27.07.2021

EDF : point technique sur Taishan

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EPR,
Taishan,
EDF
La rédaction Sfen - Crédit photo ©EDF

Le 22 juillet 2021, EDF a fait un point technique sur l’élévation d’activité dans le circuit primaire du réacteur n°1 de Taishan. EDF a détaillé ses pratiques d'exploitation et a transmis ses analyses à l’exploitant, TNPJVC, détenu par le chinois CGN (70 %) et EDF (30 %).

A la suite de la tenue le 22 juillet d’un Conseil d’administration de TNPVJC, société responsable de l’exploitation de la centrale, EDF a fait un point sur le réacteur n°1 de Taishan. Ce CA avait été sollicité par EDF (communication du 14 juin[1]) comme suite à la constatation de l’augmentation de la concentration de certains gaz radioactifs dits « rares » dans le circuit primaire du réacteur n°1 de Taishan. Le phénomène avait alors fait l’objet d’un premier décryptage par la section technique 4 de la Sfen[2] le 16 juin.

Selon EDF les paramètres mesurés par TNPJVC dans le circuit primaire respectent les seuils réglementaires en vigueur en Chine, qui sont cohérents avec les standards internationaux.

Le réacteur n’est pas dans une situation incidentelle : il s’agit d’un phénomène d’exploitation. Pour rappel, la présence de ces gaz dans le circuit primaire est un phénomène qui se produit de temps à autre, étudié et prévu dans les procédures d’exploitation des réacteurs. Ce phénomène est causé par la perte d’étanchéité de la gaine de certains crayons combustibles.

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Les procédures d'EDF en matière d'exploitation du parc nucléaire français conduiraient EDF, en France, à mettre le réacteur à l’arrêt.

Cette position a été communiquée à TNPJVC lors du CA, a notamment indiqué EDF. Elle vise trois objectifs : arrêter préventivement l’évolution de la dégradation de la gaine des éléments de combustible qui présentent des défauts d’étanchéité ; caractériser précisément les crayons de combustible endommagés en réalisant les inspections nécessaires ; limiter l’activité radiologique dans l’eau du circuit primaire. Ce dernier objectif permet de limiter l’ampleur des opérations de nettoyage et de décontamination de ce circuit pour retrouver l’état de référence et ainsi offrir de meilleures conditions d’intervention pour le personnel.

Une fois la mise à l’arrêt du réacteur, la procédure consiste à :

- Ouvrir la cuve du réacteur afin de décharger et transférer les assemblages combustibles dans la piscine d’entreposage du bâtiment combustible.
- Contrôler et inspecter les assemblages (dont des examens d’étanchéité par ressuage).
- Analyser et prélever certains crayons si nécessaire.
- Préparer une nouvelle constitution du cœur.

A Taishan, les décisions appartiennent à TNPJVC, responsable de l'exploitation de la centrale nucléaire de Taishan, co-entreprise détenue par CGN (70 %) et par EDF (30 %). 

La situation actuelle n’est ni accidentelle, ni incidentelle. La concentration étant en deçà des seuils approuvés par l’Autorité de sûreté chinoise, les décisions appartiennent à l’exploitant nucléaire TNPJVC. Comme mentionné plus haut, la présence de gaz dits « rares » dans le circuit primaire est un phénomène connu et occasionnellement observé dans les réacteurs à eau. EDF privilégierait aujourd’hui l’arrêt du réacteur dans cette situation  ;  en France les derniers arrêts en cours de cycle pour dépassement de ce seuil remontent aux années 1990.

[Mise à jour] Le 30 juillet, soit une semaine après le Conseil d'administration, TNPJVC a arrêté le réacteur pour procéder aux vérifications détaillées ci-dessus. CGN rappelle que tous les paramètres de sûreté ont toujours été en accord avec la réglementation.

[1] https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/journalistes/tous-les-commu...

[2] https://www.sfen.org/rgn/decryptage-epr-taishan-1