Aucune solution pour les déchets radioactifs ? - Sfen

Aucune solution pour les déchets radioactifs ?

Publié le 25 juillet 2013 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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Depuis plus de 20 ans, l’Andra (l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) travaille à l’élaboration de solutions de stockage permettant de gérer les déchets radioactifs de manière sûre pour l’homme et pour l’environnement. Pour les déchets les plus radioactifs, l’Andra propose le projet Cigéo, un centre industriel de stockage géologique situé à 500 mètres sous terre qui utilise l’argile pour ralentir la dispersion de la radioactivité des déchets le temps que celle-ci diminue. Décryptage.   

Cigéo: la solution du stockage géologique

En France, les études menées dans le laboratoire souterrain, situé sur la commune de Bure mettent en avant les propriétés remarquables de l’argile :

  • une très faible perméabilité qui permet de retarder et de limiter sur une très longue période la dispersion de la radioactivité contenue dans les déchets radioactifs.
  • une stabilité (éprouvée depuis plusieurs dizaines de millions d’années) et une épaisseur (de plus 130 mètres) qui garantissent un niveau élevé de sûreté pour l’environnement et les populations locales.

Depuis le début des années 1990, l’Andra étudie un centre de stockage à environ 500 mètres sous terre pour y stocker les déchets les plus radioactifs produits en France. Appelé Cigéo, pour centre industriel de stockage géologique, le projet, s’il est accepté, devrait être implanté à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne et pourrait être mis en service dès 2025. Une fois que le centre de stockage aura atteint sa capacité maximum (d’en plus une centaine d’années environ), la réversibilité du stockage permettra aux générations suivantes de décider de son évolution. Voudront-elles fermer définitivement Cigéo à l’issue du remplissage ? Choisiront-elles de faire évoluer les concepts de stockage ? Ou encore, voudront-elles récupérer les colis en vue d’une utilisation nouvelle ?   

Le principe du stockage géologique

Les colis de déchets radioactifs seront stockés dans une installation souterraine implantée à 500 mètres de profondeur. Pour assurer le confinement des déchets sur de très longues périodes de temps sans nécessiter d’actions humaines, les ouvrages de Cigéo devront ensuite être refermés. Cette fermeture se fera par étape. La profondeur de Cigéo, sa conception et son implantation dans une roche argileuse imperméable et dans un environnement géologique stable permettront ainsi de mettre les déchets à l’abri des activités humaines et des événements naturels de surface, et d’isoler les déchets radioactifs de l’homme et de l’environnement de manière définitive. Après la fermeture du stockage, au-delà de la durée de vie des ouvrages industriels, la couche d’argile très peu perméable, de plus de 130 mètres d’épaisseur, dans laquelle sera installé le stockage souterrain, servira de barrière naturelle pour retenir les éléments radioactifs contenus dans les déchets et freiner leur déplacement.

Le stockage permet ainsi de garantir leur confinement sur de très longues échelles de temps. Seuls quelques-uns de ces éléments radioactifs, les plus mobiles et dont la durée de vie est longue, pourront migrer de manière très étalée dans le temps. Ils ne sortiraient pas de cette couche avant 100 000 ans et atteindraient en quantités extrêmement faibles la surface et les nappes phréatiques. Leur impact radiologique serait alors plusieurs centaines de fois inférieur à la radioactivité naturelle (qui est de 2,4 mSv par an en moyenne en France).  

Les analogues naturels

Les gisements d’uranium, même très anciens (entre 1,5 et 2 milliards d’années) n’ont pas perdu leurs éléments radioactifs lorsque les zones minéralisées étaient emballées dans une couche d’argile, le plus souvent beaucoup moins épaisse que celle de la région où le projet Cigéo pourrait se développer.

  • La carrière d’Oklo (Gabon) en 1977: A Oklo, la nature a confiné des éléments radioactifs comparables à ceux qui seraient entreposés à Cigéo pendant deux milliards d’années, et sans barrière ouvragée ni emballage spécial. Ce phénomène a été rendu possible grâce à la couche d’argile épaisse de quelques mètres qui protège les éléments radioactifs de l’eau présente en abondance dans la roche.
  • La mine d’uranium de Cigar Lake (Canada): Formé il y a un milliard cinq cents millions d’années, le gisement de Cigar Lake est l’un des plus riches au monde. Situé à 400 mètres de profondeur, il a pu conserver son uranium grâce à l’épaisse couche d’argile formée au-dessus de la mine.

 

Par la rédaction

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