Comment le parc nucléaire français capitalise sur les apports du numérique - Sfen

Comment le parc nucléaire français capitalise sur les apports du numérique

Publié le 5 juin 2018 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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Trois semaines avant INDEX, premier événement international dédié à la transformation numérique dans le nucléaire, tour d’horizon des technologies numériques qui modifient en profondeur les métiers de l’exploitation et de la maintenance.

Les smart tools pour optimiser et sécuriser la mobilité

Les outils connectés permettent aux travailleurs sur site d’accroître leur mobilité et de gagner en temps et en sécurité. Les applications sont nombreuses. Les opérations de consignation, qui consistent à sanctuariser un ensemble d’équipements afin de réaliser des opérations en toute sûreté et sécurité, sont facilitées. Les travaux sont aussi mieux surveillés grâce à la saisie et l’exploitation sur le terrain des constats dans des bases de données partagées, dont la rapidité d’utilisation et l’efficacité est bien supérieure à des dossiers papier. Enfin, la possibilité pour l’intervenant connecté de disposer rapidement de documents et de l’aide à distance et en direct d’experts est précieuse, en particulier pour les interventions dans des milieux confinés.

Les maquettes numériques pour faire bien du premier coup

Grâce à des photos et à des scans lasers, l’installation, telle qu’a été construite et telle qu’elle a ensuite évolué, est reconstituée en 3D. Cette cartographie des sites nucléaires permet d’avoir une reconstitution de l’installation, et de matérialiser ses évolutions dans le temps et l’espace. Auparavant, les modifications à apporter aux installations étaient effectuées d’après des plans correspondant aux différents types de réacteurs : 900 MW, 1300 MW ou 1450 MW. Désormais, les ingénieurs peuvent travailler sur une réplique exacte de chaque site, dans sa configuration réelle ­ou « telle que construite ».

Grâce à ces reconstitutions numériques, les ingénieurs ne sont plus obligés, pour procéder aux études de conception, de faire de multiples allers-retours entre les bureaux et le site. Le gain de temps est réel. Une fois cette reconstitution numérique effectuée, les modifications peuvent être simulées. Les maquettes, véritables portails d’accès, permettent aux intervenants d’accéder en un clic à toutes les données fonctionnelles liées aux équipements.


Ces maquettes 3D sont également des outils précieux dans l’optique de la déconstruction des centrales, notamment pour simuler les différents scénarios, afin de produire le moins de déchets possible, de faciliter leur évacuation et de renforcer la radioprotection des intervenants.

Le big data pour capitaliser sur les données des usines

Un électricien comme EDF, premier exploitant nucléaire au monde, dispose d’une masse importante de données sur le fonctionnement des réacteurs, accumulées au fil des années, et rendues totalement fiables par la rénovation complète du système d’information depuis dix ans. Les analyser et les valoriser est un enjeu majeur et un gage d’efficacité.

Le big data et les data analytics permettent désormais d’analyser de manière fiable et peu coûteuse ces données très nombreuses, constituées à l’échelle du parc nucléaire sur 10, 20, ou 30 ans de fonctionnement. Il s’agit de données classiques, dites “structurées”­ (mesures, âges des équipements, périodicités de la maintenance) et de données non structurées, comme les comptes rendus d’intervention. Pour les données non structurées, le recours à l’intelligence artificielle facilite l’identification des similitudes entre de multiples comptes-rendus, pour en tirer des enseignements. Le big data a un autre avantage­ : il contribue à la diminution des volumes de maintenance, au renforcement de la maîtrise du pilotage de l’exploitation et évite des indisponibilités du matériel, et donc optimise la production.

Fin avril, afin de mettre à la disposition de tous ces données pour les valoriser, l’exploitant EDF a mis en place une « usine » destinée à l’ensemble des secteurs de production du groupe, au-delà du nucléaire donc. Elle réunit des compétences rares (data scientists, data analysts, ingénieurs big data). En les mutualisant, « l’usine » accélère la diffusion des outils et des méthodes d’analyse sur le terrain, et permet de capitaliser sur les cas d’usages, par exemple le fonctionnement d’une turbine commune à tous les producteurs.

L’entreprise étendue pour améliorer et partager les process

L’entreprise étendue vise à relier grâce aux outils numériques les différents partenaires d’un projet : donneurs d’ordre et sous-traitants, exploitants et fournisseurs, ou différents corps de métiers au sein d’un même groupe. Elle permet d’améliorer les processus de travail. Grâce à des plateformes numériques collaboratives, les différentes parties prenantes d’un projet peuvent échanger en temps réel sur leurs avancées, leurs questions, leurs attentes, etc. Cet outil, largement utilisé dans l’industrie aéronautique, bénéficie petit à petit au nucléaire en diminuant les besoins de papiers et en facilitant les échanges d’informations. Cet outil, déjà utilisé dans certains projets nucléaires comme celui du réacteur de recherche RJH en construction, se met progressivement en place dans le parc nucléaire. Il prendra la forme d’une plateforme informatique sur laquelle seront présents tous les métiers de l’exploitant.


Par la rédaction

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