L’innovation est dans la poche - Sfen

L’innovation est dans la poche

Publié le 24 mai 2016 - Mis à jour le 28 septembre 2021
  • Innovations
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Depuis longtemps déjà, la filière nucléaire innove et met les nouvelles technologies au service de bon nombre d’interventions. Ainsi, RIANA d’AREVA est capable d’intervenir en zone nucléaire pour y réaliser des opérations de cartographie, prélever des échantillons ou mesurer la radioactivité. SUSI, petit sous-marin télécommandé – développé également par AREVA – navigue dans le circuit primaire des centrales et évalue l’état de sûreté des composants internes au moyen de tests visuels et d’ultrasons. Au Japon, Toshiba a mis au point un robot qui extraira les assemblages de la piscine de stockage du réacteur 3 de la centrale de Fukushima Daiichi. Le CEA a développé le bras de découpe laser MAESTRO pour intervenir dans des chantiers de démantèlement particulièrement sensibles.

Mais l’innovation emprunte de plus en plus à la vie de tous les jours. Désormais, les objets connectés, ou la modélisation 3D utilisée dans les jeux vidéo inspirent largement la filière nucléaire. En matière de contrôle et mesure de la radioactivité, trois nouveautés sont arrivées récemment sur le marché.

Un compteur Geiger dans la poche

Pour permettre à ceux qui le souhaitent de réaliser leurs propres mesures de la radioactivité et les publier sur un site dédié accessible à tous, l’IRSN a également choisi d’innover en créant Open Geiger. Ce compteur – dont le prix devrait être inférieur à 150 euros – est développé avec une équipe de chercheurs de l’université Pierre et Marie Curie de Paris. Il permettra au grand public d’effectuer des relevés de radioactivité de la façon la plus fiable possible, puis de les partager sur une plateforme commune, Openradiation.

Si une association japonaise propose déjà un compteur Geiger à 450 dollars (400 euros) en kit à fixer sur sa voiture pour mesurer la radioactivité ambiante, l’équipe de chercheurs français a réduit les coûts en utilisant des tubes Geiger d’origine russe et en déportant un certain nombre de fonctions (GPS, mémoire, gestion des communications…) sur un smartphone. Dans un premier temps, l’IRSN envisage de distribuer son compteur « Do it Yourself »[1] gratuitement dans le cadre de projets pédagogiques et aux 38 Commissions locales d’information (CLI) du territoire.

Un poste à ultrasons dans sa tablette

Fabricant français de matériel ultrasons pour le contrôle non-destructif, EKOSCAN innove tous les jours pour répondre aux besoins de l’industrie nucléaire, aéronautique, de la métallurgie ou encore la pétrochimie et le spatial.

Après trois années de recherche, l’entreprise bourguignonne propose EKOBLUE, une solution unique au monde qui permet de réaliser tous les types d’inspections : soudures, matériaux composites, pièces forgées ou moulées, inspections de rails. Cet examen sans fil est possible grâce à une liaison bluetooth entre le couple traducteur-carte ultrasons et une tablette ou un smartphone. EKOBLUE permet  de réaliser jusqu’à 8 mètres de distance de la carte ultrasons des examens ultrasons en milieu hostile, ou des mesures d’épaisseur à haute température. Là encore, EKOSCAN se connecte à tous les systèmes fonctionnant sous Android et est autonome jusqu’à 10 heures.

 

Un dosimètre dans son téléphone portable

En mars 2011, Vladimir Elin, Président de Smart Logistic Group et diplômé de l’Université Bauman de Moscou, exprimait pour la première fois dans son article « Our radioactive world » consacré à l’accident de Fukushima Daiichi, l’idée d’intégrer un dosimètre à un téléphone portable. C’était l’idée de départ, simple et pourtant géniale, de DO-RA, dosimètre-radiamètre qui s’adapte sur les téléphones cellulaires, les tablettes et tous supports fonctionnant sous IOS, Android et autres systèmes d’exploitation. DO-RA permet de suivre en continu la radioactivité ambiante et mesure les éventuelles doses reçues.

Le premier système DO-RA consistait en un petit boîtier connecté au téléphone portable ou à la tablette depuis la prise « jack » utilisée pour le casque audio. Depuis, le nouveau modèle est doté d’un capteur de rayonnement en silicone et s’autoalimente par sa batterie intégrée. DO-RA mesure les rayons Gamma et Beta et s’adapte à tous les modèles de smartphone.

 

[1] DiY : acronyme de Do it Yourself « Fais le toi-même » ou « Fait maison » désigne des activités de création d’objets de la vie courante, technologiques ou artistiques, généralement de manière artisanale. Le principe de cette tendance est de ne pas être uniquement spectateur ou consommateur mais de participer et échanger ses connaissances 

Publié par Isabelle Jouette (SFEN)

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