L'AIEA publie un premier rapport sur le plan de déversement des eaux contaminées à Fukushima - Sfen

L’AIEA publie un premier rapport sur le plan de déversement des eaux contaminées à Fukushima

Publié le 6 mai 2022
  • Eau
  • fukush
  • Japon

Alors que le Japon s’apprête à relâcher une partie des eaux contaminées au tritium au large de la centrale de Fukushima, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a initié une série de missions pour observer ces opérations. Elle a publié son premier rapport sur le sujet.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a organisé une série de mission au Japon afin d’évaluer les rejets d’eau en fonction des normes de sécurité sur le site de Fukushima. Elle a publié le 29 avril le premier de ses rapports sur le sujet. Il résume l’état d’avancement des préparatifs techniques de l’évacuation des eaux, avec les premières conclusions de la première mission d’examen de l’équipe de 15 experts, en février, auprès de Tepco, l’exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (FDNPS), et du ministère de l’Économie, du commerce et de l’industrie (METI).

Le Japon a annoncé l’année dernière qu’il prévoyait de déverser dans la mer les eaux traitées stockées à la centrale de Fukushima Daiichi sur une période d’environ 30 ans, et a demandé à l’AIEA d’examiner ses plans au regard des normes de sécurité de l’AIEA qui « reflètent un consensus international et servent de référence mondiale pour la protection des personnes et de l’environnement contre les effets nocifs des rayonnements ionisants ».

Limite mi-2022

En partie utilisée pour refroidir le combustible nucléaire fondu à Fukushima, l’eau est traitée et purifiée par le système avancé de traitement des liquides (ALPS) et a ensuite été stockée dans environ 1 000 réservoirs sur le site. Le système ALPS élimine la plupart des contaminations radioactives, à l’exception du tritium. La capacité totale de stockage des réservoirs sur le site s’élève à environ 1,37 million de mètres cubes et tous les réservoirs devraient être pleins vers la mi-2022.

Le rapport de l’AIEA comprend un résumé de l’examen des « caractéristiques de l’eau décontaminée par le ALPS, des aspects liés à la sécurité du système construit pour évacuer l’eau, de l’évaluation de l’impact environnemental radiologique, de la surveillance réglementaire, des programmes de surveillance des sources et de l’environnement, de la radioprotection professionnelle et de la participation des parties intéressées ».

Elle indique que « plusieurs domaines nécessitant des discussions et des clarifications supplémentaires ont été identifiés au cours de la mission, tels que la caractérisation du terme source (c’est-à-dire l’eau traitée par ALPS qui est rejetée), la manière dont le concept d’optimisation est pris en compte à différentes étapes du processus, l’application d’une contrainte de dose et de limites de rejet, et la manière dont les événements anormaux et les dangers externes, ainsi que leurs impacts, sont pris en compte ».

Des progrès significatifs

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, a déclaré : « Le Japon a fait des progrès significatifs dans ses préparatifs. La Task Force est satisfaite que Tepco et METI aient identifié les prochaines étapes appropriées pour le rejet d’eau prévu en 2023. Le travail va se poursuivre afin que la Task Force puisse fournir ses conclusions avant le rejet ».

Les pays voisins ont été alarmés par le projet du Japon, mais l’AIEA a déclaré que le niveau de tritium dans l’eau sera « bien inférieur aux limites réglementaires nationales et aux normes de l’Organisation mondiale de la santé pour l’eau potable ».

Au cours de la mission de février, indique le rapport, le groupe de travail a pu « observer les premières conceptions et préparations en cours sur le site, y compris la construction prévue de l’infrastructure nécessaire au déversement de l’eau, qui comprendra une installation de dilution de l’eau, un puits de déversement ainsi qu’un tunnel sous-marin transportant l’eau traitée dans la mer ».

Une deuxième mission auprès de Tepco et du METI est prévue pour le second semestre 2022, ce qui permettra de « suivre les progrès de Tepco et du METI sur les questions techniques et d’examiner les versions actualisées de l’EIR (évaluation de l’impact sur l’environnement radiologique) et du plan de mise en œuvre ».

Soulignant qu’il s’agissait d’un rapport d’étape, le rapport de l’AIEA ajoute : « Avant le début du déversement de l’eau traitée par ALPS, l’AIEA publiera un rapport complet contenant les conclusions combinées du groupe de travail sur tous les aspects de l’examen de l’AIEA. Ce rapport complet comprendra les résultats et les conclusions finales de la Task Force ». ■

Traduit depuis World Nulear News (WNN)

Copyright photo : AIEA

  • Eau
  • fukush
  • Japon