[Il fallait l’avoir vu] Exportations d’électricité : 51 TWh au premier semestre, un nouveau record pour la France
Avec 51 TWh exportés au premier semestre 2026, la France enregistre un record inédit. Pour Thomas Veyrenc, cette performance exceptionnelle s’explique par le redressement durable de la production nucléaire, la montée en puissance des énergies renouvelables et la compétitivité des prix de l’électricité française.
« 51 TWh – c’est le niveau record du solde des exports d’électricité français au premier semestre 2026 », se félicite Thomas Veyrenc, Directeur général économie, stratégie et finances chez RTE dans un post LinkedIn. Il s’agit du niveau le plus élevé jamais atteint sur un premier semestre. À titre de comparaison, lors de l’année record 2025, le solde exportateur s’établissait à 37 TWh sur la même période.
Le contraste est encore plus frappant lorsqu’on compare ce chiffre aux années précédentes. La France exportait sur une année entière 55,7 TWh en 2019 ou encore 50,3 TWh en 2023, précise l’expert des réseaux. Ce nombre illustre donc une progression spectaculaire : ce qui correspondait auparavant à une année entière d’exportations est désormais atteint en seulement six mois. Après les records historiques de 2024 (89 TWh) et 2025 (92,3 TWh), l’Hexagone semble en passe d’établir une nouvelle référence en 2026.
Les fortes chaleurs n’ont pas impacté ce phénomène
« La canicule de la semaine passée n’a pas modifié cette tendance générale », explique Thomas Veyrenc. Malgré une hausse de la consommation électrique nationale de l’ordre de 10 GW, liée aux fortes chaleurs de fin juin, la France a continué d’assurer un rôle central dans l’approvisionnement électrique européen. Le pays avait exporté 1,35 TWh d’électricité durant cette période.
Selon RTE, le pays a exporté massivement durant cette période, à destination de l’ensemble des pays limitrophes : « Allemagne-Belgique (14 TWh), Italie (14 TWh), Royaume-Uni (12 TWh). Il est très légèrement importateur depuis l’Espagne (-1 TWh), qui produit également à bas prix », précise Thomas Veyrenc.
Nucléaire, renouvelables, prix : les clés du boom des exportations
Thomas Veyrenc identifie quatre facteurs expliquant ce niveau inédit d’exportations. Premièrement, « le rétablissement de la production nucléaire ». En 2025, la production nucléaire avait atteint 373 TWh, soit une hausse de 3,1 % par rapport à 2024. Ceci s’explique par la bonne disponibilité des réacteurs en fonctionnement et des arrêts de tranche bien maîtrisés.
Deuxièmement, la « croissance de la production renouvelable ». La puissance installée des énergies renouvelables, notamment solaire et éolien, a fortement augmenté, passant de 49 GW en 2024 à 56,2 GW en 2025. En 2026, bien que l’année ne soit pas encore achevée, elle s’élève déjà à 58,5 GW.
Troisièmement, la « consommation encore inférieure à son niveau pré-crise ». En 2025, la consommation électrique s’est élevée à 451 TWh, demeurant stable par rapport à l’année précédente. Son niveau reste environ 6 % plus faible que celui d’avant les crises sanitaire et énergétique.
Quatrièmement, les « coûts marginaux faibles donc compétitifs sur le marché européen ». Fin mai 2025, pour une livraison d’électricité en 2026, les entreprises françaises ont pu contracter leur électricité à un prix inférieur de 26 €/MWh par rapport à l’Allemagne, et de 40 €/MWh par rapport à l’Espagne. Selon Bernard Fontana, depuis novembre 2023, les prix de gros accessibles aux clients pour sécuriser leur facture sur un horizon d’un à cinq ans ont baissé de 30 % et sont revenus à leur niveau d’avant-crise.
Le bilan électrique du premier semestre 2026 sera publié par RTE au cours du mois de juillet. ■
Par Floriane Jacq, Sfen
Image: La centrale nucléaire de Golfech, située dans le département du Tarn-et-Garonne, en région Occitanie, dont les réacteurs ont été mis à l’arrêt en raison de problèmes de corrosion© JEAN-MARC BARRERE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP