Baisse des prix du pétrole : la (fausse) bonne nouvelle - Sfen

Baisse des prix du pétrole : la (fausse) bonne nouvelle

Publié le 6 janvier 2015 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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La baisse des prix du pétrole est une bouffée d’oxygène pour l’économie française. Ce contre-choc (que personne n’avait vu venir) devrait contribuer à relancer la croissance en facilitant la consommation de pétrole. L’économie respire enfin !

Un bol d’air avant l’asphyxie ? Si cette tendance s’installait, elle pourrait entraîner la hausse des émissions de CO2 et avec elle l’aggravation d’une situation climatique et sanitaire déjà critique. Deuxième effet, la baisse des prix du pétrole pourrait empêcher le renouvellement du parc automobile par des véhicules non émetteurs de CO2 : les voitures électriques.

Pour éviter l’asphyxie, l’idée fait son chemin du côté de l’Elysée d’instaurer un prix du carbone lors de la prochaine conférence climatique, COP21.

L’impact de la pollution de l’air sur la santé

Paradoxe ou « schizophrénie », les émissions de CO2 n’ont cessé de croître depuis que le diagnostic du changement climatique a été établi et le protocole de Kyoto ratifié. Les énergies fossiles (charbon, gaz et pétrole) représentent 80 % du mix énergétique mondial, 74 % de celui de l’UE et moins de 50 % de celui de la France, en raison de l’importance de l’énergie nucléaire. Avec un prix du baril de plus en plus faible, le mouvement n’est pas prêt de s’inverser.  

Un prix du baril bon marché devrait entraîner une hausse de la consommation de pétrole et du même temps une augmentation des rejets de CO2. Les conséquences sont multiples : aggravation du risque climatique, dégradation de la qualité de l’air, et surtout multiplication des risques pour la santé.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la pollution atmosphérique entraînerait chaque année le décès prématuré de 7 millions de personnes. Comme le montre la multiplication des pics de pollution en France, la pollution de l’air est devenue le principal risque environnemental pour la santé. En décembre 2013, les rues de Paris étaient aussi polluées qu’une pièce de 20 mètres carrés occupée par huit fumeurs.

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Le développement des voitures électriques menacé ? 

Le développement des voitures électriques pourrait être la première victime de la baisse des prix du baril. La part de marché du véhicule électrique est actuellement inférieure à 1 % dans le monde. Alors que l’attractivité des véhicules traditionnels se renforce à mesure que les prix du pétrole diminuent, celle des voitures électriques, elle, est mise en danger.

Si elle perdure, la baisse pourrait notamment changer l’équation de rentabilité des gestionnaires de flottes d’entreprise (importants acquéreurs de véhicules électriques), alors que le marché de l’utilitaire électrique s’est déjà replié de 13 % en 2014.

Le prix du carbone : de l’utopie à la nécessité

Serpent de mer pour certains, utopie pour d’autres, l’idée d’instaurer un prix du carbone revient souvent. En début de semaine, François Hollande a affirmé que l’instauration d’un prix du carbone serait l’un des critères pour juger de la réussite de la conférence climatique.

Face aux chocs et contre-chocs énergétiques, l’instauration d’une tarification internationale du carbone pourrait être un moyen efficace pour faire payer à chaque émetteur de CO2 le coût des dommages climatiques associés à ses rejets.

Instaurer un système pollueur-payeur à l’échelle de la planète pourrait porter un coup d’arrêt à l’augmentation des émissions de CO2 : rendez-vous est pris en décembre lors de la COP21.

Publié par Boris Le Ngoc

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