Démocratie participative: après Mühleberg, Fessenheim ? - Sfen

Démocratie participative: après Mühleberg, Fessenheim ?

Publié le 21 mai 2014 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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Les habitants du canton de Berne (Suisse) ont rejeté la proposition de fermeture de la centrale de Mühleberg. Un exemple pour Fessenheim ?

Dimanche dernier, le canton de Berne (Suisse) invitait ses citoyens à donner leur avis sur la proposition de fermeture anticipée de la centrale nucléaire de Mühleberg. La réponse des Bernois a été claire. Avec 63,3%, une large majorité des votants a rejeté l’initiative. 

Raccordée sur le réseau électrique en 1972, Mühleberg est une centrale à eau bouillante[1], une des plus anciennes du pays. D’une puissance de 372 MW, l’installation fournit jusqu’à 5% de la consommation d’électricité de la Suisse. Après l’accident de Fukushima, une initiative appelée « Mühleberg à l’arrêt » a été lancée qui – comme son nom l’indique – appelait à l’arrêt immédiat de l’exploitation de la centrale. A la lumière des événements qui avaient eu lieu au Japon, trois éléments étaient pointés du doigt : la sûreté de l’installation face aux risques environnementaux (tremblement de terre et inondation), des améliorations en matière d’équipement (refroidissement d’urgence) et des points à surveiller (fissures dans le manteau du cœur du réacteur).

Interpellé sur ces points, l’exploitant de la centrale nucléaire, BKW, a réagi et a investi plusieurs millions de francs suisses, l’équivalent de 224 millions d’euros, pour améliorer le niveau de sûreté de son installation. Des investissements qui permettront à BKW d’exploiter la centrale jusqu’en 2019, date à laquelle il a été choisi, pour des raisons économiques et financières, de déconnecter Mühleberg du réseau. En Suisse, comme en France, deux raisons peuvent motiver la fermeture d’une installation : la rentabilité économique et le niveau de sûreté. Pour ce dernier point, l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), a le pouvoir de fermer immédiatement une installation si la sûreté de son exploitation était mise en doute.

Considérant tous ces éléments, les habitants du Canton de Berne ont voté contre l’initiative visant à fermer la centrale de Mühleberg. En serait-il de même en France, dans la région Alsace où l’on évoque la fermeture possible de la centrale de Fessenheim ?

Depuis 2003 en France, la Constitution permet à toutes les collectivités territoriales d’organiser un référendum local sur des questions concernant directement le territoire. Etant donné cette évolution législative et compte-tenu du penchant de la ministre de l’énergie et du développement durable, Ségolène Royal, pour le principe de démocratie participative, doit-on s’attendre prochainement à ce que l’exécutif encourage la tenue d’un référendum local sur le devenir de la centrale alsacienne ?

Affaire à suivre…  


Un réacteur à eau bouillante (REB) est un réacteur fonctionnant à partir d’uranium enrichi. L’eau circulant dans le cœur assure à la fois les fonctions de fluide caloporteur et de modérateur. Contrairement au réacteur à eau pressurisée, modèle de réacteur utilisé en France, l’eau de refroidissement d’un REB est vaporisée dans le cœur et passe directement dans la turbine, sans circuit secondaire.  

Par la Rédaction

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