Législatives : les positions des principaux partis sur le nucléaire - Sfen

Législatives : les positions des principaux partis sur le nucléaire

Publié le 31 mai 2022 - Mis à jour le 9 juin 2022
  • élections
  • Politique énergétique

Depuis le 30 mai, la campagne des législatives est officiellement ouverte. Les alliances politiques pourront impacter l’avenir énergétique français. Afin d’y voir plus clair, la Sfen revient sur le positionnement des partis politiques concernant l’atome.

Ce 30 mai, la liste des 6293 candidats à la députation a été dévoilée et ce sont plus de 20 partis qui s’engagent dans la course, seuls ou en alliance afin d’arriver en tête des 577 circonscriptions. Les résultats de ces scrutins seront fondamentaux pour le Président de la république fraîchement élu et détermineront la trajectoire de ses ambitions énergétiques présentées lors du discours de Belfort en février dernier.

  • Ensemble !

Composés essentiellement de candidats de Renaissance (anciennement en Marche), Modem, et Horizon (le nouveau parti d’Édouard Philippe), ils soutiennent le projet présidentiel d’Emmanuel Macron. À savoir, le développement massif des énergies renouvelables : une multiplication par 10 de la puissance solaire et l’implantation de 50 parcs éoliens en Mer. Pour ce qui est du nucléaire, il s’agit de construire six réacteurs nucléaires de type EPR 2, ainsi que de mener des études pour huit tranches supplémentaires. Les candidats sous cette étiquette sont favorables à la prolongation des réacteurs actuels au-delà de 50 ans, avec l’accord de l’Autorité de sûreté nucléaire.

  • NUPES

La Nouvelle Union populaire écologique et sociale ou NUPES est l’alliance entre La France insoumise (LFI), Europe Ecologie-Les Verts (EELV), le Parti socialiste (PS) et le Parti communiste français (PCF). Elle s’est dotée d’un programme commun. Il y est inscrit un objectif de réduction des gaz à effet de serre à 65 % d’ici 2030 et la sortie des énergies carbonées. En parallèle, sont planifiés la sortie du nucléaire et l’abandon des projets EPR (pourtant bas carbones).
Ce dernier point semble être défendu par la majorité de candidats NUPES à l’exception des candidats du PCF. Lors de la présentation du programme, les différents orateurs ont souligné que les candidats du PCF pourraient librement porter une voix différente dans leur groupe parlementaire. À ce jour, les Communistes soutiennent un mix énergétique associant renouvelable et nucléaire. Dans l’hypothèse où Nupes serait majoritaire, la question du nucléaire pourrait être tranchée en passant par référendum.

  • Rassemblement national

Bien qu’un programme spécifique législatif n’ait pas encore été publié, il est fort à parier que les candidats sous l’étiquette du rassemblement national s’appuieront sur les propositions de Marine Le Pen, leur candidate à la présidentielle. Elle avance un « plan Marie Curie » qui un programme de relance du nucléaire à travers la construction de cinq paires d’EPR pour une livraison « à partir de 2031 », de cinq paires d’EPR2 pour une livraison « à partir de 2036 ». Elle soutient l’installation de petits réacteurs SMR « à partir de 2031 ». Elle vise aussi le démantèlement des éoliennes.

  • Reconquête !

Il est vraisemblable que les 549 candidats investis par Reconquête vont défendre le programme de leur candidat à la présidentielle Éric Zemmour. Ainsi il est fort à parier que nous allons retrouver dans les propositions des candidats Reconquête aux législatives l’ambition de quatorze nouveaux réacteurs nucléaires EPR à horizon 2050 et la prolongation de la durée de vie du parc existant à « 60 ans au moins », ainsi qu’une opposition aux éoliennes.

  • Les Républicains

Voulant mettre le résultat de la présidentielle derrière eux, les Républicains ont convenu d’un accord législatif avec l’UDI et ont investi 543 candidats. Leur programme ne devrait pas varier énormément des propositions de Valérie Pécresse qui avait manifesté sa volonté de « réinvestir dans le nucléaire en rénovant le parc existant ». Il est probable que les candidats investis seront favorables à la construction d’au moins six EPR. Ils viseront aussi révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie qui prévoit la fermeture de plusieurs réacteurs nucléaires d’ici à 2035.

 

Et les moins médiatique ?

Parmi les autres partis ayant rassemblé au moins 75 candidats, nous retrouvons différentes sensibilités vis à vis du nucléaire :

Favorable au nucléaire : le Parti Pirate, Le Mouvement de la Ruralité, Les Patriotes, la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS)

Contre le nucléaire : Région et peuple solidaire, l’Écologie au centre, Les Écologistes – Mouvement écologiste indépendant

Sans position : Le Parti ouvrier indépendant démocratique, le Parti animaliste et Lutte ouvrière. ■

Par Thomas Jaquemet (Sfen)
Photo : Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

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