Arabie saoudite : la diversification du mix électrique passe par “plus” de nucléaire - Sfen

Arabie saoudite : la diversification du mix électrique passe par “plus” de nucléaire

Publié le 5 octobre 2014 - Mis à jour le 28 septembre 2021
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Non loin de l’Irak et de ses événements, un géant énergétique amorce sa transition énergétique : l’Arabie saoudite.

Ce pays dispose d’importantes réserves d’hydrocarbures qui lui permettent de satisfaire une partie de la demande mondiale mais également de produire la majorité de son électricité. Pour préserver cette abondance, le royaume mise sur une diversification de son mix électrique lui permettant de réduire sa consommation locale pour renforcer davantage son offre à l’export.

L’Arabie saoudite entame donc à son tour une transition énergétique. Laquelle se fera non pas « contre » mais « avec » l’énergie nucléaire.

 

Le défi du dessalement de l’eau de mer

Alors que le Royaume-Uni, la Finlande et la Chine continuent de développer le nucléaire pour renforcer leur indépendance énergétique et réduire leurs émissions de CO2. L’Arabie saoudite, elle, se tourne vers le nucléaire pour deux autres raisons : diversifier son mix électrique et dessaler l’eau de mer.   

Si la géologie fait la force de l’Arabie saoudite, il n’en est pas de même pour sa géographie. Situé en plein désert et cerné par les mers, le pays n’a d’autre choix que de dessaler l’eau qu’il consomme. La désalinisation est une opération qui, en plus d’être polluante, est gourmande en énergie. Or, le royaume souhaite limiter sa consommation d’hydrocarbures pour pouvoir exporter davantage.

Face à ces difficultés, les projets associant centrales nucléaires et usines de dessalement offrent des solutions particulièrement efficaces puisqu’ils permettent de produire une eau douce compétitive par rapport au dessalement à partir d’énergies d’origine fossile. Ici, l’énergie du réacteur nucléaire est dédiée exclusivement à la production d’eau et produit donc pas d’électricité. L’Arabie saoudite travaille avec l’Argentine pour développer ce type de réacteurs.

 

En 2032, le nucléaire fournira 20% de l’électricité

Actuellement, un tiers de la production de pétrole est utilisé pour produire de l’électricité. Afin de préserver ses ressources en hydrocarbure et diversifier son mix électrique, le gouvernement saoudien, dont les capacités financières sont colossales, prévoit d’investir 80 milliards de dollars sur 20 ans pour développer l’énergie nucléaire.

Concrètement, l’objectif est de construire 16 centrales nucléaires et produire ainsi 20% de l’électricité en 2032. La première centrale nucléaire devrait être mise sur le réseau en 2022. Ce développement devrait ainsi permettre de réduire la consommation de pétrole utilisé pour faire de l’électricité.

Une transition énergétique s’est engagée, pour que le paysage énergétique de l’Arabie saoudite d’aujourd’hui soit différent de celui de demain.

 

L’ « équipe de France » du nucléaire exporte son savoir-faire

« L’Arabie Saoudite est actuellement en train de créer une véritable filière nucléaire avec une autorité de sûreté nucléaire, un centre de recherche, des universités pour former les professionnels et des relations avec les industriels étrangers » explique Tarik Choho, directeur Général Adjoint chargé du Commercial chez AREVA. « Et l’équipe de France du nucléaire menée par EDF, AREVA et le CEA est présente aux côtés de l’Arabie saoudite pour lui permettre de mener avec succès sa stratégie énergétique nationale et en particulier de développer son futur programme nucléaire en contribuant à la formation d’un tissu local d’industriels et d’ingénieurs qualifiés. » précise-t-il.

En effet, les entreprises françaises travaillent ensemble pour bâtir une offre complète visant à promouvoir la technologie du réacteur EPR et l’expérience française en matière de formation des professionnels (ingénieurs et techniciens de haut niveau) et de R&D nucléaire.

 

 

Publié par Boris LE NGOC

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