Feux de forêt à Tchernobyl : pas d’impact radiologique attendu - Sfen

Feux de forêt à Tchernobyl : pas d’impact radiologique attendu

Publié le 29 mars 2022
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Le 21 mars 2022, l’Autorité de sûreté nucléaire ukrainienne (SNRIU) a indiqué que des feux de forêt étaient en cours, et ce depuis le 11 mars, dans la zone d’exclusion de Tchernobyl. Les incendies de grande ampleur dans cette zone sont courants et aucun impact radiologique n’a jusqu’à présent été enregistré.

Des feux de forêt ont été signalés essentiellement dans les parties centre et ouest de la zone d’exclusion créée à la suite de l’accident de 1986. L’Autorité de sûreté nucléaire ukrainienne (SNRIU) a indiqué à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) que de légères augmentations des concentrations de césium dans l’air avaient été détectées à Kiev et sur deux sites de centrales nucléaires à l’ouest de Tchernobyl. Elle précise qu’elles ne posent pas de problèmes radiologiques importants. En 2020, des incendies similaires n’avaient d’ailleurs pas entraîné d’impact sanitaire lié à la radioactivité[1].

 

D’où provient la radioactivité ?

Dans sa note du 24 mars 2022[2], l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) explique le phénomène. « À la suite de l’accident de Tchernobyl, le bois des arbres et la litière (couche de feuilles tombées au fil des années) sur les territoires contaminés de Biélorussie, d’Ukraine et de Russie tendent à stocker les radionucléides initialement déposés sur le sol et absorbés par les racines. En cas de combustion, ces radionucléides peuvent être pour partie libérés dans les fumées et ainsi conduire à une contamination de l’air. Ce phénomène peut concerner particulièrement le césium 137, principal radionucléide dispersé en Europe lors de l’accident de Tchernobyl et encore mesurable aujourd’hui ».

Comment la radioactivité dans l’air est-elle mesurée ?

Un réseau de balise est déployé dans toute l’Europe, y compris en Ukraine et en Biélorussie. Les données sont transmises à la plateforme EURDEP. Pour la France, il s’agit du réseau OPERA-AIR de l’IRSN, dont les filtres peuvent mesurer d’infimes traces de radioactivité. Des hausses minimes avaient ainsi été détectées en France lors des incendies de 2020. Concernant l’Ukraine, les sondes de surveillance du débit équivalent de dose (DeD) dans la zone d’exclusion ne sont plus actives mais la balise de la ville de Tchernobyl a continué de transmettre des données, de manière irrégulière, jusqu’au 18 mars dernier.

Y a-t-il eu des élévations de la radioactivité ?

Du 11 mars (date du début des incendies) au 18 mars (date de la dernière mesure sur le site), aucune élévation anormale de la radioactivité n’a été relevée.​ Par ailleurs, « les mesures des filtres aérosols d’autres pays européens disponibles à cette heure dans la plateforme EURDEP ne mettent pas en lumière d’élévation locale significative des niveaux d’activité du césium 137 dans l’air », note l’IRSN.

 

[1] https://www.sfen.org/rgn/point-situation-incendies-ukraine/

[2] https://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20220324_Ukraine-Point-de-situation-incendies-dans-la-zone-d-exclusion-de-Tchernobyl.aspx#.YkK5-yhBw2w

Gaïc Le Gros (Sfen)

Crédit photo – ©Shutterstock Viacheslav Petrusha

Légende : Centrale nucléaire de Tchernobyl avec à l’image le sarcophage de l’unité 4, accidentée en 1986. La zone d’exclusion comprend une importante forêt, la forêt rousse.

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