[Les pouvoirs méconnus du nucléaire] La technologie nucléaire au service de votre assiette
De la qualité de l’eau aux traces de pinceau cachées sous les chefs-d’œuvre, de la lutte contre les insectes à la protection des rhinocéros, le nucléaire déploie ses talents bien au-delà de la production d’électricité et de chaleur. Dans cette série estivale, la RGN vous invite à découvrir ces usages aussi méconnus que fascinants. Aujourd’hui, nous explorons ses usages pour le secteur alimentaire.
Sans le savoir, les aliments que vous dégusterez peut-être cet été ont pu bénéficier de technologies nucléaires. Le secteur alimentaire s’appuie de plus en plus sur ces techniques, notamment via l’irradiation des aliments. Objectif : garantir des aliments plus sûrs et mieux conservés.
Irradier pour assainir et conserver
L’irradiation consiste à exposer des aliments à des rayons gamma, rayons X ou des faisceaux d’électrons afin d’éliminer bactéries, moisissures et insectes, et cela sans rendre le produit radioactif. Plus de 60 pays dans le monde autorisent aujourd’hui cette technique pour une soixantaine de types d’aliments. Il s’agit souvent d’épices, d’herbes aromatiques et de condiments végétaux, mais le champ s’étend aussi à la viande, aux fruits de mers ou aux fruits et légumes selon les pays. En retardant le mûrissement et en ralentissant la décomposition, l’irradiation permet de prolonger la durée de conservation des aliments, réduisant ainsi le gaspillage. Elle assure aussi la qualité des aliments, empêche les contaminations microbiennes et réduit le risque de maladies d’origine alimentaire. En Europe, tout aliment traité doit porter une mention « traité par ionisation ».
Un impact à grande échelle
Née dans les années 1970 pour nourrir les astronautes en orbite, cette technique a ensuite été utilisée dans les hôpitaux. Aujourd’hui, l’irradiation s’est généralisée et offre une alternative aux traitements chimiques classiques, sans contamination. Elle joue un rôle important dans la sécurité alimentaire, notamment dans les pays en développement et soutient la croissance économique des filières agricoles. Dans des contextes de crises humanitaires ou de climat difficiles, elle permet de garantir une conservation prolongée des denrées alimentaires.
Traçabilité et authenticité : la lutte contre la fraude alimentaire
Mais l’irradiation n’est pas la seule technologie nucléaire utile à notre alimentation. L’analyse des isotopes stables sert à identifier et authentifier nos aliments. En effet, leur ratio varie naturellement selon le sol, l’eau et le climat. Cette technique aide à vérifier l’origine géographique d’un produit, un enjeu par exemple pour les truffes, aliment très prisé et exposé à la fraude. Elle peut également révéler si un aliment a été altéré, l’étude du carbone permettant par exemple de détecter si un miel a été coupé avec du sirop de sucre. Elle contribue aussi à vérifier l’étiquette en identifiant les composantes d’un produit. L’analyse de l’azote, par exemple, peut servir à déterminer si un aliment est issu de l’agriculture biologique. ■