Un géant nucléaire en devenir - Sfen

Un géant nucléaire en devenir

Publié le 28 février 2015 - Mis à jour le 28 septembre 2021
inde

Dès son indépendance, l’Inde a souhaité faire de l’atome un des piliers de son mix énergétique. Depuis plusieurs années, la France travaille avec ses partenaires indiens au développement du nucléaire dans le pays, comme

en témoignent les accords signés entre AREVA et deux entreprises indiennes pour un projet de construction de six réacteurs EPR à Jaitapur (Maharashtra).

Les relations franco-indiennes dans le nucléaire figurent parmi les plus anciennes établies par la France, avec la signature d’un premier accord de coopération en 1953. Ces relations furent particulièrement dynamiques jusqu’au milieu des années 1980, puis se sont progressivement distendues avec le renforcement du régime international de non-prolifération. Dès 1992, toute forme de coopération nucléaire avec l’Inde était interdite, l’Inde n’étant pas signataire du Traité de Non-Prolifération et ayant refusé de placer ses installations nucléaires sous garantie de l’AIEA. En 1998, le Président Chirac renouait le dialogue avec Delhi, replaçant le nucléaire dans les discussions diplomatiques.

AREVA pour construire six réacteurs EPR

Le 10 avril dernier, à l’occasion de la visite en France du Premier ministre indien, Narendra Modi, AREVA a signé deux contrats de pré–ingénierie marquant la progression du projet EPR de Jaitapur.

Le premier accord, conclu avec Nuclear Power Corporation of India Limited (NPCIL), concerne le lancement des premiers travaux d’ingénierie en vue de construire six réacteurs nucléaires EPR à Jaitapur, dans l’ouest du pays. Le projet a été initié en 2009. Le deuxième contrat a été signé avec Larsen & Toubro, le plus grand groupe indien d’ingénierie et de fabrication d’équipements lourds, pour définir les champs de coopération sur le futur chantier EPR. Ces études permettront aux partenaires de préparer la certification du réacteur en Inde et de finaliser les spécifications techniques du projet.

Les discussions entre AREVA et ses partenaires indiens portent en particulier sur le tarif de rachat de l’électricité et la responsabilité en cas d’accident, la loi indienne prévoyant la responsabilité illimitée du fabricant.

Le CEA pour les réacteurs de 4e génération

Les relations entre le CEA et le Département de l’Énergie Atomique indien se sont développées avec la signature en 2002 d’un accord-cadre de coopération dans le domaine scientifique sans transfert de technologie. Les deux organismes travaillent ensemble sur le réacteur de recherche Jules Horowitz (en construction à Cadarache dans le Gard) et sur la sûreté des réacteurs à neutrons rapides (4e génération).

Le réacteur à neutrons rapides indien, le FBTR (Fast Breeder Test Reactor), est en fonctionnement au centre IGCAR (Indhira Gandhi Centre for Atomic Research) à Kalpakkam, près de Chennai sur la côte de l’Océan Indien. Avec un caloporteur sodium, la technologie du PFBR est analogue à celle du réacteur Phénix élaboré en 1973 par le CEA et à celle du prototype ASTRID. Le PFBR devrait démarrer cette année.

Dans les années 2000, des experts du CEA se sont rendus à Kalpakkam pendant la construction du réacteur PFBR et de nouveaux séjours techniques sont envisagés lors des essais de sûreté au démarrage du réacteur.

Le nucléaire, une énergie qui a de l’avenir

L’énergie nucléaire est appelée à se développer dans les pays émergents. L’Inde en est un des meilleurs exemples. Le nucléaire est indispensable pour les pays qui, comme l’Inde, ne peuvent pas (et ne doivent pas) choisir entre l’amélioration de la qualité de vie et la préservation de l’environnement. La république indienne, qui a depuis longtemps inscrit le nucléaire dans son programme de développement, est déjà une grande puissance nucléaire. Les efforts qu’elle fournit en matière de R&D et de constructions nouvelles, démontrent bien que les héritiers de Gandhi entendent compter encore longtemps sur une énergie décarbonée compétitive et efficace au service du progrès.

 

Par la Rédaction