Rapport Stern : la croissance verte est possible (avec le nucléaire) - Sfen

Rapport Stern : la croissance verte est possible (avec le nucléaire)

Publié le 5 octobre 2014 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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Alors que l’étude du cabinet PwC Low Carbon Economy Index, 2 degrees of separation – ambition & reality montre une nouvelle fois que l’objectif de réduction de l’intensité carbone mondiale[1] est loin d’être atteint[2]. Et, dans un contexte français où la loi sur la transition énergétique souhaite promouvoir « la croissance verte ». Une commission animée par l’ancien président de la Banque mondiale, Nicholas Stern réunissant 24 chefs de gouvernement, d’entreprises, de la finance et de l’économie, a publié une étude intitulée Une meilleure croissance pour un meilleur climat. Il ressort de ces travaux qu’il est possible de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en préservant la prospérité des pays « riches » sans pour autant hypothéquer l’avenir des pays les plus « pauvres ».

Pour y arriver, il faudra opérer un virage à 180°. Ce changement de modèle passe par d’importants investissements pour que les technologies bas carbone puissent supplanter les énergies carbonées (pétrole et charbon en tête) sur lesquelles reposent l’économie mondiale. Selon les auteurs du Rapport Stern, les gains attendus sont énormes tant en termes de croissance que de santé publique.

Pour y arriver, ces experts de l’économie misent sur le développement de l’ensemble des énergies bas carbone. Et le nucléaire ne fait pas exception. Cité à plusieurs reprises aux côtés des énergies renouvelables, le nucléaire est intégré dans le « bouquet » des technologies à mobiliser pour atteindre l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

Les bénéfices d’une économie bas carbone

Si les investissements en faveur des énergies bas carbone représentent près de 100 milliards de dollars chaque année dans le monde, ils restent de loin inférieurs à ceux réalisés dans les énergies carbonées (environ six à dix fois moins selon les estimations du FMI et de la Banque mondiale).

Ces énergies polluantes dominent la consommation énergétique mondiale, ce qui n’est pas sans conséquence sur l’environnement et la santé des populations. Ainsi, selon le rapport Stern, dans les 15 pays émettant le plus de gaz à effet de serre, les dépenses de santé liées à la pollution de l’air s’élèveraient à 4,4 % de leurs PIB. Pour la Chine, le chiffre atteint même 10 % du PIB.

Un chiffre qui fait écho aux évaluations de l’Organisation Mondiale de la Santé qui estime à plus de 7 millions le nombre de personnes tuées chaque année dans le monde par la pollution atmosphérique. 

Un bénéfice humain est donc à attendre d’une réorientation des investissements vers des technologies neutres en carbone. Le rapport ajoute que ces investissements, loin d’asphyxier l’économie, seront une source de croissance à court, moyen et long terme. « Si nous choisissons l’investissement faible émission de carbone, nous pouvons générer une croissance forte, de haute qualité – et pas seulement dans l’avenir, mais maintenant. » promet Nicolas Stern.

 

Contre le changement climatique, l’énergie nucléaire, une technologie bas carbone comme une autre ?

Le rapport Stern est un rapport d’économistes. Le problème est ainsi posé : face à l’urgence climatique, quelles sont les énergies disponibles aujourd’hui qui n’émettent pas de CO2 ?

Ainsi, sans porter une attention particulière à telle ou telle énergie, le rapport cite à plusieurs reprises le nucléaire comme l’une des technologies devant être utilisées. On retrouve donc le nucléaire entre la biomasse et la géothermie dans le chapitre dédié aux énergies renouvelables qui ont déjà fait leurs preuves :

[the newclimate economy report – Rapport stern]

 

Dans le chapitre relatif à la qualité de la croissance, le rapport cite le nucléaire aux côtés des énergies nouvelles, de l’hydroélectricité et du gaz naturel pour contrebalancer l’expansion du charbon dans le mix électrique et améliorer la qualité de l’air :

[the newclimate economy report – Rapport stern]

 

D’ici à 2030, le rapport prévoit un rôle important du nucléaire dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre (plus important même que celui du solaire et de l’éolien) :

[Bénéfices de réduction des émissions de CO2 pour 2030]

Bénéfices de réduction des émissions de CO2 pour 2030

 

 

Se concentrer sur une ou deux technologies pour lutter contre le réchauffement climatique constituerait un pari incertain, voire risqué. Après les climatologues du GIEC et les gouvernements membres du G7, les économistes l’ont compris et tous considèrent aujourd’hui le nucléaire pour ce qu’il est : une technologie bas carbone, qui peut, à son échelle, être une partie de la solution face à ce grand défi.

 

[1] Les émissions de gaz à effet de serre par dollar de PIB.

[2] Selon PwC, d’ici à 2100 les pays du G20 devront diminuer de 6,2% par an leurs émissions de carbone contre un taux de décarbonisation de 1,2% actuellement.

 

Publié par Boris LE NGOC

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