Relance du nucléaire : la Suède fluidifie ses démarches administratives - Sfen

Relance du nucléaire : la Suède fluidifie ses démarches administratives

Publié le 26 février 2026
Après avoir attribué des moyens financiers à la relance du nucléaire, le gouvernement suédois se penche sur le cadre réglementaire et la chaîne d’approvisionnement. L’exécutif a présenté plusieurs projets de loi pour faciliter les procédures d’autorisation, élargir les sites potentiels et soutenir les études de faisabilité.

La Suède entre dans le concret. Après avoir présenté, dans son projet de loi de finances 2026, les modalités de soutien au développement du nouveau nucléaire suédois, le gouvernement a listé une série de propositions réglementaires pour accompagner la relance de l’atome. « Nous ouvrons désormais le marché à un plus grand nombre d’acteurs, anciens et nouveaux, grands et petits, afin qu’ils puissent investir dans de nouvelles centrales nucléaires dans davantage de régions du pays », souligne Romina Pourmokhtari, ministre du Climat et de l’Environnement, dans un communiqué publié début février.

Cette nouvelle étape, qui s’inscrit dans le projet de développer 2,5 GW de nouvelles capacités d’ici à 2035, se divise en plusieurs axes. D’abord, l’exécutif souhaite fluidifier le processus d’évaluation des sites envisagés pour la construction de nouvelles centrales. « Le gouvernement propose également la possibilité d’obtenir une décision préalable contraignante sur les questions techniques afin de simplifier la procédure d’examen des demandes d’autorisation », détaille le communiqué.

Cette décision, renforçant la prévisibilité et la stabilité aux initiatives, sera complétée par une accélération des processus décisionnels des municipalités et du gouvernement, qui doivent rendre des avis pour les projets. Enfin, ce projet de loi permettra de « faciliter le redémarrage des centrales nucléaires arrêtées », explique Stockholm sans entrer dans les détails. Le pays compte 7 réacteurs arrêtés définitivement, dont quatre ont terminé leurs opérations commerciales entre 2013 et 2020.

Envisager de nouveaux sites

Un deuxième texte vise, lui, à modifier le Code de l’environnement suédois afin d’élargir les zones côtières susceptibles d’accueillir un prochain site nucléaire. La proposition de loi lève ainsi les interdictions pour « garantir que la législation ne constitue pas un obstacle au développement social et à la lutte contre le changement climatique, tout en préservant le patrimoine naturel et culturel ». La levée des interdictions s’accompagne cependant logiquement d’une évaluation au cas par cas des nouveaux sites qui seront envisagés par les développeurs.

Finalement, le gouvernement a annoncé que l’Agence suédoise de l’environnement allouera 20 millions de couronnes suédoises (1,9 M€) aux municipalités souhaitant réaliser des études de faisabilité pour accueillir un nouveau site nucléaire. Cela revient à doubler l’aide accordée jusqu’à présent pour la réalisation des études. « Ces nouvelles conditions créent les conditions favorables à l’investissement d’un plus grand nombre d’entreprises dans de nouvelles centrales nucléaires. Grâce à une concurrence accrue, nous pouvons contenir les coûts d’investissement, ce qui est avantageux pour les contribuables », déclare Niklas Wykman, ministre des Marchés financiers.

Focus sur la supply chain

En parallèle, le gouvernement a chargé Busines Sweden de « promouvoir la chaîne de valeur nucléaire suédoise, par le biais d’initiatives de promotion des exportations et des investissements ». Cette organisation, détenue conjointement par l’état et le secteur privé, avait déjà été mandatée par les autorités pour réaliser un état des lieux de la supply chain suédoise.

Cette nouvelle mission visera, elle, à « recenser les projets internationaux, en cours ou planifiés, afin d’identifier les synergies avec le programme nucléaire suédois ». D’autre part, Business Sweden identifiera les entreprises impliquées dans des projets de grande envergure ou soumis à des exigences de qualité élevées susceptibles d’intégrer la chaîne de valeur de l’atome.

« L’objectif est d’identifier les risques pesant sur le programme nucléaire suédois, tels que les retards et l’augmentation des coûts, et d’étudier la possibilité pour les entreprises suédoises de contribuer au développement de ces activités, tant en Suède qu’à l’international », souligne aussi le gouvernement dans son communiqué. ■

Par Simon Philippe (Sfen)

Image : Actuellement, le pays compte actuellement 6 réacteurs en opération pour 7 GW de capacité ©Vattenfall