Bilan RTE : les sept indicateurs d'un semestre record, décarboné et exportateur - Sfen

Bilan RTE : les sept indicateurs d’un semestre record, décarboné et exportateur

Publié le 20 juillet 2026 - Mis à jour le 21 juillet 2026

Production au plus haut, électricité décarbonée à plus de 95 %, exportations historiques, prix parmi les plus compétitifs d’Europe… Le bilan publié par RTE confirme le spectaculaire redressement du système électrique français. Retour sur sept points clés qui résument ce premier semestre 2026.

Le rendez-vous est devenu incontournable pour les acteurs de l’énergie. Avec la publication du bilan électrique du premier semestre 2026, RTE dresse un état des lieux particulièrement favorable du système électrique français. Malgré trois épisodes caniculaires, une consommation en légère hausse et un contexte géopolitique toujours tendu, la France a battu plusieurs de ses performances historiques : production d’électricité, niveau de décarbonation, exportations ou encore compétitivité des prix.

  • Une production d’électricité à un niveau inédit

La production d’électricité française bat tous les records à la fois en volume comme en niveau de décarbonation. « La production française d’électricité, toutes filières confondues, s’est établie à 284,3 TWh sur le premier semestre 2026 », souligne RTE. C’est une progression de 12,5 TWh, soit 4,6 % par rapport à son niveau sur le premier semestre 2025.

Le nucléaire, l’éolien et le solaire ont été les principaux moteurs de la croissance de la production électrique française. À lui seul, le nucléaire a gagné 7,9 TWh, devant l’éolien (+3,2 TWh) et le solaire (+2,8 TWh).

L’EPR de Flamanville explique plus de la moitié de l’augmentation de la production nucléaire (+4,5 TWh). Depuis sa pleine puissance en décembre 2025, il a été complété par une amélioration de la disponibilité du reste du parc, passée de 73,0 % au premier semestre 2025 à 73,9 % un an plus tard.

  • Le mix électrique atteint un niveau historique de décarbonation : 95,2 %

« La part de la production décarbonée a atteint un niveau historiquement élevé pour un premier semestre, à hauteur de 95,2 % », remarque RTE.  Les émissions directes associées à la production d’électricité ont atteint 4,9 MtéqCO₂ au premier semestre 2026, enregistrant une baisse de 9,1 % par rapport au premier semestre 2025, dans le prolongement d’une tendance baissière amorcée en 2023.

  • Les exportations d’électricité françaises atteignent de nouveaux sommets

La France signe un nouveau record d’exportations d’électricité au premier semestre 2026 comme l’avait déjà souligné la RGN. Avec 51 TWh d’exportations nettes, la France établit un nouveau record pour un premier semestre. Ce résultat dépasse largement les précédents records enregistrés au premier semestre 2024 (43 TWh) et 2025 (38 TWh).

Sur la période, les exportations nettes ont atteint en moyenne 11,7 GW vers ses voisins européens, « ce qui correspond à la production d’environ 12 réacteurs nucléaires », compare RTE.

Portées par un niveau historique d’exportations, les exportations nettes d’électricité ont généré une valorisation record de 3 milliards d’euros au premier semestre 2026, soit 600 millions d’euros de plus qu’un an auparavant, souligne RTE.

  • La consommation progresse légèrement

« La consommation corrigée des aléas météorologiques et des effets calendaires (voir focus ci-après) a légèrement progressé (+2,2 TWh, soit +1 %) pour atteindre 230,6 TWh au cours du premier semestre 20261 comparativement à la même période en 2025 (228,4 TWh) », explique RTE. Cette hausse est due à la fois au raccordement au réseau de transport de grande industrie (+ 1,9 %) et au secteur résidentiel (+ 1,6 %).

Cependant elle reste 5,7 % sous son niveau moyen de 2014-2019. « À ce stade il n’est pas possible de conclure à un engagement structurel de la bascule des énergies fossiles vers l’électricité. » rappelle le gestionnaire de réseaux. 

  • Le volume de modulation nucléaire a diminué

Le parc nucléaire a moins modulé au premier semestre 2026 : le volume de production évité s’est limité à 10 TWh, contre 15 à 20 TWh un an plus tôt. Dans le même temps, son minimum technique, c’est-à-dire la puissance minimale à laquelle il peut fonctionner dans des conditions normales, a augmenté de 4 GW pour atteindre en moyenne 36,6 GW. Cette évolution a réduit sa capacité théorique à baisser davantage sa puissance, même si ce minimum technique reste dans les niveaux observés au cours des dix dernières années. La production nucléaire moyenne s’est, elle, établie à 43,7 GW.

  • Des prix d’électricité français préservés des crises géopolitiques

« Les prix spot J-1 de l’électricité ont légèrement diminué au premier semestre 2026 comparé au premier semestre 2025 », révèle RTE. Malgré un contexte international tendu, le marché français de l’électricité a été relativement préservé. Grâce à une production décarbonée abondante au printemps, notamment issue du nucléaire et des renouvelables, les prix de l’électricité en France sont restés moins sensibles aux variations du gaz, sauf lors des périodes de forte demande.

La France bénéficie de prix spot parmi les plus compétitifs d’Europe.. « Le prix français moyen au cours du premier semestre atteint un écart d’une trentaine d’euros avec le prix moyen allemand (98,7 €/MWh) et belge (95 €/MWh) et plus conséquent encore avec le prix britannique (107 €/MWh soit +45,1 €/MWh), Suisse (111,3 €/MWh soit +49,40 €/MWh) et italien (128,7 €/MWh soit +66,8 €/MWh) », explique le gestionnaire.

  • Mais une augmentation des prix négatifs

Le nombre d’heures durant lesquelles les prix spot de l’électricité sont devenus négatifs a continué d’augmenter. Au premier semestre 2026, 407 heures ont été concernées, soit près d’une heure sur dix, contre 363 heures sur la même période en 2025. À titre de comparaison, l’ensemble de l’année 2025 avait enregistré 513 heures de prix négatifs.

Le gestionnaire tire un bilan très positif : « La compétitivité du mix électrique français qui découle de l’abondance de production bas carbone à faible coût variable offre une protection face aux crises qui affectent les prix des combustibles fossiles et constitue un atout considérable pour décarboner l’économie et accueillir de nouveaux usages ». ■

Par Floriane JACQ, Sfen

Image: France, ile-de-France, Paris, La Defense, RTE © PHILIPPE TURPIN / PHOTONONSTOP / PHOTONONSTOP VIA AFP