Portrait – Morgane Lambour, la passion de l’énergie - Sfen

Portrait – Morgane Lambour, la passion de l’énergie

Publié le 28 février 2015 - Mis à jour le 28 septembre 2021
morganelabour

Morgane Lambour, 26 ans, est l’une des cinq ingénieurs sûreté de la centrale de Penly. Sa mission : vérifier que l’installation répond, à toutes les échelles, aux exigences de sûreté. Présentation du métier avec une jeune femme curieuse et impliquée.

Observer, fouiller, décrypter, vérifier… Morgane Lambour est en quelque sorte une tête chercheuse. Chercheuse de quoi ? « Des écarts, aussi minimes soient-ils, par rapport au référentiel sûreté ». Le référentiel sûreté, c’est ce document qui fixe l’ensemble des obligations que doit remplir l’installation pour garantir sa sûreté. « Une sorte de code de la route qui liste toutes les exigences matérielles, techniques ou organisationnelles que doit remplir l’exploitant pour assurer la bonne marche du site. Je dois donc vérifier que ces exigences sont bien respectées. »

Cette ingénieure de 26 ans, formée à l’École des Mines de Nantes, spécialisation « qualité, sûreté de fonctionnement », voulait travailler dans le secteur de l’énergie. « J’ai toujours été attirée par les énergies, quelles qu’elles soient. Ce sont pour nous des ressources vitales et je suis convaincue de la nécessité de vivre dans un monde propre, conscient de ses ressources. Je souhaitais jouer un rôle dans tout ça. » Pour son stage de fin d’études, elle choisit de se frotter au nucléaire et passe six mois à la centrale de Dampierre-en-Burly. Puis elle décide de travailler dans le secteur. Après une candidature sur le site Web d’EDF, elle se voit affectée à Penly. « Au départ, même si j’étais contente d’avoir un poste, je n’étais pas ravie du lieu… Je souhaitais rester en dessous de Paris ! avoue cette native du Sud-Ouest. Au final, je me plais beaucoup en Normandie. »

La sûreté avant tout

Concrètement, qu’implique sa mission ? « Tout d’abord, j’interviens en appui-conseil auprès des métiers » : cela consiste à rappeler et à expliquer aux équipes les exigences de sûreté, à les aider à trouver des solutions en cas de problème. Morgane est aussi chargée de la vérification de l’installation, lors des astreintes : des journées où il faut être matinale, et se rendre sur chaque tranche pour relever les paramètres, vérifier la conformité de la salle des commandes, des plannings… L’après-midi est dédiée aux analyses sûreté, dans les services pour les vérifications du matériel et des locaux. Morgane insiste : « Nous sommes indépendants des personnes chargées de l’exploitation de la centrale, et avons un droit d’alerte à l’égard de la direction si une limite risque d’être franchie, ou si une dérive est constatée. Il peut arriver que l’on soit en désaccord… Quand on débute, ce n’est pas simple ! »

Pour une exploitation « responsable »

Dernière partie du travail : la mise à jour des référentiels, au fil des évolutions réglementaires. Du travail « de bureau », ce n’est pas la partie que Morgane préfère… « Ce qui me motive le plus, c’est d’être sur le terrain, dans les services. Là, je peux agir en anticipation, en amont d’une activité ou d’un écart, pour faire en sorte que les métiers prennent les bonnes décisions. Faire de la prévention, en quelque sorte. » C’est là qu’elle a le plus la sensation de jouer ce rôle qui lui tient à cœur : « Quoi qu’on en dise ou pense, aujourd’hui, le nucléaire est là. Nous ne pourrions pas nous en passer. J’apporte ainsi ma pierre à l’édifice, en œuvrant à une exploitation responsable de la centrale. »

Pour la suite, cette ingénieure sait déjà qu’elle voudra faire du management et gérer une équipe. Et, pourquoi pas, explorer d’autres branches de l’énergie, « comme l’hydraulique. Mais le nucléaire en soi est déjà très intéressant, à la fois techniquement et humainement… Je n’exclus rien. J’ai le temps ! » 

Par la Rédaction