le dépôt de sel marin (embruns) sur les traversées qui relient les transformateurs du site à la ligne 400 kV du réseau électrique. La ligne très haute tension s’est alors mise hors service pour protéger les équipements. En réponse, l’unité 1 s’est automatiquement îlotée par sécurité le 8 janvier à 23h50 et a été mis à l’arrêt complet le 10. 

L’unité 2, en maintenance programmé, a aussi été affectée par les sels marins, mais quelques jours après le passage de la tempête. En effet, l’alimentation via le transformateur auxiliaire (remis en service le 9 janvier à 17 heures) a été interrompue le dimanche 11 janvier, vers midi. « Le diagnostic a révélé une conduction extérieure due à la présence de sel marin. », indique EDF. L’unité 2 a également subi une perte de la ligne 400 kV le jour de la tempête, mais son origine (vent ou sel) n’a en revanche pas été communiquée. 

Concernant l’unité 3 (EPR), « des défauts électriques ont amené à la mise à l’arrêt de la turbine et de l’alternateur [le 9 janvier, jour de la tempête] », détaille le communiqué. Le transformateur auxiliaire de l’EPR, branché sur la ligne 400 kV de l’unité 2, a également perdu son alimentation. En raison des procédures liées à l’indisponibilité du transformateur auxiliaire et d’un diesel de secours en maintenance, l’unité a été complètement arrêté le lendemain.

« Les diagnostics se poursuivent pour réaliser les opérations correctives sur les traversées (isolateurs) », précise EDF à la RGN. À date, deux isolateurs au moins de l’unité 1 doivent être remplacés et des opérations de maintenance sont prévus sur l’alternateur de l’EPR. EDF précise que les deux réacteurs (1 et 3) devraient être redémarrés le 1er février 2026. 

EDF n’a pas plus communiqué sur l’implication du sel sur ces dommages, ni s’il avait déjà été à l’origine d’autres événements de ce type sur d’autres centrales côtières en France.

Par Simon Philippe (Sfen)

Image : Les conditions anormales de réseau ont entraîné un îlotage de l’unité 1 et une déconnexion de l’unité 3. L’unité 2 est, elle, en maintenance. ©EDF