Grand froid : pourquoi la France a plus que jamais besoin de nucléaire - Sfen

Grand froid : pourquoi la France a plus que jamais besoin de nucléaire

Publié le 17 janvier 2017 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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Cette semaine, la France traverse une importante vague de froid. Cet épisode météorologique rappelle que l’Hexagone a besoin du nucléaire, une énergie programmable et décarbonée. Dans le même temps, l’Allemagne et le Danemark, deux pays qui ont engagé des transitions énergétiques fortes, produisent massivement du charbon pour passer cette vague de froid. Les explications de Valérie Faudon, déléguée générale de la SFEN, sur les antennes de la matinale de RTL. 

Yves Calvi (RTL) – RTE en appelle à une mobilisation des Français. Des gestes simples comme baisser la température dans les logements aux heures de pointe. Est-ce que cela peut changer quelque chose ?

Valérie Faudon – Oui tout à fait. La particularité de l’électricité est qu’elle ne se stocke pas. Cela signifie qu’à tout moment le gestionnaire du réseau doit adapter la production à la demande d’électricité. En France, en hiver, notre pointe de consommation est à 19h. C’est à ce moment-là que RTE sollicite des moyens de production spécifiques et peut appeler les Français à réduire la leur consommation d’électricité. 

YC – L’électricité sera-t-elle suffisante aujourd’hui mardi 17 janvier 2017 ?

VF – Oui et principalement pour deux raisons.

La première est que la vague de froid que nous connaissons n’est pas historique comme l’a rappelé météo France.

La seconde raison est que le parc nucléaire a maintenant terminé l’essentiel de ses contrôles. Aujourd’hui, 90 % du parc nucléaire fonctionne. 


90 % du parc nucléaire est disponible aujourd’hui.


YC – On dit aussi qu’on a un peu bousculé nos centrales nucléaires pour qu’elles reprennent plus vite que prévu…  

VF – Les phases de contrôle avaient été anticipées. Nous savons bien que les pics de consommation arrivent en janvier et février du fait des vagues de froid et le fait que le soleil se couche tôt. Les arrêts avaient été programmés pour être prêts à cette période.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé des contrôles cet automne et l’essentiel de ces contrôles ont été réalisés durant cette période. Ainsi, 9 des 12 réacteurs concernés ont terminés leurs contrôles.

Pour les trois tranches restantes, EDF a demandé à l’ASN décaler un certain nombre de contrôles pour faire face à cette phase de froid.

YC – RTE pourrait-il solliciter certaines entreprises pour réduire leur consommation ?

VF – Plusieurs leviers existent pour réduire la consommation d’électricité.

Il y a d’abord la réduction de la consommation des particuliers. En France, le pic de consommation est à 19h. A cette heure, les bureaux sont encore ouverts, les Français prennent le train, le RER, le métro, et allument quand ils arrivent chez eux, ils mettent leurs appareils électriques en marche. RTE peut donc demander aux Français de ne pas mettre en route toutes les machines quand ils rentrent chez eux. 


21 sites industriels ont un contrat spécifique avec RTE pour réduire leur consommation d’électricité aux heures de pointe


Et puis, il y a aussi des contrats spécifiques avec certains industriels grands consommateurs d’électricité. En France 21 grands sites industriels ont ainsi un contrat spécifique avec RTE pour réduire leur consommation d’électricité aux heures de pointe.

YC – On dit souvent que l’on peut importer et que nos voisins aussi ont froid. Comment cela se passe-t-il avec les Allemands notamment. Hier, il n’y a pas eu de vent en Allemagne et les éoliennes n’ont pas tourné…

VF – Lundi matin par exemple, l’Allemagne a fonctionné au charbon, car il n’y avait pas de vent. Idem pour le Danemark. Ces deux pays, qui ont pourtant engagé des transitions énergétiques fortes, étaient obligés de fonctionner à fond avec des centrales au charbon.

On voit que dans les vagues de froid on a besoin d’avoir des grandes installations de production qui soient programmables, c’est-à-dire sur lesquelles on peut compter peu importe les conditions  atmosphériques. En France nous avons le nucléaire et nous avons besoin du nucléaire tandis qu’en Allemagne ils ont le charbon ce qui est très mauvais pour l’environnement.

YC – Cela veut-il dire que l’on importe de l’électricité au charbon ?

VF – Oui, cela peut arriver. Il faut rappeler que notre situation varie tout au long de la journée. Nous importons à certains moments et exportons à d’autres. Ce matin nous importions d’un certain nombre de pays comme l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne mais nous exportions vers l’Italie et la Suisse. En fait à tout moment le réseau s’équilibre.

 

 
FEU VERT DE L’ASN POUR REPORTER DES CONTROLES
L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a accepté une demande d’EDF de reporter l’arrêt de deux réacteurs prévu pour des vérifications de sécurité, afin de permettre au fournisseur d’électricité de faire face au surcroît de consommation attendu pendant la vague de froid. EDF a sollicité le report des contrôles de Tricastin 2 et de Civaux 1. « Cette demande est motivée par les risques pour la sécurité du réseau électrique liés à la vague de froid attendue la semaine prochaine. L’ASN a considéré ce report comme acceptable au regard de la sûreté. », explique l’Autorité dans son communiqué.
Le report est de deux semaines, jusqu’au 3 février.
 

Crédit photo : QUEYREL DAVID


Par la rédaction

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