08.06.2021

Centre-Val de Loire. Un territoire au cœur des solidarités régionales

agence_sipa_souvant_guillaume.jpg
Centre-Val de Loire,
Territoire
Maruan Basic (Sfen) - Crédit photo EDF - Agence Sipa / Guillaume Souvant

Avec douze réacteurs nucléaires répartis sur quatre sites, la région Centre-Val de Loire produit plus de quatre fois sa consommation et exporte de l’électricité bas carbone vers les régions voisines déficitaires. La filière y compte 13 600 emplois directs et indirects et participe activement à la vitalité économique des territoires.

Toutes les citations sont tirées de la Convention régionale de la Sfen Centre-Val de Loire qui s’est tenue le 31 mars 2021.

Belleville-sur-Loire (Cher), Dampierre-en-Burly (Loiret), Saint-Laurent-​des-Eaux (Loir-et-Cher) et Chinon (Indre-et-Loire), avec ses quatre centrales nucléaires la région Centre-Val de Loire apparait donc comme le maillon indispensable de l’équilibre électrique de la moitié nord de la France. En effet, selon Didier Burnel, directeur maintenance de RTE en Centre-Val de Loire : « la région est atypique en France en raison du nombre de centres de production nucléaire qui existent, maintenant rejoint par de l’énergie solaire, de l’éolien et un peu d’hydraulique. La région exporte donc quatre fois ce qu’elle produit par rapport à ses besoins en consommation locale. 28 % de la production du Centre-Val de Loire part en région parisienne. La partie Ouest, structurellement en déficit de production, est également fortement dépendante de la production électrique de la région ».

Ces centrales nucléaires, implantées le long de la Loire, sont par ailleurs respectueuses de l’identité du fleuve. Elles permettent de préserver un environnement unique : classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, le Val de Loire abrite aujourd’hui le dernier fleuve sauvage d’Europe. La surveillance de la qualité de l’eau est une donnée majeure, au cœur des enjeux environnementaux comme l’explique Benoit Rossignol, directeur de la Ressource en eau de l’Etablissement public Loire : « Le suivi de la qualité de l’eau est réalisé plus localement parce qu’il y a des obligations qui s’imposent aux usagers et que le service de contrôle de l’Etat, avec différents organismes, fait les suivis de qualité des eaux en amont et en aval des centrales et en différents points du bassin. ». Une analyse détaillée par Antoine Ménager, directeur du CNPE de Chinon : « La consommation de Chinon est de 53 nano mètres cubes mais dans l’absolu, il faut revenir à ce que nous faisons en instantané. 5,6 mètres cubes/seconde sont prélevés mais seulement 1,7 mètre cube/seconde est consommé parce qu’une grande partie est restituée. Ce qui est prélevé et qui disparaît, ce sont les panaches de vapeur d’eau qui assurent le refroidissement des tours de Chinon ».

La centrale nucléaire de Chinon a par ailleurs une place unique dans le paysage de l’électronucléaire français. En effet, à travers les visites de découverte des centrales et de la « Boule » de Chinon, - premier réacteur électronucléaire de France, mis en service en 1963, puis devenu le « Musée de l’Atome » -, les sites nucléaires sont devenus des lieux importants du tourisme industriel de la région. 

Les centrales nucléaires participent au dynamisme économique régional

La filière nucléaire est pourvoyeuse de solidarités économiques. En 2020, 266 millions d’euros d’achats (fournisseurs de rang 1 uniquement) ont été réalisés par les entités nucléaires d’EDF aux entreprises de la région Centre-Val de Loire. En 2020 aussi, les quatre centrales régionales ont apporté directement plus de 229 millions d’euros en taxes et impôts qui sont aujourd’hui partagés via les solidarités intercommunales.

La filière est structurée par l’association régionale de prestataires, PEREN, rassemblant près de 100 entreprises travaillant dans le nucléaire et animée par EDF. Une dynamique de commande locale qui va s’accentuer dans les années à venir selon Jean-Paul Combemorel, délégué régional d’EDF : « La volonté qui est la nôtre est d’accroître encore le rayonnement par l’augmentation des commandes passées aux entreprises, PME et TPE, du tissu local en lien étroit avec nos fournisseurs de rang 1. Les directeurs des CNPE en sont les premiers acteurs avec l’ensemble de la filière électronucléaire qui est animée par EDF dans notre région ».

Plus particulièrement, le programme « Grand Carénage » des centrales nucléaires d’EDF, portant sur des investissements et des travaux de grande envergure, est une véritable aubaine pour les entreprises locales. Pour la région Centre-Val de Loire, ces travaux sont programmés sur l’ensemble des réacteurs. Afin d’accompagner ce chantier, une instance de concertation et coordination, coprésidée par le préfet de région et le président de région, et associant les acteurs économiques, a été mise en place. Il s’agira notamment, d’accompagner les entreprises intéressées par ces travaux, d’adapter le dispositif de formation aux besoins en compétences, et de communiquer sur les opportunités offertes par le secteur de l’énergie nucléaire. Jean-Paul Combemorel poursuit : « Cette instance a été démultipliée avec des instances de concertation et de coordination autour de chacune de centrales nucléaires et des bassins d’emplois. Il y en a une pour Dampierre, une pour Belleville, une pour Saint-Laurent et une pour Chinon. Ces instances sont pilotées par des sous-préfets et la puissance d’animation de l’Etat nous est très utile. L’enjeu est double et simple à comprendre car il faut maximiser les commandes passées aux entreprises du territoire pour y développer l’emploi et sécuriser le sourcing en compétences dans un temps où l’attractivité des métiers de l’industrie est un de nos problèmes majeurs. Il n’est pas propre au nucléaire mais concernait tous les secteurs industriels avant la crise que nous vivons ».

TRIHOM le leader français de la formation nucléaire

Fondée il y a plus de 30 ans à proximité de la centrale nucléaire de Chinon, en Indre-et-Loire, la société TRIHOM[1], filiale du groupe Orano, est aujourd’hui le leader français de la formation aux métiers du nucléaire. Elle s’appuie sur un réseau national de 17 centres de formation, où plus de 30 000 stagiaires apprennent chaque année les gestes professionnels et les procédures d’intervention en milieu nucléaire. Les formations se déroulent au sein de chantiers-école, qui reproduisent à l’identique des locaux d’une centrale nucléaire, auprès de l’un des 220 formateurs agréés de l’entreprise. 

L’attachement historique de TRIHOM à la région Centre-Val de Loire ne s’est jamais démenti. La société a investi 3 millions d’euros puis inauguré en 2019 son nouveau siège social à Beaumont-en-Véron, couplé à 2 200 m² de nouveaux espaces de formation. Plus de 2 500 professionnels du nucléaire s’y forment chaque année, que ce soit au sein de l’un des trois chantiers-école et du Centre de Professionnalisation des Compétences, espace unique au sein du réseau TRIHOM et ouvert à toute l’industrie française, destiné à approfondir ses connaissances en matière de démantèlement, de soudage, de tuyauterie et d’assemblages boulonnés.  

En plus de TRIHOM, la filière nucléaire peut également s’appuyer pour ses besoins en formation sur un réseau de plus de 20 établissements partenaires dans la région : lycées, centres d’apprentissage et écoles d’ingénieurs (INSA Centre-Val de Loire, Polytech Orléans et Polytech Tours). Un réseau de formation très bien organisé qui permet de bénéficier d’emplois pérennes comme l’explique Vincent Bernard, directeur des études à l’INSEE Centre-Val de Loire : « Ils [ndlr : les emplois] sont non seulement pérennes mais en plus, contrairement à d’autres secteurs de l’activité industrielle dans la région, ce sont des emplois jeunes. Ce sont des emplois qualifiés et bien rémunérés. Il y a plus de 90 % de CDI mais quelques intérimaires peuvent y travailler sous le format de l’apprentissage ».

Et du travail dans le nucléaire il y en a aujourd’hui et dans le futur. Un message d’optimisme porté par David Folio de l’INSA Centre-Val de Loire à ses étudiants « Cela est le message que nous essayons de véhiculer. Il a fallu que nous passions le message qu’il y a encore de l’avenir pour les 20 ans, voire 50 ans. Un élève ingénieur qui s’oriente vers ces métiers a encore des perspectives notamment en matière de création de nouvelles tranches. Il ne faut pas rester sur des impressions véhiculées malencontreusement par les médias. »

 

 

[1] http://www.trihom.fr/