[EPR de Flamanville] La première visite complète débutera le 26 septembre pour 350 jours
Le samedi 26 septembre, le réacteur de Flamanville 3 entamera sa première visite complète (VC1), dernière grande étape réglementaire avant l’entrée de l’EPR dans son cycle normal d’exploitation. Au programme : un contrôle approfondi de l’installation, des épreuves réglementaires et plusieurs améliorations apportées aux équipements.
L’EPR de Flamanville 3 fonctionne bien. Plus encore, il dépote. Depuis sa connexion au réseau électrique français en décembre 2024, le 57e réacteur français a produit 9,9 TWh d’électricité. Sa puissance électrique nette atteint 1 600 MWe dans les conditions normales d’exploitation. « Nous avons largement dépassé la prévision initiale de production de 7 TWh, participant ainsi pleinement à l’atteinte des objectifs annuels d’EDF, compris entre 350 et 370 TWh par an, souligne Renaud Crassous, directeur adjoint performance de la division production nucléaire d’EDF, lors d’une conférence de presse le 22 septembre. Flamanville 3 devrait atteindre les 10 TWh avant le début de sa visite complète le 26 septembre. » Désignée sous le terme « VC1 » dans le jargon d’EDF, cette visite constitue le dernier grand point de contrôle pour le réacteur avant qu’il n’entre dans une routine opérationnelle jusqu’à sa première visite décennale.
24 000 heures de travaux
Pour mener à bien cette mission, rien n’est laissé au hasard : 20 000 activités seront réalisées sur 350 jours, pour un coût de plusieurs centaines de millions d’euros. « Toute la robinetterie va être contrôlée, prend pour exemple le directeur adjoint de la division production nucléaire. Au total, jusqu’à 2 500 personnes seront mobilisées sur le site, avec 200 entreprises partenaires. » Ces dernières sont à 95 % françaises, avec 40 % des activités réalisées par des entreprises normandes.
Le check-up de l’EPR comprend plusieurs inspections réglementaires majeures : l’inspection complète de la cuve du réacteur à l’aide d’un robot, une épreuve hydraulique du circuit primaire « à 206 bars contre 155 bars en fonctionnement normal », et un test de pression de l’enceinte à 5 bars pour en vérifier l’étanchéité. Bien d’autres opérations sont prévues sur les autres équipements pour s’assurer de leur bonne tenue dans le temps. En parallèle, l’unité recevra plusieurs améliorations notables, parmi lesquelles le changement du couvercle de cuve, arrivé sur le site depuis plusieurs mois. « Nous allons optimiser le contrôle-commande et remplacer les échangeurs du circuit de refroidissement intermédiaire », complète Renaud Crassous.
L’efficacité comme maître mot
« La visite complète n’est pas une spécificité de Flamanville 3, elle est prévue de longue date, détaille le représentant d’EDF. Nous sommes engagés dans une préparation intense de cette étape depuis le premier chargement du combustible en mai 2024. » Cette étape marque aussi le début d’un compte à rebours de 30 mois au terme duquel doit débuter la VC1. « Nous avons challengé le programme, fixé un planning et préparé les équipes à partir de ce moment-là pour optimiser au maximum le calendrier de réalisation », assure-t-il. EDF s’est aussi penché sur les questions logistiques au niveau territorial, pour faciliter le transport et le logement de ses équipes. « Nous faisons appel à des membres d’EDF issus d’autres installations pour mutualiser les compétences, note Renaud Crassous. Nous allons aussi bénéficier de l’expertise acquise avec le programme Start 2025, qui entre maintenant dans sa deuxième phase. »
Les dernières visites équivalentes, réalisées à Civaux et Chooz, ont duré de 190 à 200 jours. « Cet écart s’explique par la plus grande complexité du design de l’EPR et des évolutions réglementaires plus prescriptives qui impliquent naturellement plus d’opérations », souligne Renaud Crassous. Si le planning est tenu, l’EPR devrait de nouveau injecter ses électrons sur le réseau le 11 septembre 2027. ■