7 réacteurs nucléaires redémarreront d’ici la fin du mois - Sfen

7 réacteurs nucléaires redémarreront d’ici la fin du mois

Publié le 13 décembre 2016 - Mis à jour le 28 septembre 2021
  • Sûreté

EDF a annoncé son ambition de redémarrer 7 réacteurs nucléaires d’ici fin décembre. Pendant plusieurs mois, des contrôles ont été réalisés permettant de s’assurer de l’intégrité des générateurs de vapeur de plusieurs unités. La semaine dernière, en confirmant l’absence de risque de rupture des générateurs de vapeur, l’ASN avait ouvert la voie vers le redémarrage des tranches concernées. 

La semaine passée, après plusieurs semaines de contrôle, l’ASN avait donné son feu vert sous condition pour le redémarrage de sept réacteurs : Dampierre 3, Gravelines 2, Tricastin 3, Bugey 4, Tricastin 1 et 4, et Civaux 2.

EDF, qui vient de transmettre à l’ASN les dossiers de mise en service des réacteurs, a indiqué que les trois premières tranches (Dampierre 3, Gravelines 2, Tricastin 3) seraient en mesure de redémarrer avant le 20 décembre. Pour les quatre autres tranches (Bugey 4, Tricastin 1 et 4, Civaux 2), les dossiers seront transmis cette semaine a indiqué Philippe Sasseigne, directeur du parc nucléaire en exploitation d’EDF, permettant d’envisager un raccordement au réseau d’ici la fin décembre. 

90 % du parc disponible

En janvier, EDF prévoit que son parc nucléaire soit disponible « à 90 % », avec « 5 à 6 réacteurs à l’arrêt » explique Dominique Minière, Directeur en charge de la Direction du Parc Nucléaire et Thermique de l’électricien. Dans ce contexte, EDF a confirmé ses objectifs de production nucléaire pour 2016 (378 – 385 TWh) et 2017 (390 et 400 TWh).


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Contrairement à d’autres pays, la France est peu sujette au risque de black-out. D’abord parce que l’Hexagone exporte 10 % de son électricité, ce qui lui laisse des marges en cas de tensions. Ensuite, la diversité du mix électrique procure une certaine souplesse à la France, notamment avec la production hydraulique. Enfin, des leviers complémentaires existent comme les achats sur les marchés de gros européens ou, en cas de besoin, les capacités d’effacement préalablement négociés avec certains clients industriels ou particuliers.

Face à la hausse des prix du pétrole (les hydrocarbures représentent chaque année 55 milliards d’euros d’importation) et la multiplication des pics de pollution (qui rappellent la nécessité de développer la voiture électrique), l’énergie nucléaire, qui n’émet ni CO2 ni particule fine ni dioxyde d’azote, est plus que jamais indispensable.

« Les générateurs de vapeur ne présentent aucun défaut »

À la suite de l’anomalie détectée sur les calottes de la cuve du réacteur EPR de Flamanville, EDF a informé l’ASN que certains fonds primaires de générateurs de vapeur pouvaient présenter des concentrations carbone supérieures au valeur maximale attendue (0,22 %). Les premiers contrôles sur les fonds de générateurs de vapeur ont mis en évidence des teneurs en carbone plus élevées, approchant localement 0,4 %.

« Même si les teneurs en carbone sont supérieures à celles attendues, les marges prises à la conception sont suffisamment importantes pour assurer un fonctionnement en toute sûreté » a rappelé Dominique Minière. L’ancien président de la SFEN a également ajouté : « Dans le nucléaire, on prend beaucoup de marges, même si les aléas que nous rencontrons les réduisent, il en reste suffisamment pour assurer la sûreté des réacteurs ».

Pour s’assurer de la robustesse de ses générateurs de vapeur, EDF a réalisé des tests sur des pièces sacrificielles, des analyses mathématiques prédictives pour évaluer les comportements des générateurs de vapeur dans la durée (en condition accidentelle ou incidentelle), et des contrôles sur place.

« Les générateurs de vapeur ne présentent aucun défaut et sont intègres. Nous avons démontré qu’ils peuvent assurer leur rôle en toute sûreté, même en cas d’accident grave » souligne Dominique Minière.

La semaine dernière, l’Autorité de sûreté nucléaire et l’IRSN ont confirmé l’absence de risque de rupture des générateurs de vapeur.

Crédit photo : EDF / BRANDSTROM SOPHIE

 


Par Boris Le Ngoc (SFEN)

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