Le gouvernement américain travaille à une stratégie pour l’uranium - Sfen

Le gouvernement américain travaille à une stratégie pour l’uranium

Publié le 18 mai 2022
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Dans un contexte de tension grandissante avec la Russie, le département américain de l’Énergie (DOE) cherche à renforcer l’indépendance énergétique américaine. Pour ce faire, la secrétaire américaine à l’Énergie, Jennifer M. Granholm (photo) a demandé d’avantage d’investissement et la mise en place d’un nouveau budget pour l’année 2023, à destination du parc nucléaire américain.

Dans le cadre du conflit en Ukraine et des embargos sur l’énergie en Russie, le département américain de l’Énergie (DOE) cherche à mettre en place une « stratégie globale pour l’uranium ». Le 5 mai 2022, la secrétaire américaine à l’Énergie, Jennifer M. Granholm, a défendu sa demande de budget pour l’année 2023 au cours d’une audience devant la commission de l’énergie et des ressources naturelles du Sénat américain.

Lors de cette audience, Jennifer M. Granholm a déclaré : « Nous voulons nous assurer, par exemple, que nous puissions être en mesure de fournir de l’uranium moyennement enrichi (HALEU – entre 5 et 20 %), ainsi que de l’uranium faiblement enrichi à notre parc nucléaire civil. Si nous prenons nos distances avec la Russie, nous voulons être certains que nous avons la capacité de continuer à maintenir à flot notre parc nucléaire ».

Cette stratégie, accompagnée de la demande d’un nouveau budget, doit permettre la mise en place de nouveaux investissements en vue d’accroître l’indépendance et la sécurité énergétique américaine tout en dotant le pays d’une énergie propre « made in USA ». A cela, vient s’ajouter des achats supplémentaires pour la réserve stratégique d’uranium pour laquelle le Congrès avait déjà alloué 75 millions de dollars en 2020. De plus amples informations sur cette stratégie, qui couvrira également la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement américaine complète pour le combustible HALEU, seront probablement annoncées dans le courant du mois de juin.

Une menace énergétique

Si le pétrole et le gaz russes sont au cœur de la problématique des sanctions des pays européens à l’encontre de la Russie, l’uranium enrichi, lui, représente un enjeu de taille pour les États-Unis. En effet, contrairement aux importations de pétrole russe qui ne représentent que 8 % des achats du pays, les importations américaines d’uranium proviennent à hauteur de 46 % de Russie, du Kazakhstan et d’Ouzbékistan.

Moscou menace les États-Unis de cesser toutes les exportations en réponse aux sanctions prises à son encontre. Face à cette menace, le sénateur Joe Manchin, président du comité, a souligné la nécessité pour les États-Unis de renforcer leur sécurité énergétique en éliminant toute dépendance américaine aux ressources provenant de nations « hostiles ». Celui-ci a ajouté que le président russe, Vladimir Poutine, avait déjà utilisé l’énergie et plus généralement les ressources naturelles russes afin d’exercer une pression sur les démocraties européennes par le passé et qu’il recommencerait, cette fois, à l’échelle mondiale.

Afin de contrer cette menace, en plus de l’interdiction d’importation de pétrole, de produits pétroliers, de GNL et de charbon russes, le DOE a mis en place une équipe dirigée par le Docteur Kathryn Huff, spécialiste dans le domaine de l’ingénierie nucléaire et récemment nommée au poste de secrétaire adjointe à l’énergie nucléaire. L’équipe a pour mission de développer une stratégie complète sur l’uranium par le biais d’un processus inter-agence. Cette stratégie doit permettre, à terme, d’accroître la sécurité et l’indépendance énergétique américaine ainsi que de fournir une énergie abordable et fiable à tous les Américains.

Par Sfen

Copyright photo : Nicholas Kamm / AFP

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