Réduire la part du nucléaire coûterait 40 milliards d’euros - Sfen

Réduire la part du nucléaire coûterait 40 milliards d’euros

Publié le 30 septembre 2014 - Mis à jour le 28 septembre 2021
  • Économie
  • Transition énergétique
176220

En raison de l’absence d’évaluation financière dans l’étude qui évalue l’impact économique de la transition énergétique, les députés Hervé Mariton (UMP, Drôme) et Marc Goua (PS, Maine-et-Loire) ont été mandaté par la commission des finances de l’Assemblée nationale pour évaluer le coût de la fermeture anticipée de la centrale nucléaire de Fessenheim. Le rapport vient d’être rendu public.

De ce travail, trois chiffres sont à retenir. Tout d’abord, la diminution de la part du nucléaire à 50 % entraînerait la fermeture d’une vingtaine de réacteurs nucléaires. Deuxièmement, la fermeture d’une centrale comme celle de Fessenheim pourrait coûter jusqu’à 5 milliards d’euros. Et enfin, ces des éléments réunis pourrait conduire à un coût total de fermeture d’environ 40 milliards d’euros.

Considérant la fragilité budgétaire du pays, les deux parlementaires préconisent donc de reculer la date de fermeture de Fessenheim (initialement fixée à 2016) et de relâcher la contrainte de 50 % d’ici 2025. Des horizons de temps « trop courts » qui pourraient alourdir un peu plus le coût de la transition énergétique.

 

Réduire la part du nucléaire à 50 % pourrait conduire à la fermeture d’une vingtaine de réacteurs

S’ils ne sont pas défavorables à l’idée de diversifier le mix électrique, Marc Goua et Hervé Mariton estiment cependant qu’il n’est pas « raisonnable de précipiter artificiellement la baisse » de la part du nucléaire. Leur position s’appuie sur le fait qu’une telle diminution à horizon 2025 pourrait entraîner la fermeture d’une vingtaine de réacteurs nucléaires.

De son côté et de manière plus précise, la SFEN estime que cette diminution entraînerait la fermeture de 22 réacteurs de 900 MW (en plus de la fermeture de Fessenheim) après 40 ans d’exploitation (3 en 2018, 6 en 2019, 8 en 2020 et 5 en 2022) et la perte de près de 45 000 emplois.

S’il est régulièrement fait mention de l’opportunité de créer « une filière de démantèlement », il est fort à parier, compte-tenu des résultats des études qui ont été menées, que seuls 10 % de ces destructions d’emplois pourraient être compensés par les activités de déconstruction des installations nucléaires.

 

Fermer Fessenheim pourrait coûter 5 milliards d’euros à l’État

Le calcul des deux parlementaires repose sur l’hypothèse – crédible au vu des examens et des autorisations délivrées par l’ASN – d’une exploitation des réacteurs nucléaires jusqu’à 40 ans ainsi que de l’obligation d’indemniser les actionnaires (EDF et, dans une moindre mesure les actionnaires allemands et suisses de la centrale nucléaire).

Au vu de ces deux critères, différentes hypothèses se dégagent qui vont de 750 millions d’euros (fourchette basse) à 5 milliards d’euros (fourchette haute).

Les deux élus rappellent également que Fessenheim a atteint « son niveau de sûreté le plus élevé depuis sa construction ». En effet, avec 650 millions d’euros déjà investis (dont 280 alloués à la sûreté), Fessenheim est la centrale la plus rénovée de France.

La fermeture anticipée de Fessenheim aurait donc un coût financier (pouvant aller jusqu’à 5 milliards d’euros) mais également un coût social ; la centrale alsacienne emploie 2 000 personnes et impacte indirectement 5 000 personnes.

 

La fermeture d’une vingtaine de réacteur coûterait environ 40 milliards d’euros

En estimant le coût moyen de fermeture d’un réacteur nucléaire à 2 milliards d’euros, Marc Goua et Hervé Mariton estiment à 40 milliards d’euros la fermeture d’une vingtaine de réacteurs nucléaires. Ces coûts viendraient s’additionner au montant total de l’enveloppe allouée à la transition énergétique. Laquelle comprend le développement des énergies renouvelables (électriques et thermiques), l’adaptation du réseau électrique ou encore le renforcement de l’efficacité énergétique.  

Ainsi, compte-tenu du contexte budgétaire contraint, les deux députés estiment préférables de reporter dans le temps la fermeture de Fessenheim. L’équilibre du mix doit donc se faire en temps et en heure, à mesure de l’amélioration des performances économiques et techniques des énergies renouvelables.

 

Copyright photo – DIDIER MARC

Publié par Boris Le Ngoc

  • Économie
  • Transition énergétique