Pollution : les externalités positives du nucléaire - Sfen

Pollution : les externalités positives du nucléaire

Publié le 31 mai 2016 - Mis à jour le 28 septembre 2021
  • Nuclear4Climate
  • OMS
  • Pollution
  • Santé

Ces dernières années, la pollution est devenue le principal risque environnemental pour la santé dans le monde. Le tribut humain est immense : chaque année 3,7 millions de personnes meurent prématurément à cause de la pollution atmosphérique. Et le coût économique est considérable : les 53 pays européens membres de l’OMS y consacrent 1 430 milliards de dollars chaque année.

A la différence d’autres énergies, le nucléaire n’émet que très peu de polluants atmosphériques. A son échelle, il contribue à limiter une situation alarmante. Si les externalités liées à la pollution étaient prises en compte, les effets seraient positifs pour l’ensemble des énergies bas carbone, nucléaire et renouvelables.

De la France à la Chine, un enjeu de santé publique

Dans le monde, la qualité de l’air urbain continue de se dégrader avec une hausse moyenne de 8 % du taux de particules fines en dix ans. La situation est encore plus critique dans les villes où 8 citadins sur 10 respirent un air qui dépasse les recommandations sanitaires de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L’ampleur du phénomène est telle que la pollution de l’air est devenue le principal risque environnemental pour la santé. Selon l’OMS, 3,7 millions de personnes meurent chaque année prématurément à cause de la pollution atmosphérique.

Les pays en développement sont les plus touchés. Leur dynamisme économique repose sur une consommation croissante d’énergies fossiles. L’électricité y est le plus souvent produite à partir de charbon, le parc automobile individuel est en hausse… En Chine, près de 40 villes dépassent largement les seuils sanitaires recommandés par l’OMS, avec des niveaux de concentration en polluants atmosphériques (CO2, particules fines, oxyde d’azote…) compris entre 100 et 200 µg/m3. 

En France aussi, les pics de pollutions se multiplient et obligent les pouvoirs publics à prendre des dispositions. Cette semaine, le Conseil de Paris a voté l’interdiction pour certains véhicules de circuler dans la capitale, à partir du 1er juillet prochain.

Les conséquences de la pollution atmosphérique sur la santé des populations sont connues : accident vasculaire cérébral, maladies cardiaques, cancer du poumon, maladies chroniques et aiguës des voies respiratoires, etc.

Un gouffre financier 

Le Sénat a récemment évalué le coût de la pollution pour l’économie française à 100 milliards d’euros par an. Dans le détail, le rapport estime le coût sanitaire à 3 Mds€ par an, directement imputables aux dépenses de santé remboursées par l’assurance maladie pour des pathologies liées à la pollution de l’air. Quant au coût socio-économique, il se situe entre 68 et 97 Mds€. Les autres impacts de la pollution (érosion des bâtiments, baisse des rendements agricoles ou encore perte de biodiversité) sont évalués à 4,3 Mds€. 

A une autre échelle, dans une étude publiée en 2010, l’OMS et l’OCDE avaient évalué à 1 430 milliards de dollars le coût économique de la pollution aux particules et de la pollution intérieure dans les 53 pays européens membres de l’OMS.

Intégrer les externalités positives des énergies bas carbone

Les impacts économiques de la pollution sont protéiformes et touchent la santé, le PIB (coût des décès prématurés, des maladies et de l’absentéisme engendrés), la qualité de vie, les finances publiques (dépenses de santé), le patrimoine bâti (détérioration des façades)… Il s’agit là d’« externalités négatives ». Malheureusement, celles-ci ne sont pas imputées aux modes de production d’énergie responsables de leur origine. 

Si ces externalités étaient internalisées, les effets seraient positifs pour les énergies bas carbone comme le nucléaire, accroissant d’autant leur compétitivité par rapport aux énergies carbonées. Cette mesure viendrait compléter celle du prix plancher du carbone récemment mise en place. 

Mais aujourd’hui, seules les externalités négatives du nucléaire sont prises en compte. Ainsi, dans son rapport de 2014, la Cour des comptes calcule le coût de production électronucléaire en incluant l’ensemble du cycle de vie : de la construction au démantèlement de la centrale, en passant par la gestion des déchets radioactifs. A quand la prise en compte des externalités positives ?…

 

 
LES POLLUANTS ATMOSPHERIQUES
Les principaux polluants atmosphériques se répartissent suivant deux catégories :
> Les polluants primaires directement rejetés dans l’atmosphère proviennent des sources de pollution (trafic routier, industries, chauffage, agriculture…) : oxydes de carbone, oxydes de soufre, oxydes d’azote, particules (PM10 et PM2.5), métaux (plomb, mercure…), etc.
> Les polluants secondaires, pas directement rejetés dans l’atmosphère, sont issus de réactions chimiques de gaz entre eux comme l’ozone.
Certains polluants comme le dioxyde d’azote et les particules sont à la fois des polluants primaires et secondaires.
 
Plus d’informations sur www2.prevair.org
 

Crédit photo : EDF

Publié par Boris Le Ngoc (SFEN)

  • Nuclear4Climate
  • OMS
  • Pollution
  • Santé