Nucléaire français : ce qui attend la filière en 2026 - Sfen

Nucléaire français : ce qui attend la filière en 2026

Publié le 5 janvier 2026

L’année 2026 s’annonce cruciale pour la filière nucléaire française. Entre la fin de l’Arenh et le lancement du Versement Nucléaire Universel, la décision sur les réacteurs EPR2 et le Sommet mondial de l’énergie nucléaire, plusieurs échéances majeures se confirment. Cependant, certains dossiers, comme la Programmation pluriannuelle de l’énergie et la loi Gremillet, restent en suspens, entre retards politiques et calendrier parlementaire.

Fin de l’Arenh et début du Versement Nucléaire Universel (VNU)

Dès le 1ᵉʳ janvier 2026, la sortie de l’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique) marquera la fin d’un mécanisme central de régulation du nucléaire historique. Ce dispositif controversé, mis en place en 2011, laissant place à un nouveau dispositif : le Versement Nucléaire Universel (VNU). Celui-ci reposera sur un système de seuils, en fonction du prix de vente de l’électricité, permettant à l’État de prélever une partie des revenus afin de les redistribuer.

La décision finale d’investissement (FID) pour les EPR2

L’une des échéances majeures à venir sera la décision finale d’investissement relative au programme des six nouveaux réacteurs EPR2. Le devis prévisionnel, préalablement validé par le conseil d’administration d’EDF et publié fin 2025, fera l’objet d’un audit au premier trimestre 2026 par la Délégation interministérielle au nouveau nucléaire (DINN). À l’issue de cette phase, la décision finale d’investissement est attendue d’ici la fin de l’année 2026.

Nuclear Energy Summit 2026

La France accueillera le second Sommet de l’énergie nucléaire le 10 mars 2026, co-présidé par le Président de la République, Emmanuel Macron, et Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA. Lors de la 69ᵉ Conférence générale de l’AIEA, Anne-Isabelle Étienvre, administratrice générale du CEA, avait déclaré que « la France entend faire de ce sommet une occasion unique de consacrer la reconnaissance du nucléaire, à la fois comme moyen de lutte contre le dérèglement climatique et comme garant de la sécurité de nos approvisionnements en énergie ».

Deuxième phase de l’appel à projets France 2030

Dans le cadre du plan France 2030, une première phase d’appel à projets a été consacrée à l’émergence de concepts français de petits réacteurs, ainsi qu’à l’évaluation de leur crédibilité scientifique, technologique et industrielle. Une deuxième phase est attendue en 2026, avec pour objectif de consolider “la preuve de concept”. Elle visera notamment l’approfondissement des dossiers de sûreté.

Un programme de travail attendu pour la filière RNR

Un Conseil de politique nucléaire, attendu au premier semestre 2026, devra examiner le programme de travail ainsi que la proposition d’organisation industrielle portés par les acteurs mobilisés sur les réacteurs à neutrons rapides (RNR) et le retraitement des combustibles. Ces enjeux sont centraux pour la fermeture du cycle du combustible et la gestion durable des matières nucléaires.

Mission parlementaire sur l’électrification

Le ministère de l’Économie Roland Lescure a confié au député du Haut-Rhin Raphaël Schellenberger une mission de six mois, débutant en janvier 2026, consacrée à l’identification et à la levée des freins à l’électrification des industriels. Celle-ci se déroulera en deux temps : un diagnostic approfondi des obstacles existants, puis la formulation de propositions législatives ou réglementaires visant à accélérer la transition électrique du tissu industriel.

Les jeunes du nucléaire se réunissent dans la cité des Papes

Après une édition 2024 organisée aux Émirats arabes unis, le Congrès international des jeunes du nucléaire (IYNC) se tiendra à Avignon du 4 au 9 octobre 2026, sous la présidence de Benoît Erbacher, ancien président de la SFEN Jeune Génération.

Et des échéances encore incertaines…

Certaines décisions importantes restent en suspens, prolongeant le climat d’incertitude dans la filière :

–        Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en suspens

La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) n’a toujours pas été publiée. Pourtant annoncée par le Premier ministre avant Noël, la publication du décret a été repoussée en raison du contexte politique. À ce jour, le dernier décret PPE en vigueur, daté du 21 avril 2020 (PPE-2), apparaît obsolète au regard des nouvelles perspectives de la filière nucléaire et des projets engagés. Il prévoit notamment la fermeture de 12 réacteurs nucléaires entre 2025 et 2035.

–        PPL Gremillet : une navette parlementaire inachevée

La navette parlementaire n’est pas encore achevée concernant la proposition de loi (PPL) dite « Gremillet », portée par le sénateur du même nom. Cette PPL vise à doter la France d’une loi programmatique sur l’énergie. Bien qu’adoptée en première lecture au Sénat, elle n’a, à ce stade, toujours pas été reprogrammée à l’Assemblée nationale pour une seconde lecture. Ce blocage prolonge l’incertitude juridique et politique. ■

Par Thomas Jaquemet, Sfen

Image : Emmanuel Macron en visite sur un site Framatome en janvier 2025 – © LUDOVIC MARIN / POOL / AFP