République tchèque : Temelín vise une exploitation à 80 ans - Sfen

République tchèque : Temelín vise une exploitation à 80 ans

Publié le 30 juillet 2026 - Mis à jour le 4 août 2026

Après Dukovany, la centrale nucléaire de Temelín engage les travaux préparatoires pour une exploitation jusqu’à 80 ans. Entre sûreté, modernisation et investissements, cette prolongation est indispensable pour répondre à la hausse de la demande en électricité en République tchèque.

C’est désormais au tour de la centrale nucléaire de Temelín d’engager les travaux préparatoires à une exploitation pouvant atteindre 80 ans. Le gouvernement tchèque a annoncé en juillet 2026 que la centrale « devrait également fonctionner jusqu’à 80 ans ».

L’électricien tchèque ČEZ sera chargé de mener les opérations nécessaires à cette extension de la durée d’exploitation. Le groupe avait déjà engagé, dès avril, des travaux préparatoires en vue de prolonger l’exploitation des quatre réacteurs de Dukovany jusqu’à 80 ans.

L’exploitation à 80 ans des centrales, une étape logique

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Karel Havlíček ajoute que  « étendre le fonctionnement des centrales nucléaires tchèques jusqu’à 80 ans est une étape logique. Bien sûr, la condition préalable est de maintenir toutes les normes de sécurité nécessaires. La consommation d’électricité augmentera, nos centrales nucléaires sont en parfait état, il est donc juste de commencer à investir dès maintenant pour permettre une exploitation à long terme ».

Daniel Beneš, PDG de ČEZ enchérie : « Nous évaluerons régulièrement à la fois l’état technique des centrales électriques et les conditions de sécurité et économiques de l’exploitation à long terme ».

En République tchèque, la durée d’exploitation des centrales nucléaires n’est pas fixée car elle dépend de facteurs clés. « Le critère clé est l’état des composants critiques pour la sécurité. L’exploitation ne peut être prolongée que si l’opérateur démontre, lors de cycles réguliers, que toutes les exigences de sécurité sont respectées, que l’équipement est bien géré, qu’il est en état technique adéquat et que des ressources financières et humaines adéquates sont disponibles », a expliqué Štěpán Kochánek, président de l’Office d’État pour la sécurité nucléaire.

80 ans : vers un nouveau standard

La République Tchèque est le premier pays européen à initier le processus de prolongation de ses centrales nucléaires à 80 ans. En France, le cadre réglementaire ne fixe pas de durée de vie limite a priori pour les réacteurs. Chaque réacteur est soumis à une visite décennale qui l’autorise ou non à fonctionner. Les unités les plus anciennes de ce parc atteignent peu à peu la barre des 40 ans et EDF envisage leur prolongation au-delà de 60 ans. Quant aux futurs EPR2, ils sont d’ores-et-déjà conçus pour 60 ans au minimum.

Longtemps considérée comme exceptionnelle, l’exploitation jusqu’à 80 ans tend progressivement à devenir une nouvelle référence internationale. Les États-Unis comptent déjà 23 réacteurs autorisés à fonctionner jusqu’à cet horizon et étudient désormais les conditions d’une exploitation jusqu’à 100 ans. Le Japon a lui aussi adapté son cadre réglementaire afin de permettre une exploitation au-delà de 60 ans. ■

Par Floriane JACQ, Sfen 

Image: La centrale nucléaire de Temelín @ ČEZ